STIERS Edouard, Hubert. Pseudonyme : Elie Sylvain.

Par José Gotovitch

Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles Capitale), 1er novembre 1905 − Neuengamme (Hambourg, Allemagne), 9 février 1942. Journaliste, cofondateur des Jeunesses communistes, militant du Parti communiste de Belgique (PCB), responsable des liaisons avec le Congo, époux de Nadia Reznic.

Communiqué par Geneviève Chevallier

Fils de Charles Stiers (1874-1950), bijoutier, et de Jeanne-Philomène Lemaire, (1881-1955), Edouard Stiers participe, sous le pseudonyme d’Elie Sylvain, à la création des Jeunesses communistes (JC) en 1921 et siège en permanence à son exécutif (Secrétariat, Comité ou Bureau exécutif), se situant en permanence aux côtés d’Henri De Boeck et Marc Willems*.

Edouard Stiers est responsable du journal des JC en 1923 et rapporteur au Congrès du PCB de 1925. Il est également actif aux Congrès de 1925, 1927 et 1929. En 1927, il supplée Willems au Bureau politique comme représentant des JC. Lors de la crise trotskyste en 1928, après avoir voté avec l’opposition au comité central de novembre 1927, il se range aux cotés de De Boeck, son ami. Réformé, il est signalé comme employé sans autre précision connue, mais collaborera systématiquement à l’appareil des JC et du parti et notamment sa presse. La santé d’Edouard Stiers est fragile. Le 5 octobre 1929, il épouse à la mairie communiste de Halluin (département du Nord, France) Nadia Reznic, militante d’origine roumaine sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Mariage blanc vraisemblablement qui se transformera en 1939 quand le couple donnera naissance à une fille, Jeanne, le 26 octobre.

Edouard Stiers devient permanent du Parti communiste belge (PCB), affecté à un « travail spécial » : en fait, il traite les questions coloniales, préparant notamment les interpellations de Joseph Jacquemotte, puis de Pierre Bosson au Parlement. Il a en main les quelques fils que le PCB tente de nouer avec la colonie. . En 1932, il rédige notamment une très longue analyse du colonialisme belge (Un empire noir : la Belgique) qu’on ne connait que par la traduction qu’en a faite en anglais Samuel Beckett pour l’ouvrage de Nancy Cunard Negro : An Anthology, édité en 1934. Au lendemain du décès de Joseph Jacquemotte, dont il était proche, il rédige la première biographie qui lui est consacrée : J. Jacquemotte. Sa vie, Son œuvre, préface de Marcel Cachin, Éd. Germinal, Bruxelles, s.d. [1937].

En 1937 ou 1938, Edouard Stiers échoue dans une tentative de gagner le Congo au départ de l’Algérie où réside un cousin auquel il rend visite. Il effectue une randonnée de dix-huit jours dans le désert et est sauvé in extremis. Aux élections communales de 1938, il est second sur la liste du PCB à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles). Le couple Reznic-Stiers s’installe ensuite au n° 57, rue Wéry à Ixelles (Bruxelles).

Arrêté le 10 mai 1940 par les Autorités belges, Edouard Stiers est interné le 5 juin 1940 au camp du Vernet en Ariège (département de Midi-Pyrénées, France), au terme d’un voyage effroyable en wagon clos, maltraité par les gardes belges puis français.Il a laissé une relation détaillée de cet exode carcéral. Sa femme, Nadia Reznic, qui subit le même parcours, est internée à Saint-Cyprien (département des Pyrénées-Orientales, France). Il revient en Belgique en août, libéré le 27 juillet avec les autres communistes et les nationalistes flamands sur intervention du député VNV (Vlaams nationaal verbond - ligue nationale flamande), Hendrik Borginon. Stiers reprend l’activité politique et collabore notamment au Drapeau rouge clandestin. Mais il est dénoncé et arrêté en même temps que sa femme Nadia à une réunion d’une cellule à Ixelles le 31 juillet 1941. Mais les sources divergent quant à la date exacte de son arrestation car la date du 2 août 1941 est également mentionnée.

Emprisonné au fort de Breendonk (commune de Willebroek, pr. Anvers-Antwerpen ; arr. Malines-Mechelen), Edouard Stiers est déporté avec le premier convoi belge vers Neuengamme en Allemagne le 22 septembre 1941. Il y meurt de la fièvre typhoïde le 9 février 1942. Il a été reconnu prisonnier politique et résistant par la presse clandestine du 1er février 1941 à son arrestation. Ses cendres ramenées d’Allemagne sont enterrées à la pelouse d’honneur du cimetière d’Ixelles, le 26 octobre 1947.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179273, notice STIERS Edouard, Hubert. Pseudonyme : Elie Sylvain. par José Gotovitch, version mise en ligne le 15 mars 2016, dernière modification le 29 novembre 2022.

Par José Gotovitch

Communiqué par Geneviève Chevallier

SOURCES : RGASPI, 495.193. 131 − SPF Sécurité sociale, Direction générale Victimes de la Guerre, Dossier Prisonnier Politique (http//warvictims.fgov.be) − Renseignements fournis par Vlad Lutic, petit-fils d’Edouard Stiers et de Nadia Reznic − Relation de la déportation en France (tapuscrit, 57 p., transmis par Vlad Lutic, disponible au CArCoB).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable