THALOT Michel, Antoine

Par Michel Thébault

Né le 29 septembre 1865 à La Celle-sous-Gouzon (Creuse), mort en camp d’internement des suites des tortures et mauvais traitements au Frontstalag 122 de Royallieu (Oise) le 22 janvier 1944 ; entrepreneur en menuiserie ; résistant ; réseau Service de sécurité militaire français-Travaux ruraux (SSMF/TR).

Fils de Louis Thalot cultivateur et d’Amélie Maufus, Michel Thalot naquit en 1865 à Manerbes, commune de la Celle-sous-Gouzon, mais résida la plus grande partie de sa vie, dans la commune voisine de Saint Loup (Creuse) où habitaient en fait ses parents. Après avoir passé le certificat d’études primaires, il apprit auprès de son père, charpentier, le métier de menuisier-charpentier qu’il exerça toute sa vie. Incorporé en décembre 1884 au 63ème régiment d’infanterie de Limoges, il fut transféré en juillet 1887 au 1° Zouave puis après une formation d’infirmier, dans la 19° section d’infirmiers militaires, et fit la campagne d’Afrique (1887–1890). Démobilisé en 1890 avec le grade de sergent, il rentra à Saint Loup et épousa le 7 mars 1891 Marie Jeanne Pinet dont il eut une fille Louise, Marie. Il reprit alors son métier de patron charpentier. Il participa au premier conflit mondial comme engagé volontaire ; parti en janvier 1915, il fut affecté dans un hôpital militaire à une section d’infirmiers jusqu’en octobre 1917. Il termina sa période d’engagement avec le grade de sergent. Il cumula ensuite, de retour à Saint Loup, la fonction de receveur buraliste avec celle d’entrepreneur en menuiserie. Il resta veuf après le décès de son épouse le 26 juillet 1931.
Il fut recruté en novembre 1942 par le réseau des services de la Sécurité militaire française – Travaux Ruraux (SSMF-TR), organe de contre-espionnage dirigé depuis Londres et Alger par le colonel Paul Paillole. Il devint agent P2 et son domicile servit de boîte aux lettres pour le réseau et de lieu de rendez-vous. Il cachait dans sa maison des postes émetteurs et hébergeait des résistants clandestins. Il accomplit également plusieurs missions d’agent de liaison. Arrêté par la Gestapo le 4 juillet 1943 lors d’une de ces missions, il fut torturé puis déporté au Frontstalag 122 de Royallieu, près de Compiègne (Oise) où il décéda le 22 janvier 1944 à 78 ans, des suites des tortures et mauvais traitements subis.
Déclaré « Mort pour la France », interné résistant, il fut élevé au grade de sous-lieutenant et reçut à titre posthume, la Médaille de la Résistance. Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume le 7 novembre 1958. Son nom est inscrit à Guéret sur le mémorial de la Résistance creusoise ainsi que sur le mémorial des Anciens des services secrets de la Défense nationale à Ramatuelle (Var). Une plaque commémorative a été apposée sur sa maison à Saint-Loup et inaugurée lors d’une cérémonie mémorielle le 11 novembre 2019.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178642, notice THALOT Michel, Antoine par Michel Thébault, version mise en ligne le 18 février 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Archives départementales de la Creuse (Etat civil, registres militaires, listes de recensement) — Archives DAVCC Caen — Mémorial national AASSDN, Ramatuelle (Var) Livre d’Or — Journal La Montagne En l’honneur du résistant Michel Thalot 16 novembre 2019 — Mémorial genweb, Guéret Mémorial de la Résistance creusoise fiche n° : bp-1101531Site Mémoire des Hommes.

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