MATTHYS Marcel, Jules

Par André Balent

Né le 18 août 1927 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise ; Yvelines), exécuté sommairement le 17 août 1944 à Sainte-Radegonde (Aveyron) ; résistant du Lot puis de l’Aveyron (AS, Armée secrète).

Marcel Matthys, dernière photographie avant sa mort à Sainte-Radegonde
Marcel Matthys, dernière photographie avant sa mort à Sainte-Radegonde
Maison de la Résistance, Aubin (Aveyron)

Marcel Matthys était le fils de Roger et d’Anne-Marie Grimal. Dès leur enfance ; Marcel Matthys et son frère Jacques séjournaient souvent à Livinhac-le-Haut (Aveyron) chez la famille Boutal, au lieu-dit La Planque. Marcel fut baptisé (catholique) à Livinhac. Les deux frères, avant 1940, ont fréquenté l’école primaire de cette commune. En 1940, les frères Matthys s’installèrent définitivement à Livinhac.

Malgré son âge, Marcel Matthys intégra les rangs de la Résistance armée contre les forces d’occupation et de Vichy.
Il faisait partie des « commandos Hubert », une formation active d’abord près de Montredon (Lot), à proximité du Cantal et de l’Aveyron. L’a-t il fait dans le Lot ? Ou dans l’Aveyron ? Livinhac-le-Haut, commune située très près du bassin houiller de Decazeville, n’est pas très éloignée du Lot.

De fait, les commandos Hubert intégrèrent dans leurs rangs des maquisards originaires du bassin houiller de Decazeville (Aveyron). En mai 1944, ils étaient passé sous le contrôle des groupes Veny (AS) du Lot. Des différents avec la direction FTPF des maquis lotois incita leur second chef, Marcel Élie, à installer, vers le 15 juin 1944, les commandos Hubert — environ trois cents hommes bien armés et équipés — dans l’Aveyron à proximité de Decazeville.

Le 23 juin 1944, un groupe de jeunes maquisards des commandos Hubert — dont Marcel Matthys — fut encerclé au lieu-dit Lavayssière (commune de Figeac, Lot) par des troupes allemandes après avoir saboté les aiguillages de la bifurcation de Capdenac-Gare (Aveyron) entre les lignes de chemin de fer se dirigeant vers Cahors (Lot) et Brive (Corrèze). Ils furent surpris par un détachement allemand qui sortit du tunnel de Capdenac. Vingt-et-un maquisards furent tués à Lavayssière et onze furent faits prisonniers dont sept furent fusillés le soir même près du crassier de Capdenac-Gare (Aveyron) et quatre faits prisonniers, dont Marcel Matthys.

Emprisonné à la caserne Burloup de Rodez (Aveyron), geôle de la Sipo-SD, Marcel Matthys et vingt-neuf autres détenus en furent extraits le 17 août 1944 et conduits à Sainte-Radegonde au champ de tir où ils furent exécutés sommairement à la mitrailleuse par un peloton de SS de la Luftwaffe. Il fut déclaré "mort pour la France"(ordonnance du 2 novembre 1945). Il est le plus jeune des fusillés de Sainte-Radegonde.

Son nom figure sur le monument mémorial de Sainte-Radegonde (écrit de façon erronée : "Mathys") et sur le monument aux morts de Saint-Germain-en-Laye (transcrit "Mathys M."). Depuis 2011, il figure aussi sur le monument aux morts de Livinhac-le-Haut. Le conseil municipal de cette commune rouergate adopta une délibération, le 29 septembre 2010, ordonnant son inscription sur ce monument. Le 11 novembre 2010, cette inscription tardive donna lieu à une cérémonie, en présence du conseil municipal et de Jacques Matthys, frère de Marcel.

Voir Lieu d’exécution de Sainte-Radegonde (Aveyron) champ de tir

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178828, notice MATTHYS Marcel, Jules par André Balent, version mise en ligne le 29 février 2016, dernière modification le 25 février 2021.

Par André Balent

Marcel Matthys, dernière photographie avant sa mort à Sainte-Radegonde
Marcel Matthys, dernière photographie avant sa mort à Sainte-Radegonde
Maison de la Résistance, Aubin (Aveyron)
Monument commémoratif du combat de Lavayssiière (Figeac, Lot) opposant les commandos Hubert (AS) aux Allemands (23 juin 1944)
Monument commémoratif du combat de Lavayssiière (Figeac, Lot) opposant les commandos Hubert (AS) aux Allemands (23 juin 1944)
Cliché Maison de la Résistance, Aubin (Aveyron)

SOURCES : Arch. com. Rodez, acte de décès et mention marginale. — Christian Font & Christian Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, Rodez & Toulouse, CDDP Rodez, CDIHP Midi-Pyrénées, 1997, 343 p. [p . 229]. — Christian Font & Christian Moizet, Maquis et combats en Aveyron. Chronologie 1936-1944, Rodez & Toulouse, ONAC Aveyron, ANACR Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 2e édition, 2001,411 p. [p. 276].— La Dépêche (Aveyron), 29 septembre 2010 (rubrique "Livinhac-le-Haut"). — Article de Marc Porte in Com’une Info, bulletin municipal de Livinhac-le-Haut, 11, janvier 2011 (imprimé et en ligne, PDF). — Site Résistance Aveyron consulté le 26 février 2016. — Site MemorialGenWeb consulté le 29 février 2016. — Site archives.quercy.net/historique/resistance/figeac.html consulté le 29 février 2016. — Informations communiquées par Marie-Josée Augey, de la Maison de la Résistance d’Aubin et par Joëlle Riom, présidente du comité du Mémorial de la Résistance de Sainte-Radegonde à Barbara Bonazzi, 23 mars 2016.

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