RADIUS Paul-Marie

Par Jean-Marie Guillon

Né le 8 avril 1920 à Paris (Seine), exécuté sommaire le 10 juillet 1944 à Gap (Hautes-Alpes) ; sous-lieutenant ; chef de maquis Organisation de résistance de l’Armée (ORA)-Armée secrète (AS).

Paul-Marie Radius, d’origine bretonne, catholique très pratiquant, était l’aîné de six enfants. Son père, qui avait fait la guerre de 1914-1918 et en était sorti avec le grade de lieutenant, était plutôt de tradition maurrassienne. Paul-Marie Radius fit ses études au cours Saint-Louis (rue Monceau, Paris) jusqu’au baccalauréat avant d’entrer à l’école militaire de Saint-Cyr, repliée à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Faisant partie de la classe 42, promotion Charles de Foucault, il entra dans la Résistance comme plusieurs de ses camarades à l’instigation de ses instructeurs, après la dissolution de l’armée d’armistice. Responsable des groupes de l’ORA de la vallée de Champoléon et chef adjoint du maquis de Méoullion (Haut-Champsaur, Hautes-Alpes), sous les ordres du sous-lieutenant Rouxel, il assurait aussi l’instruction des Alsaciens-Lorrains réfugiés à Prégentil dans le centre de l’abbé Poutrain, à Saint-Jean-Saint-Nicolas (Hautes-Alpes), en collaboration avec Pierre Poutrain*. Ayant échappé à une opération de ratissage allemande, le 13 novembre 1943, lors de l’attaque de la vallée de Champoléon, il alla passer quelques semaines dans sa famille, au Minihic-sur-Rance (Ille-et-Vilaine), où son père et son frère cadet participaient également à la Résistance. Il revint le 30 novembre dans les Hautes-Alpes et fut affecté au chantier forestier-maquis de La Begüe (hameau de La Baume, secteur du Buëch) toujours sous les ordres de Jean-Bernard Rouxel. Il participa notamment à un sabotage de voie ferrée à La Freissinouse (Hautes-Alpes) avec Paul Héraud*, chef départemental adjoint des groupes francs (GF) des MUR, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1944. Le maquis ayant été dispersé après l’attaque allemande contre le chantier voisin de Théoux, près d’Aspres-sur-Buëch (Hautes-Alpes), le 12 janvier, il rejoignit avec les hommes rescapés le maquis AS de Chorges (Hautes-Alpes), en liaison avec Louis Balmens. Installé dans un chalet à Forest-du-Bois le 27 janvier, le lieutenant Radius continua d’assurer le commandement et l’instruction militaire du maquis avec son ami Rouxel. Après avoir réceptionné deux parachutages d’armes, le maquis fut attaqué par les Allemands et se déplaça le long de la vallée, autour de Chorges (Pontis, les environs de Montgardin, puis le plateau Saint-Jean, Réallon enfin en juin 1944). Paul-Marie Radius fut arrêté le 20 juin 1944 en allant chercher à Gap un certificat médical pour l’un de ses hommes malade. Interpellé à un barrage allemand à Pont-Sarrazin, il tenta de s’échapper du car où il se trouvait. Gravement blessé à coups de crosse à la tête, hospitalisé, torturé à la villa Mayoli, dans les locaux de la Sipo-SD, emprisonné à la caserne Desmichels, il fut abattu le 10 juillet 1944 sous prétexte d’une « tentative de fuite ». En fait, il fut fusillé avec Jean Roman* près du Moulin du Pré, au bord de la Luye, quartier de la Tourronde.

Une stèle érigée à la Libération rappelle le drame et le qualifie de « chrétien sans défaillance, soldat sans peur, Français sans reproche ».

Il fut décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palme à titre posthume. Sa famille fit apposer un vitrail à sa mémoire dans l’église du Minihic-sur-Rance.

Il obtint la mention « Mort pour la France ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179578, notice RADIUS Paul-Marie par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 24 mars 2016, dernière modification le 18 décembre 2019.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Site Internet Mémoire des Hommes.— site internet Mémoire du Champsaur (glaizil.over-blog.com). — Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France, Hautes-Alpes, secteur B-Chorges. — Richard Duchamblo, Cahiers "Maquisards et Gestapo", Gap, Ribaud Frères, 19 cahiers 1945-1949, reprint 2005, Gap, Éditions des Hautes-Alpes, tome 2, 8e cahier, 11e cahier et 13e cahier. — Louis Poutrain (abbé), La déportation au cœur d’une vie, Paris, Cerf, 1982 (rééd. Saint-Jean-Saint-Nicolas, Association Prégentil-Montorcier, 1993).

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