ALBOUY Kléber, Ernest

Par Gérard Larue

Né le 16 juillet 1896 à Stains (Seine, Seine-Saint-Denis), mort le 30 janvier 1945 à Melk kommando de Mauthausen (Autriche) ; magasinier ; militant communiste ; résistant ; déporté politique.

Fils de Ernest Jean Baptiste ouvrier en toile cirée et de Texier Léa Alphonsine blanchisseuse, Kléber Albouy épousa Célina Marie Joseph, née Soetens le 3 novembre 1897 à Labeuvrières (Pas-de-Calais). Le couple habitait 32 rue de la République à Stains. Il n’eut pas d’enfant. Kléber Albouy combattit lors de la Première Guerre mondiale.
Avant l’occupation il était un des responsables de l’Association des Amis de l’URSS, membre du comité de section du parti communiste de Stains. Les Renseignements Généraux le signalaient alors comme « communiste notoire et propagandiste figurant sur la liste des indésirables de Stains ».
Du 26 août 1936 au 24 août 1941, magasinier dans l’entreprise Binoche 152 route de Gonesse à Stains (actuelle avenue de Stalingrad), il milita activement au sein du syndicat des métaux de la CGT.
Contacté par Marcel Aubard en juin 1940 il fit partie des premiers camarades qui œuvrèrent à l’organisation du Parti communiste clandestin à Stains, avec, selon le témoignage de son épouse, ses camarades : « Marcel Pointet, Pierre Pierron, Manuel Bridon, Gosset, André Guilloux, Robert Tissier, Panello, Marcel Geneix, Robert Vignes, Marceau Rethel, Lucien Erbs et Lucien Pollet ».
Le 24 août 1941 il fut arrêté à son domicile par la police française du commissariat de Saint-Denis qui trouva des tracts « communistes et anglais ». Sur le document rempli et signé le 27 janvier 1948 par sa veuve Célina Albouy elle écrivit : « À sept heures du matin après une perquisition au domicile par quatre inspecteurs en civil et un agent conducteur de voiture, en état d’arrestation, [il resta] deux jours au Commissariat Nord de Saint- Denis ». Ce document contresigné par la Fédération de la Seine du Parti communiste fut adressé à la commission d’homologation de la Résistance intérieure Française (R.I.F.).
Kléber Albouy fut inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 et envoyé aux prisons de la Santé puis de Fresnes. Condamné le 1er septembre 1941 par la Cour Spéciale de Justice de Paris à trois ans de prison et 100 francs d’amende pour détention et diffusion de tracts communistes, il fut transféré à la Maison Centrale de Clairvaux le 12 septembre 1941, puis à Blois et Compiègne, avant d’être déporté par les autorités d’occupation le 21 mars 1944 en Allemagne puis au camp de concentration de Mauthausen et Melk (Autriche).
Son convoi comprenait 1218 hommes, 541 échappèrent à la mort. Kléber Albouy, matricule 59483, mourut à Melk kommando de Mauthausen le 30 janvier 1945 des suites du typhus. Les détenus de ce kommando travaillaient à la construction d’une usine souterraine de roulements à billes pour la firme Steyr, Daimler et Puch. L’usine ne produira jamais un seul roulement à billes.
Le 3 août 1948, Kléber Albouy fut homologué au titre de la Résistance intérieure française (R.I.F.) au grade d’adjudant (JO du 20 juillet 1949). Son acte de décès transcrit en Mairie de Stains, porte la mention « Mort pour la France », le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort en Déportation » (JO du 24 mars 1987).
Une rue de Stains évoque son nom (ancienne rue « de la Petite Fontaine »). Une plaque à la mémoire de Kléber Albouy a été apposée rue de l’Égalité sur la maison faisant angle avec la rue de la République. Son nom figure également sur une autre plaque, dans la cour de l’usine Binoche (actuelle avenue de Stalingrad).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179099, notice ALBOUY Kléber, Ernest par Gérard Larue, version mise en ligne le 8 mars 2016, dernière modification le 20 avril 2017.

Par Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. 1W 637, 77 W 02, BA 2057, CB 91.53 (commissariat de Saint-Denis 1941 N° 3699). – Dossier militaire Vincennes N° 16 P 6579 – Louis Bordes Souvenons-nous, Mairie de Stains, 1981. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – Nos remerciements à Madame Mireille Péridier nièce de Kléber Albouy pour les compléments familiaux aimablement communiqués. — État civil.

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