THOMAS Hervé, Pierre, Marie

Par Jacques Cousin, Jacques Omnès

Né le 11 juillet 1907 à Douarnenez (Finistère), mort le 6 mars 1988 à Evron (Mayenne) ; instituteur ; trésorier de la section départementale du SNI en 1944 et 1945.

Son père, commis et comptable. Hervé Thomas fréquenta l’École normale d’instituteurs de Laval (Mayenne) de 1923 à 1926 et en sortit avec son brevet supérieur. Il fut d’abord nommé à Ernée, puis à Vaiges, Cigné et Ambrières-le-Grand jusqu’à sa retraite. Il se maria le 4 septembre 1933 à Ambrières-le-Grand avec une institutrice, Marie Racine. Il fut mobilisé de septembre 1939 à août 1940.

Les élus, “Amis de l’École émancipée“ ayant démissionné de leurs responsabilités au bureau de la section du Syndicat national des instituteurs en octobre 1938 après avoir été mis en minorité à l’assemblée générale de juin, Hervé Thomas essaya, avec 11 autres « majoritaires » de dénouer la crise. Ils signèrent dans La Voix syndicale de novembre 1938 un appel aux syndiqués avec une proposition de nouveaux statuts destinée à recentrer les activités de la section et expliquant la nécessité de recréer un syndicat vivant, appuyé sur une commission administrative restreinte et sur la masse du personnel. Il fut élu à la commission administrative pour 1939 et devint trésorier de la section à la place de Georges Loyant.

Thomas devint conseiller départemental de l’enseignement primaire après les élections du 30 mai 1939, remplaçant ainsi Émilien Letessier démissionnaire depuis l’assemblée générale de la section du 15 décembre 1938.

Il fut mobilisé dès le début de la guerre. Thomas fit partie de la petite équipe d’instituteurs qui relança la section départementale du SNI après la Libération. Il accepta la charge de trésorier du bureau provisoire formé lors de la réunion de relance des activités de la section, le 12 octobre 1944. Il fut réélu le 8 novembre 1945 par 318 voix sur 426 suffrages exprimés et confirmé comme trésorier. Quelques jours plus tard, le 26 novembre, Hervé Thomas qui était candidat sur la liste présentée, sans concurrence, par la section départementale du SNI, fut réélu conseiller départemental de l’enseignement primaire par 190 voix sur 198 votants.

Hervé Thomas refusa de faire grève le 12 décembre 1945. Au conseil syndical du 24 janvier suivant, il expliqua son attitude : manque d’opportunité de la grève, incompréhension des parents. Il démissionna immédiatement de la commission administrative, du conseil départemental et abandonna également sa responsabilité de trésorier de la section, malgré la proposition de maintien émise par Émile Goupil et Omer Brunet. Il marqua de nouveau dès le 30 novembre, son opposition à la grève nationale de 24 heures envisagée pour le 9 décembre 1947 avec pour objet la revalorisation et le reclassement de la profession. « Une grève des instituteurs en ce moment viendrait s’ajouter aux mouvements qui agitent le pays. […] Cette agitation n’a pas que des raisons corporatives et elle est entretenue, sinon attisée par le Parti communiste », écrivait-il à Francis Robin, secrétaire général de la section, tout en ajoutant : « Je ne veux pas me rendre complice des désordres qui, vous le savez bien, sont à craindre partout, et dont notre pays, déjà amoindri, n’a pas besoin ». Dans le même courrier, il faisait part de sa volonté de démissionner de sa charge de correspondant cantonal.

En 1948, appelé comme tous les adhérents à se prononcer par référendum sur l’autonomie du SNI et de la FEN face à la scission au sein de la CGT, Hervé Thomas se prononça en faveur du départ vers la Fédération dissident, la CGT-FO.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178523, notice THOMAS Hervé, Pierre, Marie par Jacques Cousin, Jacques Omnès, version mise en ligne le 11 février 2016, dernière modification le 11 février 2016.

Par Jacques Cousin, Jacques Omnès

SOURCES : Arch. dép. Mayenne : fonds de la section départementale du SNI-PEGC, La Voix syndicale. — Etat-civil de Douarnenez (Finistère). — Archives de l’Ecole normale d’instituteurs de Laval. — Bulletin départemental de l’enseignement primaire janvier 1945. — DBMOF, 1914-1939

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