RUHLMANN Alfred, Arthur

Par Michaël Boudard

Né le 28 février 1881 à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis) ; militant socialiste puis communiste, conseiller d’arrondissement pour le canton de Châtillon-en-Bazois (Nièvre).

Né d’une mère journalière, Marie Ruhlmann âgée de 22 ans et d’un « père non dénommé », Alfred Ruhlmann fut abandonné à l’Assistance publique de la Seine en décembre 1882, à l’âge d’un an et demi. Enfant assisté dela Seine, il fut envoyé dans la Nièvre où il devint domestique dans une ferme de la petite commune rurale de Mont-et-Marré. Après son service militaire (1902-1905), il se maria à Ougny (Nièvre) le 26 avril 1906 avec Berthe Roux, domestique, et elle aussi abandonnée par sa mère et prise en charge par l’Assistance publique de la Seine. C’est à cette même période qu’Alfred Ruhlmann entra dans l’administration des PTT comme facteur. Ses photos pour les élections le présentaient avec sa casquette de facteur. D’abord nommé à Béard, il habitait alors à Decize avant la Grande Guerre où il fut incorporé dans une unité combattante à partir de juin 1917.
De retour dans la Nièvre en juin 1919, il fut nommé facteur à Châtillon-en-Bazois. C’est dans ce chef-lieu de canton qu’il commença sa carrière politique. En décembre 1919, candidat du Parti socialiste SFIO pour le Conseil d’arrondissement de Château-Chinon, il fut élu. Lors du renouvellement de mai 1922, il fut réélu comme candidat du Parti communiste SFIC : il s’agissait de la première victoire pour ce parti dans la Nièvre. Mais, son élection ayant été invalidée, le nouveau scrutin d’octobre 1922 donna de nouveau la victoire à Alfred Ruhlmann mais cette fois-ci sans concurrent.
Pour les élections législatives de 1924 faites au scrutin de liste, Alfred Ruhlmann était l’un des cinq candidats présentés par le Parti communiste avec Louis Bailly, Sylvain Debret et Louis Petit et Ernest Girault. Des quatre listes, celle des communistes arriva en troisième position avec 14 % des suffrages exprimés.
En 1925, pour les élections au Conseil général, Alfred Ruhlmann se présenta à Châtillon-en-Bazois : il arriva en troisième position, derrière le docteur Paul Perrin, conseiller général sortant et élu au premier tour, et le docteur Duret, SFIO.
Lors des élections législatives de 1928 qui voient le retour au scrutin uninominal, Alfred Ruhlmann était candidat dans l’arrondissement de Clamecy où il n’avait aucun ancrage électoral : il arriva en dernière position des cinq candidats avec à peine 8 % des suffrages.
En 1928, lors du renouvellement de son siège de conseiller d’arrondissement, il fut distancé dès le premier tour, arrivant en troisième position derrière les candidats du Parti socialiste et de l’Union nationale. Malgré son maintien au second tour conformément aux consignes nationales, c’est le candidat socialiste qui l’emporta.
Alfred Ruhlmann fut alors installé comme facteur-receveur syndiqué dans la commune de Saint-Hilaire-Fontaine : son épouse ayant intégré l’administration des Postes, elle s’occupait de la gérance téléphonique de ce bureau.
Au début de la décennie 1930, on perd la trace du couple Ruhlmann dans la Nièvre. Lui-même n’étant plus candidat dans aucune élection, il est probable que le couple ait quitté leur département d’adoption.

Il faut noter la grande difficulté des journaux, des rapports de police et même des tracts électoraux de son propre parti pour écrire correctement le nom de Ruhlmann. Ainsi, en décembre 1919, le même tract inscrivait une orthographe erronée (Rulhmann) et, quelques lignes plus loin, la bonne. Lors des élections législatives de 1924, le tract communiste écrivait « Ruhmann ». Quatre ans plus tard, le premier tract communiste pour les élections législatives d’avril 1928 transformait son nom en « Kulmann » ; et, même sur le tract corrigé, une erreur persistait avec l’inversion du « h » et du « l » (c’était la faute la plus fréquente).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178682, notice RUHLMANN Alfred, Arthur par Michaël Boudard, version mise en ligne le 20 février 2016, dernière modification le 29 mai 2020.

Par Michaël Boudard

SOURCES : Arch. communale de Saint-Denis état civil, acte de naissance du 2 mars 1881 et, "reconnaissance Ruhlmann" 23 mars 1881. — Arch. Dép. Nièvre : état civil d’Ougny ; recensements de Mont-et-Marré, de Decize et de Saint-Hilaire-Fontaine ; série M, élections municipale, d’arrondissement et législative ; série R (classe 1901). — Journaux Le Socialiste Nivernais, Le Travailleur et Paris-Centre.

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