SAN GEROTEO François [Né SAN GEROTEO BERZAL Francisco]

Par Louis Botella

Né le 2 décembre 1913 à Madrid (Espagne), mort le 5 avril 1997 à Rennes (Ille-et -Vilaine) ; assistant de laboratoire, sous-officier puis officier de l’armée républicaine espagnole, ouvrier papetier, puis comptable enfin maître verrier d’art ; syndicaliste UGT et CGT puis Force ouvrière (FO) ; militant communiste ensuite socialiste SFIO puis du Parti socialiste.

Fils de Narciso, alors ouvrier agricole, et de Juliana Berzal, mercière, Francisco San Geroteo Berzal était le 2e enfant du couple ; la sœur aînée, Carmen, décéda en 1913 à l’âge de 2 ans. Son père, ouvrier d’usine, fut victime d’un accident mortel en 1922 alors que Francisco n’avait que 9 ans.

Il effectua sa scolarité (primaire et secondaire) au collège des jésuites à Madrid. En 1931 ou 1932, il entra dans le monde du travail comme assistant auxiliaire aux laboratoires Garcia dans sa ville natale.

En 1934, il fut engagé volontaire dans le régiment ferroviaire et fut placé sous les ordres de son oncle, Silverio San Geroteo, officier et qui fut fusillé par la suite par la milice républicaine.

Membre des jeunesses communistes, Francisco San Geroteo s’engagea, fin août 1936, comme volontaire au sein de la Garde nationale républicaine.

Après avoir été blessé au front à Navalperrella (aux environs de Madrid), il fut intégré à la 13e brigade de la garde d’assaut avec le grade de sous-officier. Il fut promu lieutenant à l’issue d’une mission gouvernementale espagnole pour la réception du matériel militaire français au Val-d’Aran.

Après la victoire franquiste en 1939, Francisco San Geroteo déposé les armes avec son unité à Cerbère (Pyrénées-Orientales). Il fut ensuite interné, comme de nombreux autres Espagnols, dans les camps d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) puis de Bram (Aude).

Arrivé à l’automne 1939 à Rennes (Ille-et-Vilaine), il travailla comme ouvrier papetier aux Papeteries de Bretagne. Il appartint alors au syndicat CGT de cette entreprise. Fin 1940 ou au tout début de 1941, les troupes allemandes d’occupation, afin de pallier leur manque de main-d’œuvre, effectuèrent de très nombreuses rafles. Francisco San Geroteo fut pris dans le filet. Il fut affecté au centre de répartition alimentaire de Rennes où il travailla en 3 huit.

En 1942, il fut membre fondateur de la section rennaise de l’Union nationale espagnole clandestine. Il était alors également l’un des responsables du secteur de Rennes Nord du Parti communiste espagnol, lui aussi clandestin. Placé sous la direction de Pedro Chacon, ce réseau disparut au début de 1944.

A la Libération, Francisco San Geroteo fut embauché comme comptable dans une unité de l’armée américaine à Rennes.

En 1948, avec l’aide d’un professeur de l’école des beaux-arts de Rennes et de deux de ses compatriotes, il créa un centre de vitrail d’art. Il exerça le métier de maître verrier d’art jusqu’en 1975, année où il partit en retraite.

Davantage militant politique que syndicaliste, Francisco San Geroteo n’eut pas, au départ, de responsabilités importantes au sein du mouvement syndical.

Il quitta la CGT et le Parti communiste espagnol en 1948, pour participer à la création de FO et militer au sein de la section de Rennes du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol).

Secrétaire de la section de Rennes de l’UGT (Union générale des travailleurs espagnols) en exil depuis 1939, Franciso San Geroteo assuma cette fonction jusqu’en 1954. Il représenta la section de Rennes du PSOE lors de la tenue de son congrès au début des années 1950 à Toulouse. Il y soutint la motion "ouverture du dialogue avec la monarchie", présentée et défendue par Indalecio Prieto, ancien ministre du gouvernement républicain.

Naturalisé français en octobre 1954, François San Geroteo prit alors des responsabilités au sein de l’Union locale FO de Rennes et ce jusqu’à la fin des années 1970. Lors du scrutin de 1962, il figura sur la liste présentée par FO lors de l’élection des administrateurs salariés de la caisse d’allocations familiales (CAF) d’Ille-et-Vilaine.

Au niveau associatif , il était également de la Société archéologique rennaise, vice-président de l’Association philatélique de Rennes, président de la Société cartographique de Rennes.

Il était également auteur de plusieurs articles parus dans l’organe du PSOE en exil et de plusieurs ouvrages sur Rennes et la Bretagne.

Francisco San Geroteo avait épousé, en août 1935 à Madrid, Carmen Flores Anton. Elle était également une militante socialiste comme son père, Gonzalo Flores Higuera, militant du PSOE (groupe d’action socialiste de Madrid sous la direction de Largo Caballero, futur chef du gouvernement "Front populaire" en février 1936). Gonzalo Flores Higuera, ébéniste et secrétaire de la section locale UGT des menuisiers ébénistes de Madrid, trouva la mort le 27 février 1937 dans les troupes républicaines lors de la défense de Madrid lors de l’offensive des troupes franquistes.

Francisco et Carmen San Geroteo eurent sept enfants dont le second enfant est Gonzalo San Geroteo, cheminot et également militant FO.

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Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179384, notice SAN GEROTEO François [Né SAN GEROTEO BERZAL Francisco] par Louis Botella, version mise en ligne le 20 mars 2016, dernière modification le 20 mars 2016.

Par Louis Botella

François San Geroteo était l’auteur des ouvrages suivants :
Les rues de Rennes en 1900 par la carte postale, 4 volumes, Rennes, 1975 ;
Les foires, les fêtes et les loisirs des Rennais en 1900 par l’affiche et la carte postale, paru en 1978 dans la collection "L’album souvenir de chez nous en Bretagne ;
en collaboration avec le général Bernadas, président de l’Amicale philatélique rennaise L’histoire de la poste en Bretagne, Editions Trésor des histoires, 1979.
Il écrivit également de nombreux articles dans l’organe du PSOE El Socialista, notamment le 8 septembre 1949, 9 novembre 1950, 4 janvier et 23 mars 1951...

SOURCES : Arch. de l’Union départementale FO d’Ille-et-Vilaine. — Informations transmises en mars 2016 par Gonzalo San Geroteo.

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