THOMÉ Jacques, Achille, Robert

Par Jacques Girault

Né le 2 octobre 1934 à Épernay (Marne), mort le 17 septembre 2017 à Angers (Maine-et-Loire) ; inspecteur primaire ; militant syndicaliste ; militant communiste dans la Creuse, la Dordogne, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire ; adjoint au maire d’Avrillé (Maine-et-Loire)

Sa famille, originaire des Ardennes, quitta la région lors de l’exode de 1940. Le père de Jacques Thomé, boulanger à sa naissance, devint cheminot à la gare de triage de Vaires (Seine-et-Marne) et participa à la Résistance. Après sa scolarité primaire à Vaires, élève du cours complémentaire de Chelles (Seine-et-Marne), en 1950 il réussit le concours d’entrée à l’École normale d’instituteurs de Melun (Seine-et-Marne). Devant prendre un poste d’instituteur à la rentrée 1954, malade, il obtint un congé de longue durée et séjourna au sanatorium de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale à Saint-Feyre (Creuse). Réformé définitif du service militaire, il réintégra son activité professionnelle en 1956 pour enseigner à des adultes, anciens malades à la cité sanitaire de Clairvive (Dordogne) puis de 1958 à 1961 pour enseigner le français à des adolescents en situation de relatif échec scolaire au centre Marceau à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Admis au concours de l’École normale supérieure de Saint-Cloud dans la promotion des élèves-inspecteurs primaires (1961-1962), nommé inspecteur primaire à Cateau-Cambrésis (Nord) de 1963 à 1967, muté dans le Maine-et-Loire en 1967, il termina sa carrière à Angers en 1997. Il fonda et présida sur le plan départemental de l’Association sportive de l’enseignement primaire. Il fut également membre fondateur de l’association angevine de philosophie (présidée par Lucien Guirlinger) et membre titulaire de l’Académie des sciences, belles lettres et arts d’Angers.

Jacques Thomé se maria uniquement civilement en décembre 1954 à Sainte-Feyre (Creuse) avec Jeannette Rumin (voir Jeannette Thomé), étudiante en lettres, séjournant au sanatorium de la MGEN. Le couple eut deux enfants.

Secrétaire de la section régionale du syndicat au début des années 1970, de tendance « Unité et Action », Jacques Thomé fut un des principaux opposants à la direction du Syndicat national des inspecteurs départementaux de l’Éducation nationale, adhérent à la Fédération de l’Éducation nationale. Il lança un « Manifeste pour un renouveau syndical » qui faillit mettre emporter la direction nationale du syndicat.

Membre du Parti communiste français depuis 1954, Jacques Thomé milita à Saint-Nazaire. Co-secrétaire d’une cellule, il participa aux actions contre la guerre d’Algérie tout en collaborant au journal Ouest-Matin. Dans le Maine-et-Loire, il entra au comité et au bureau de la fédération communiste en 1972, responsable de la commission des intellectuels et de l’enseignement. Lors des élections municipales d’Avrillé en 1977, il était chef de file des candidats communistes sur la liste d’union de la gauche à direction socialiste qui fut élue. Adjoint au maire, il fut un des représentants de la commune au conseil de district, siégeant notamment en commission des constructions scolaires. La municipalité sortante connut la défaite aux élections municipales de 1983.

Jacques Thomé, en désaccord avec le PCF sur des questions « touchant au fonctionnement du parti, à sa pratique parfois religieuse, sur un mode messianique », quitta le PCF après l’approbation par Georges Marchais de l’intervention soviétique en Afghanistan « sans consultation de la base ». Il rejoignit le mouvement des communistes démocrates et unitaires et fut candidat aux élections européennes en 1984 sur la liste conduite par Henri Fiszbin.
Jacques Thomé se consacrait aussi à l’écriture. Après avoir publié un ouvrage sur l’histoire de sa commune, Douceur angevine : naître, vivre et mourir à Avrillé 1532-1980 (Maulévrier, imprimerie Hérault, 1986), il signa avec une équipe d’enseignants de Trélazé, une étude éditée par la municipalité de gauche de Trélazé, sous le titre Trélazé : cité des faiseurs d’ardoise, 1906-1918 (Trélazé, 1988). Les Mémoires de l’académie d’Angers comprenaient plusieurs de ses contributions. Il était aussi co-auteur d’une histoire de la Ligue des droits de l’homme et de Trélazé à cœur ouvert (Trélazé, 2003) où il rédigea le chapitre concernant l’enseignement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178771, notice THOMÉ Jacques, Achille, Robert par Jacques Girault, version mise en ligne le 27 février 2016, dernière modification le 12 décembre 2017.

Par Jacques Girault

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend quatre références dont Le fantassin de Kerbruc : lettres d’un paysan breton mort au combat en 1915 (Vauchrétien, Davy, 1991). — Le ferblantier de Beausse : lettres de guerre et d’amour de Maurice Poissonneau (Vauchrétien, Davy, 1998).

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé.

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