MAURON François [alias "BOISSONNADE"]

Par André Balent

Né le 11 octobre 1923 à Montpellier (Hérault), mort des suites de blessures le 8 mai 1944 à Béziers (Hérault) ; ajusteur ; résistant (AS)

C’était le fils de Marie, Jeanne, Léontine Bontant, couturière, née à Montpellier (Hérault), le 7 avril 1898. D’après son acte de décès, son père s’appelait Henri Boissonnade. Le nom de Mauron a été ajouté avec les prénoms de « Hyacinthe, Alexandre ». L’acte de naissance, visiblement corrigé indique bien que François Mauron était le fils de Hyacinthe, Léopold, Alexandre Mauron, serrurier, né 16 mai 1894 à Montpellier.

François Mauron exerçait la profession d’ajusteur. Il habitait 113 faubourg Boutonnet à Montpellier, sa maison natale.

Il s’engagea dans l’armée d’armistice en octobre 1942 à Sète (Hérault), batterie de DCA 42) de Balaruc. Par la suite, il intégra les chantiers de jeunesse en Savoie et en fut libéré "pour raisons de santé" en octobre 1943.

François Mauron intégra les rangs de la Résistance (AS) dans le département voisin de l’Aveyron. Au début de 1944, il appartenait au groupe franc du Sud Aveyron dirigé par Albert Thévenon. Placé sous l’autorité des chefs départementaux de l’AS, à commencer par Léon Freychet, directeur des caves de Roquefort, ce groupe franc était destiné à des opérations armées spectaculaires. Aussi, l’AS aveyronnaise faisait-elle preuve de sollicitude à son égard. Après avoir exécuté des collaborationnistes et saboté des lignes à haute tension, ce groupe franc, menacé par la répression allemande, forma, à partir du 1er avril 1944, un maquis au Bouscalous dans la commune Mounes-Prohencoux (Aveyron), ravitaillé par Freychet et ses amis de l’AS. Pour sa part, Mauron revint quelques jours en permission à Montpellier en février 1944 avant de regagner l’Aveyron.

Victime d’une dénonciation, le maquis du Bouscalous (groupant alors sept hommes, le neuvième, Max Gagnoud, s’étant absenté ce jour-là par ailleurs, Delaire, malade n’était pas lui aussi au Bouscalous) fut attaqué à l’improviste, le 6 mai 1944, par une formation de 70 (3 officiers et 67 gardes) GMR (du groupe Bitterois) Thévenon réussit à s’échapper du piège mortel tendu par les forces de Vichy. Les autres, faits prisonniers, furent amenés par les GMR à Béziers.
François Mauron avait été blessé par balles aux bras et aux jambes pendant l’affrontement. Il fut descendu à Prohencoux où une fermière lui donna du café puis transporté par les GMR à Béziers. Hospitalisé à Béziers, il y mourut faute de soins. Dans Le Petit Méridional du 10 mai 1944, fut évoqué le "bandit" capturé par les GMR à Prohencoux.

Son nom figure sur le monument aux morts de Montpellier. Par décision du 2 novembre 1945, il a été déclaré « mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178879, notice MAURON François [alias "BOISSONNADE"] par André Balent, version mise en ligne le 1er mars 2016, dernière modification le 25 février 2021.

Par André Balent

SOURCES : Arch. com. de Béziers, acte de décès et mention marginale. — Arch. com. Montpellier, acte de naissance de François Mauron et mention marginale. — Arch. ANACR Aveyron, carnets 1943-1944, carnets d’Albert Thévenon. — Gérard Bouladou, Les maquis du Massif Central méridional 1943-1944 (Ardèche, Aude, Aveyron, Gard, Hérault, Lozère, Tarn, Nîmes, Lacour, 2006, 617 p. [pp. 452-454]. — Christian Font & Henri Moizet, Construire l’histoire de la Résistance. Aveyron 1944, Rodez et Toulouse, CDDP Rodez, CDIHP Rodez, CDDP Midi-Pyrénées, 1997, 343 p. [p. 115-119]. — Christian Font & Henri Moizet, Maquis et combats en Aveyron. Chronologie 1936-1944, Rodez et Toulouse, ONAC Aveyron, ANACR Aveyron, CRDP Midi-Pyrénées, 2001, 410 p. [p. 241]. — Site MemorialGenWeb consulté le 1er mars 2016. — Courriel d’Hervé Mollard, neveu d’Albert Thévenon, 24 avril 2016. — Note d’Henri Moizet, d’après un dossier des Arch. dép. de l’Hérault communiqué par Jean-Claude Richard.

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