CORTAY Jacques, Tony, Claude

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 28 décembre 1922 à Gaujac (Gard), exécuté sommairement le 12 juin 1944 à Neuville-sur-Saône (Rhône) ; étudiant ; membre du service Périclès dans le Jura et de groupes-francs à Lyon (Rhône), Mouvements Unis de Résistance (MUR).

Jacques Cortay était le fils de François Jean Cortay et de Marcelle Ernestine Colomb. Au moment de sa naissance, son père était comptable et sa mère institutrice publique. Ses parents s’installèrent à Thizy (Rhône) où son père exerça la profession de percepteur. En 1943, Jacques Cortay était étudiant, célibataire et demeurait à Thizy, 36 rue Victor Clément, avec sa famille.

Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il entra dans la Résistance au mois de mars 1943 comme membre « du service de ravitaillement de maquis de Saint-Claude » selon le commandant Duvernois, ex-chef régional adjoint Maquis. Jacques Cortay, dit Christian, fut membre du service Périclès (service national des maquis écoles) dépendant des Mouvements Unis de la Résistance. Au mois de juillet 1943, il entra à l’École de cadres des maquis de Louvre à Theys (Isère). Au mois de septembre 1943, il partit pour le Haut-Jura avec l’école maquis déplacée au nord de Saint-Claude. Il fit ensuite partie des groupes-francs de Lyon (Rhône). Le capitaine Guyot (alias Hugues), ex-chef secteur nord-est Jura, attesta que Jacques Cortay « faisait partie de l’équipe de coup de main de Lyon qui venait de temps en temps se mettre au vert. Garçon athlétique, doux, toujours de bonne humeur, excellent camarade, il [sut] donner toute sa mesure dans les missions délicates et dangereuses qui lui étaient confiées. » Il semble qu’il fut également membre de l’état-major du Service Maquis école de la région R1 à partir du mois de juillet 1943. Lorsqu’il était en mission à Lyon, il demeurait chez son oncle au 67 rue Duguesclin (VIe arr.).

Jacques Cortay fut dénoncé par un ancien camarade de lycée devenu agent de la Gestapo. Le 4 mars 1944, alors qu’il était en mission sous la fausse identité de Christian Imbert, il fut arrêté par la Gestapo au domicile de son oncle, rue Duguesclin à Lyon. Il fut interné à la prison de Montluc (Lyon), cellule 126.

Le 12 juin 1944, vers 18h, Jacques Cortay et vingt-deux autres prisonniers furent extraits de la prison de Montluc. Sous prétexte de les échanger contre d’autres détenus, les Allemands les entassèrent dans une camionnette, menottés deux par deux. Quatre soldats armés prirent place à l’arrière du véhicule pour les surveiller. Des hommes en civil et en uniforme, dont un agent français de la Gestapo, montèrent dans trois voitures. On imposa le silence aux prisonniers. Le convoi sortit de Lyon et s’arrêta vers 18h45 à Neuville-sur-Saône (Rhône), devant une carrière située sur la route de Civrieux (Ain), à 3 km environ du centre. Onze détenus furent jetés hors de la camionnette à coups de pied et de poing. Ils furent détachés et menés à 200 mètres de distance, dans un lieu isolé situé Montée du Parc (nommée anciennement Montée de la Chaumière). Ils durent se coucher à plat ventre dans un sentier. Vers 19h40, le peloton d’exécution formé d’une dizaine d’hommes tira des rafales de mitraillettes. Puis, les victimes reçurent le coup de grâce. Vint ensuite le tour des douze autres prisonniers. Ils furent conduits dans un pré, à peu de distance, et furent exécutés selon les mêmes modalités. Deux hommes du premier groupe furent blessés. L’un d’eux décéda dans la nuit à l’hôpital de Neuville-sur-Sâone, l’autre, seul rescapé, se réfugia dans une ferme. Les corps furent découverts le soir même par les autorités locales. Le 13 juin, les vingt-deux victimes furent numérotées, photographiées et inhumées dans le cimetière de Neuville-sur-Saône.

Le 1er février 1945, François Cortay crut reconnaître son fils « dans la documentation photographique » « établie à Neuville-sur-Saône, sous le numéro 16 ». N’ayant aucune certitude, le 12 février, il fit exhumer le corps et le reconnut formellement. Jacques Cortay fut ensuite inhumé au cimetière de la Guillotière à Lyon (VIIe arr.).

Il reçut la Médaille de la Résistance « au titre des armées » en 1946 et « au titre de l’éducation nationale » en 1947. Il fut décoré de la Croix de guerre avec citation à l’ordre de la Division XIVe région - Lyon. Il fut homologué sous-lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) en 1948. La mention Mort pour la France fut apposée sur son acte de décès. Le titre d’interné résistant lui fut accordé en 1951. Une rue porte son nom au Bois-d’Oingt (Rhône), dernier lieu de domicile de ses parents.

La personne qui dénonça Jacques Cortay fut condamnée à mort par le tribunal de Saint-Étienne (Loire) le 12 juillet 1945 et fusillée un mois après.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179465, notice CORTAY Jacques, Tony, Claude par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 22 mars 2016, dernière modification le 27 décembre 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier de Jacques Cortay.— Arch. Dép. Rhône, 3335W22, 3335W8, 3808W1078, 3808W842, 3460W2.— Arch. Nat., Paris, 72AJ/47 (témoignage de Robert Soulage-Sarrazac).— CHRD, Lyon, ar. 1816 (dossier de René Louis Delorieux).— Note de Maurice Berne.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément