CAZABAT Jean, Eugène

Par Daniel Grason

Né le 18 août 1907 à Paris (VIIIe arr.), mort le 21 août 1944 à Paris (IVe arr.) ; serrurier électricien, gardien de la paix, détaché permanent comme inspecteur.

Fils de Louis Jean Cazabat, valet de chambre, et de Julienne, née Neveu, cuisinière, Jean Cazabat fut envoyé alors qu’il était enfant par ses parents en Bretagne. Il alla à l’école primaire, obtint le CEP, passa l’examen pour obtenir une bourse afin de poursuivre des études, mais il échoua. De retour à Paris, il habita chez ses parents 57 bis rue de Tocqueville à Paris (XVIIe arr.), travailla deux ans durant dans un magasin d’étoffes. À seize ans il entra en apprentissage chez Pierre 9 rue Laborde à Paris (VIIIe arr.), il y acquit une formation de serrurier-électricien. Pendant ses heures de loisirs il pratiqua la gymnastique.
Mobilisé le 10 novembre 1927 au 2ème Régiment de Tirailleurs Marocains à Marrakech, il était démobilisé le 1er mai 1929 avec le grade de sergent par le 24e Régiment d’Infanterie à Satory (Seine-et-Oise, Yvelines). Il épousa le 21 mars 1931 Madeleine, Juliette Simon en mairie de Cachan (Seine, Val-de-Marne), le couple vivait 13 rue du Docteur A-Henouille. À la suite de difficultés familiales, il partit travailler à Concarneau (Finistère) aux Glacières Concarnoises. Il avait la responsabilité de veiller à la bonne marche des machines qui fabriquaient de la glace pour les chalutiers.
Il écrivit le 15 juin 1933 au Préfet de police de Paris pour entrer comme gardien de la paix. Une réponse positive lui parvint en mars 1938, il en fit part à son patron. Celui-ci demanda au Préfet de police avec l’accord de Jean Cazabat de sursoir à son embauche, le temps qu’un successeur soit formé.
Il débuta le 2 mai 1938 au commissariat de Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne), puis en novembre 1942 au commissariat d’Ivry-sur-Seine. Il était apprécié ainsi par le commissaire : « Très bon élément, effectuant le travail qui lui est confié à ma satisfaction, détaché permanent, remplit les fonctions d’inspecteur (PJ et RG) », il le nota en cette fin 1942, 16 sur 20. Il vivait avec sa famille au 52 rue de la Belle-Image à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne), remarié à Marie-Louise Rivier le 28 avril 1937 à Beuzec-Conq (Finistère), il était père de trois enfants : Juliette (1932), Jeanne (1938) et Anne (1941).
Le commissaire dirigeait très activement la chasse aux menées antinationales dirigée essentiellement contre les militants communistes qui étaient très actifs. Du 4 décembre 1942 au 1er février 1943, Jean Cazabat était remercié et gratifié pour : « zèle et initiative » pour l’arrestation d’un distributeur de tracts, de militants communistes et l’interpellation de distributeurs de tracts subversifs et pour l’arrestation de plusieurs trafiquants de faux titres de rationnement.
En août 1944, les dirigeants du comité d’épuration de la police donnèrent l’ordre d’arrêter les gradés et gardiens de la paix qui collaborèrent de « manière active ou passive ». Jean Cazabat fut appréhendé dans les locaux du commissariat de police de Charenton-le-Pont le 20 août 1944, il lui était reproché d’avoir appréhendé six réfractaires au Service du travail obligatoire (STO).
Le lendemain quatorze policiers dont Jean Cazabat étaient emmenés dans un camion à destination du dépôt de la préfecture de police, des membres des corps francs assuraient la sécurité du transport. Arrivé à la hauteur du carrefour des avenues Daumesnil et Ledru-Rollin (XIIe arr.), quatre soldats de la Reischban postés intimèrent l’ordre au chauffeur de s’arrêter. Injonction lui fut donné par les responsables du convoi d’accélérer… les soldats allemands firent feu… quelques mètres plus loin des soldats de la Wehrmacht armés de mitraillettes tirèrent. Jean Cazabat et un autre homme furent blessés, le premier touché au bassin perdait abondamment son sang. Au poste de secours de la rue Saint-Antoine au lycée Charlemagne, il fut pansé, sa mort fut constatée à l’hôpital de l’Hôtel Dieu (IVe arr.).
Son inhumation eut lieu le 28 août 1944 au cimetière de Thiais (Seine, Val-de-Marne). À titre posthume, Jean Cazabat fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO des 2 et 3 janvier 1945), le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France ». Il fut homologué comme résistant FFI de Charenton-le-Pont.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179039, notice CAZABAT Jean, Eugène par Daniel Grason , version mise en ligne le 4 avril 2016, dernière modification le 6 novembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 7. — SHD, Caen AC 21 P 40181. — Bureau Résistance : GR 16 P 113615. — État civil.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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