BRICHOT Adonis

Par Yves Le Maner

Né le 19 février 1907 à Maubeuge (Nord), mort le 4 juillet 1980 à Maubeuge (Nord). Ajusteur-mécanicien ; militant communiste et syndicaliste de la région de Maubeuge ; député communiste de la première assemblée nationale constituante (1945-1946).

Après l’obtention de son certificat d’études primaires, Adonis Brichot suivit les cours du soir pendant plusieurs années afin de devenir ajusteur-mécanicien. En 1925, il adhéra à la CGTU et aux Jeunesses communistes de Maubeuge et environs. Domicilié à Feignies (Nord), il seconda Émile Colmant à la tête de la cellule des adultes assurant la liaison avec les deux cellules de travailleurs étrangers que comptait la commune ; il s’occupait notamment de la distribution des journaux clandestins : la « Bannière Rouge » pour les Italiens, et la « Tribune des Travailleurs » pour les Polonais. En 1926, il connaît un premier licenciement, de l’usine Sambre et Meuse de Feignies où il avait tenté d’implanter une section syndicale unitaire. Brichot s’était heurté à l’opposition patronale mais également à l’indifférence des ouvriers qui n’accordaient pas grand crédit à un si jeune militant. Dans un contexte d’instabilité professionnelle personnelle (il subit plusieurs renvois), Brichot devint secrétaire de la section syndicale CGTU des Métaux de Feignies et siégea à la commission administrative du syndicat régional unitaire des Métaux de Maubeuge de 1929 à 1935. Il assura également les fonctions de secrétaire de la section de Feignies de 1931 à 1935, date à laquelle il quitta cette localité pour s’établir à Sars-le-Bois. Immédiatement licencié dès les prémices de la vague de chômage du début des années 1930, il fut sans travail, pratiquement sans interruption, de septembre 1931 à 1936, embauché quelques mois seulement dans une boulonnerie de Sars-le-Bois en 1933, puis à la fin de 1934 dans une usine du Tilleul d’où il fut chassé pour avoir fondé une section syndicale. Secrétaire du comité des chômeurs du Bassin de la Sambre, il forma les comités locaux et, en 1934, anima les « marches de la faim » sur la sous-préfecture d’Avesnes, puis sur Lille, pour revendiquer des allocations de chômage. Proche collaborateur de Lucien Renaud*, Brichot rédigea de nombreux tracts et bulletins d’usines, et apprit à dessiner afin d’illustrer ses textes et de renforcer leur impact. Élu secrétaire du syndicat régional unitaire des Métaux du Bassin de la Sambre, à la suite de l’arrestation de L. Renaud, Brichot fut l’un des acteurs de la fusion syndicale chez les métallurgistes de la région de Maubeuge. La réunification fut très lente à s’opérer et ne devint effective qu’en 1937. Élu à la tête du syndicat régional unique des Métaux du Bassin de la Sambre, il conserva cette fonction jusqu’à la déclaration de guerre. Délégué des usines de Maubeuge, il fit partie avec Dovillé, Renaud et Watelle, de la délégation ouvrière convoquée, avec une délégation patronale, par Léon Blum pour mettre un terme au long conflit qui paralysait les usines du Bassin de la Sambre (novembre 1936-janvier 1937).
Mobilisé, en septembre 1939, au 6e régiment du génie à Angers (Maine-et-Loire), il travailla plusieurs mois à l’achèvement des ouvrages défensifs des Ardennes. Démobilisé en août 1940 à Châteauroux (Indre), il changea de nom pour éviter d’éventuelles poursuites et put travailler en usine. À partir de 1943, il se consacra à l’organisation de milices patriotiques.
Revenu dans la région de Maubeuge à la Libération, Adonis Brichot fut élu député, au nom du Parti communiste, lors des élections législatives d’octobre 1945. Malade, il céda son mandat à A. Maton et interrompit toutes activités politiques et syndicales. Au début des années 1970, il habitait à Sars-le-Bois.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17934, notice BRICHOT Adonis par Yves Le Maner, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 avril 2021.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 595/35 et M 595/69. — M.-F. Talon, mémoire de maîtrise, Lille III, 1974, op. cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément