DAGUIN Édouard, Henri

Par Daniel Grason

Né le 8 décembre 1915 à Paris (XIXe arr.), tué par les allemands le 19 août 1944 à Paris (VIIe arr.) ; manœuvre, employé de commerce, magasinier, gardien de la paix ; membre de Libération-Nord et de Police et Patrie ; FFI.

Fils d’Henri Daguin et de Fernande, Juliette Mousset, plumassiers, Édouard Daguin vécut 1 bis rue des Bois dans le XIXe arrondissement. Il obtint à l’issue de l’école primaire le CEP. Sa mère veuve, se remaria, il habita avec eux 6 rue Navoiseau à Montreuil-sous-Bois (Seine, Seine-Saint-Denis). De janvier 1933 à octobre 1935, il travailla comme manœuvre à la manufacture de briquets Gaubert 27 bis, rue du Sergent Godefroy à Montreuil-sous-Bois.
Il fut mobilisé le 2 septembre 1936 au 34e Régiment d’infanterie, libéré le 18 septembre 1938 avec le grade de caporal. Mobilisé de nouveau le 23 mars 1939, il fut fait prisonnier, détenu en Allemagne. Selon les sources, il s’évada ou était libéré au titre de la relève. Il fut officiellement démobilisé le 20 novembre 1943. Il travailla comme magasinier du 3 décembre 1943 au 14 mars 1944 pour la société de travaux publics Desplats et Lefèvre à Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).
Le 24 janvier 1944 Édouard Daguin postula un poste de gardien de la paix à la préfecture de police, il commença le 16 mars 1944 à la compagnie école qui était à l’hôpital Beaujon à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine). Membre de Libération-Nord d’obédience socialiste depuis février 1943, il adhéra à sa branche Police et Patrie, diffusa les tracts de l’organisation.
Il demeurait en hôtel meublé au 31 rue du Roi de Sicile à Paris (IVe arr.), le 19 août 1944 vers midi, il quitta l’hôtel habillé en civil. Du haut de son mètre quatre-vingt, il s’adressa à l’hôtelière Marie Jollet, prononça quelques mots indiqua qu’il allait « faire du bon travail ». Il était vêtu déclara-t-elle d’une « chemisette fantaisie à rayures rouge et gris, pantalon large bleu marine à rayures et paletot marron à larges rayures blanc et rouge, souliers noirs ».
Il portait sur lui son arme de service. Vers 16 heures, il était vu vivant pour la dernière fois avec ses collègues de l’École Pratique place Saint-Michel à Paris (Ve), il disparut.
Le Directeur de la police municipale écrivait dans une note du 14 octobre 1944 : « toutes les recherches effectuées pour le retrouver sont restées vaines ». Son corps fut retrouvé le 20 février 1945, enterré dans les jardins du ministère des Affaires étrangères. L’état du corps ne laissait guère de doute sur le fait qu’il avait été tabassé voire torturé. Charles Daguin, frère du défunt, brigadier, secrétaire au commissariat du Xe arrondissement reconnut le corps.
Le mercredi 28 février 1945 un piquet d’honneur de la police municipale monta la garde à l’Institut Médico-Légal (I.M.L.). Une messe fut célébrée en l’Église Saint-Antoine des Quinze-Vingts, puis l’inhumation se déroula au cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois. Une délégation officielle de la police accompagna la famille dans l’épreuve.
Déclaré « Victime du devoir », Édouard Daguin fut décoré de la Légion d’honneur à titre posthume et cité à l’Ordre de la Nation (JO du 15 novembre 1947), le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I.
Le nom d’Édouard Daguin figure sur la liste des policiers au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), sur le monument aux morts du cimetière de Sainte-Geneviève des Bois et sur la plaque commémorative des Morts pour la France des différentes guerres en mairie du VIIe arrondissement de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179042, notice DAGUIN Édouard, Henri par Daniel Grason, version mise en ligne le 12 avril 2016, dernière modification le 6 novembre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, KC 9, JA 246. – SHD, Caen AC 21 P 111480. – Bureau Résistance : GR 16 P 154409. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.
PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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