BRIDIER Manuel [BRIDIER Roger, Georges, Alexandre dit]

Par Jean Péaud, Gilles Morin

Né le 8 juillet 1925 à Paris (XIVe arr.), mort le 18 juin 2003 ; chef de service, employé de banque caisse centrale de coopération, chargé de mission en 1967 ; résistant ; militant du PCF, du RPF, puis de l’UGS, du PSU notamment à Créteil (Seine, Val-de-Marne), de la GOP et de l’OCT ; créateur du CEDETIM.

Manuel Bridier
Manuel Bridier

Fils de Georges Alexandre et d’Odette Nennig, Manuel Bridier épousa le en avril 1946 à Asnières (Seine, Hauts-de-Seine), Marie Gabrielle Contet, née le 11 décembre 1924 à Nice (Alpes-Maritimes). Ils eurent deux enfants.

Décoré de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance, il avait adhéré à dix-sept ans aux Jeunesses communistes et participé à des actions armées, notamment en banlieue parisienne à la Libération. En 1944, il était vice-président du Front national inter-universitaire et secrétaire général de l’Union des étudiants patriotes. Il fut autorisé par le ministère de l’Éducation nationale au début 1945 à se rendre à Londres prendre part aux manifestations organisées par l’United Nation Information organisation. Il fit à ce titre une tournée de conférences dans différentes universités britanniques sur la part jouée par les Universités françaises dans la Résistance et la Libération.

De la fin 1945 à novembre 1948, Manuel Bridier fut correspondant parlementaire du PCF et attaché à l’Union française d’information, située 19, rue Saint-Georges à Paris.

Il rompit avec le PCF pour donner son adhésion au RPF, au sein duquel il acquit une place influente. Sous le pseudonyme de Fernand Fontaine, il collabora aux journaux Le Rassemblement ouvrier qui fusionna à la fin 1950 avec Le Rassemblement et Espoir. Il prit la parole les 5 mars 1949 et 16 mars 1950 au congrès organisé par les cadres des étudiants du RPF et fut désigné comme secrétaire confédéral permanent de la Confédération générale des syndicats indépendants.

Le mouvement échoua aux élections à la Sécurité sociale et Manuel Bridier entra en conflit avec Sulpice Dewez, animateur de la Confédération des syndicats indépendants. Il quitta le mouvement et prit les fonctions de délégué national à l’Action ouvrière du RPF, adjoint du secrétaire national d’Yvon Morandat en juillet 1950. Il faisait alors des conférences sur « l’Association capital travail » ou sur les « déviations du communisme ».

Membre fondateur de l’Union démocratique du travail en février 1955, il siégea à la commission exécutive des groupements unis de la Nouvelle gauche, désignée le 22 mai 1955. Membre du conseil national de la Nouvelle gauche élu au congrès de novembre 1955, il présenta le rapport politique, fut membre du secrétariat national en janvier 1956, délégué à la propagande en mai 1956 et membre du bureau politique en janvier 1957. À la création de l’Union de la gauche socialiste (UGS), il appartint au bureau national, comme secrétaire à la propagande, en décembre 1957.

Secrétaire de la fédération Paris-Ville de l’UGS de décembre 1958 à avril 1960, il fut secrétaire fédéral adjoint du Parti socialiste unifié (PSU) à sa création en avril 1960 et secrétaire général du bureau de Paris. Membre du bureau de la fédération de Paris en janvier 1961. Membre du comité politique national (CPN) du PSU en 1961, il fut élu minoritaire de la motion C au CPN, à l’issue du congrès d’Alfortville en janvier 1963, désigné par lui comme responsable de la commission formation, le 3 février 1963. Dès 1962, Manuel Bridier participa aux conférences du Centre d’Études socialistes et à leur publication dans les Cahiers du CES. Membre du bureau national du PSU, chargé de la formation le 21 avril 1963, réélu en 1967, chargé des problèmes du Tiers-monde. Vers 1963, il s’était installé à Créteil, dans le quartier du Mont-Mesly, où il joua un rôle actif dans la vie politique locale, notamment aux élections municipales de 1965 où il figura, au titre du PSU, en troisième position de la liste d’Union de la gauche. Candidat aux cantonales partielles à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) en septembre 1965, il fut également candidat PSU aux législatives de 1967.

Orateur brillant, il contribua au renforcement de l’audience du PSU dans le Val-de-Marne naissant. Mai 1968 contribua à un gauchissement de ses positions politiques. Il fut un des animateurs de la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) dans la PSU, puis hors du PSU.

Manuel Bridier avait fondé en 1965 le premier Cedetim, groupe de réflexion du PSU sur le tiers monde. Il y eut une nouvelle création, le 22 septembre 1967 à Paris, du « Centre socialiste de documentation et d’études sur les problèmes du tiers monde » (Cedetim). Bridier en fut le président. L’initiative venait de militants marqués par leurs expériences professionnelles en Afrique. Il fut rejoint par un petit groupe crée par Gérard Munari, par Gustave Massiah (secrétaire général de la nouvelle association) et Jean-Yves Barrère (trésorier), qui revenaient de deux ans de coopération au Sénégal (1964-1966). Le premier conseil d’administration du Cedetim comprenait également des figures du PSU, comme Michel Rocard, Bernard Lambert ou Henri Leclerc.

Bridier fut secrétaire adjoint du syndicat autonome du personnel de la caisse centrale de coopération économique où il travaillait depuis 1954.

- En 1972 Manuel Bridier quitta le PSU et rejoignit le groupe Révolution ! (Issu principalement de la Ligue communiste), dont il anima notamment la commission internationale, Révolution fusionna avec la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) en 1976 pour former l’OCT (Organisation communiste des travailleurs) et Manuel Bridier s’en éloigna après 1978.

- Le "premier" Cedetim (initialement Centre d’études du tiers monde) était un groupe de travail fondé par Manuel Bridier au sein du PSU et animait un réseau de coopérant. En 1967 quand se constitua l’association CEDETIM, Manuel Bridier en fut le premier président. Il participa aux activités du CEDETIM jusqu’au milieu des années 1990.
Son dernier engagement militant fut d’être le premier président du Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie fondé en 1996.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17940, notice BRIDIER Manuel [BRIDIER Roger, Georges, Alexandre dit] par Jean Péaud, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 1er décembre 2016.

Par Jean Péaud, Gilles Morin

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SOURCES : Arch. Nat., 4AG/73. — Archives M. Osmin. — Le Libérateur, 1955-1956. — Bulletin d’information du mouvement uni de la Nouvelle Gauche, 15 mai 1956 et 10 février 1957. — Tribune du Peuple n° 1, 14 décembre 1957. — Courrier de l’UGS, 15 janvier 1959. — Directives, n° 2, 20 janvier 1958. Tribune socialiste, 30 avril 1960, 2 février 1963, 25 septembre 1965, 29 juin 1967. — Les élections législatives 1967, La documentation française. — Fichiers adhérents du PSU. — Notes de Claude Pennetier, Jean Risacher et Bernard Dreano.

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