RAPHANEL René

Par Daniel Grason

Né le 4 septembre 1911 à Paris (XIXe arr.), tué au combat le 19 août 1944 à Paris (Xe arr.) ; dessinateur ; gardien de la paix ; membre d’honneur de la police ; F.F.I.

René Raphanel
René Raphanel

Fils d’Antoine, facteur des postes et de Rosalie, née Peyrese, concierge, René Raphanel alla à la rentrée 1919 à l’école primaire rue Pierre-Girard (XIXe arr.), il obtint le CEP et le certificat d’études complémentaires. Après trois années de cours du soir de dessin industriel, il passa avec succès l’examen du CAP de dessinateur. Il habitait avec ses parents dans l’immeuble où sa mère était concierge au 74 avenue Jean-Jaurès à Paris (XIXe arr.).
Il exerça sa profession de dessinateur dans différentes entreprises, à la Société anonyme des Ateliers Gibert 168 boulevard de Charonne (XXe arr.), du 1er octobre 1928 au 14 février 1921 et aux Établissements Daydé 28-30 rue de Chazelles (XVIIe arr.), du 16 février 1931 au 14 octobre 1932. Appelé au centre aéronautique d’Orly (Seine, Val-de-Marne) le 15 octobre 1932, le 21 il partait à Toulon (Var) dans la Marine nationale. De retour à Orly le 25 novembre, il y resta jusqu’à sa libération le 30 septembre 1933.
De retour à la vie civile, il souhaitait reprendre son poste chez Daydé, par manque de travail ce ne fut pas possible. Il entra en qualité de dessinateur publiciste à la Société Industrielle et de Spécialités Alimentaires 7 rue Euryale- Dehaynin (XIXe arr.) près de chez lui, du 16 octobre 1933 au 28 février 1934. Licencié par suite de suppression de postes, il resta sans travail jusqu’au 20 avril 1934. Pendant cette période de chômage il adressa une première demande à la préfecture de police.
Il trouva un emploi de dessinateur dans une entreprise de travaux publics, la Société d’Entreprise de Canalisations 145 avenue de Saint-Ouen (XVIIe arr.), où il travailla du 21 avril au 30 juin 1934 et du 16 juillet 1934 au 30 avril 1937. Compression de personnel, René Raphanel se retrouva au chômage. Il écrivit une seconde fois à la préfecture de police, sollicita un emploi de gardien de la paix. Il travailla en qualité de monteur-mécanicien du 26 août au 26 novembre 1937 aux Établissements Smyth Horne au 3 rue de Furstemberg à Paris (VIe arr.).
La préfecture de police ayant répondu positivement à sa demande, il quitta la mécanique. Il commença le 27 novembre. Dans sa biographie datée du 6 décembre 1937, il expliqua son choix : « Fatigué de ne pouvoir trouver une situation stable, les maisons réduisant leur personnel les unes après les autres, comme si un sort s’attachait à mes pas, je me décidais pour entrer dans une administration, et c’est pour cela que je m’adressais à la Préfecture de Police, espérant m’y créer un avenir répondant à mes désirs ». Sérieux, ponctuel, René Raphanel fut bien noté par la hiérarchie, affecté au commissariat du Xe arrondissement, il était apprécié comme « un très bon gardien. Actif, énergique, apte au commandement ». La perspective d’être nommé brigadier était sérieuse.
Le 19 août 1944 il combattait avec les F.F.I. pour empêcher les soldats allemands de prendre la mairie du Xe arrondissement située 72 rue du Faubourg Saint-Martin. René Raphanel posté au premier étage de la mairie fut mortellement touché, son corps a été transporté au poste de la Croix-Rouge au 41 rue Albouy. Ses obsèques eurent lieu le 23 août 1944 au cimetière parisien de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis). René Raphanel s’était marié le 14 janvier 1939 à Paris (XIe arr.) avec Renée (Renata) Valzania, née à Gênes (Italie), le couple eut un enfant prénommé Alain, né en novembre 1940.
Déclaré « Victime du devoir », René Raphanel a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945), et nommé brigadier à la date du 19 août 1944. Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179321, notice RAPHANEL René par Daniel Grason, version mise en ligne le 18 avril 2016, dernière modification le 5 novembre 2018.

Par Daniel Grason

René Raphanel
René Raphanel

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, BA 1819, KC 31, CB 39.97 main courante du commissariat de la porte Saint-Martin à Paris (Xe arr.). – SHD, Caen AC 21 P 141345. – Bureau Résistance : GR 16 P 499836. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo.

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