MAURIZOT Francis, Jules, Joseph

Par Daniel Grason

Né le 18 juillet 1911 à Berck-sur-Mer arrondissement de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), tué au combat le 19 août 1944 à Paris (Ier arr.) ; ouvrier prothésiste, agent des services hospitaliers ; gardien de la paix.

Fils de Léonard Joseph Maurizot, employé, et d’Eugénie, née Gressier, ménagère, Francis Maurizot avait trois frères et un jumeau, la famille vécut au 175, puis 476 rue de l’Impératrice à Berck-sur-Mer. Son père mobilisé en 1914 fut prisonnier de guerre quatre ans. À trois ans, il alla à l’école maternelle, il entra en primaire à six ans, à douze ans il obtint le CEP. Sa mère sollicita pour lui un emploi de garçon de course chez un orthopédiste, il avait à peine treize ans. Deux ans plus tard il entra en apprentissage à la Maison Lacroix Frères, devint ouvrier prothésiste en juin 1924. Il pratiquait la course à pied, mais préférait jouer dans l’équipe de football.
Appelé sous les drapeaux, le 15 octobre 1932 il était incorporé à la 1ère section d’infirmiers militaires à Lille (Nord), il fut démobilisé le 5 octobre 1933. Il reprit son travail d’ouvrier prothésiste, fit la connaissance d’une infirmière Georgette Grivart qu’il épousa le 27 juillet 1935 en mairie de Berck-sur-Mer, le couple habita la ville au 22, rue du Haut-Banc. Le travail en orthopédie diminuant, il écrivit à l’Assistance publique de Paris pour un emploi. Ayant reçu une réponse positive, il travailla comme agent des services hospitaliers à l’hospice de Bicêtre au Kremlin-Bicêtre (Seine, Val-de-Marne). Il logea quelques mois, jusqu’en avril 1938 chez son frère Roger 51 bis rue Jules-Ferry à Vitry-sur-Seine dans le même département. Son épouse Georgette le rejoignit avec leur enfant prénommé André, la famille habita 3 rue du Plateau à Arcueil (Seine, Val-de-Marne).
Le 4 septembre 1939, il était mobilisé à Lille, incorporé dans un groupe d’ambulanciers de la septième armée, il était titulaire du permis de conduire. Démobilisé le 28 août 1940, décoré de la Croix de guerre pour son courage et sa conduite, il reprit son poste d’agent des services hospitaliers à Bicêtre, puis à l’Hôtel-Dieu à Paris (IVe arr.). Il sollicita un emploi de gardien de la paix auprès de la préfecture de police, toute proche, il reçut une réponse positive, quitta le 15 décembre 1941 l’Assistance publique de Paris pour la police municipale.
Francis Maurizot expliqua son choix dans sa biographie du 22 décembre 1941. « C’est un beau métier que celui qui consiste à défendre ses semblables contre les malfaiteurs. […] Je serai plus utile à mon pays dans le métier de gardien de la paix ». Après sa formation, il a été affecté à une compagnie de circulation, il était apprécié comme « énergique, dévoué » ayant des « qualités à développer » et ayant parfois « besoin d’être stimulé ».
Le 19 août 1944, il était de faction 7 boulevard du Palais, armé d’une mitraillette, devant la porte d’entrée du cabinet du préfet de police, en face de la Sainte-Chapelle. Les allemands tentaient d’entrer dans l’édifice en plusieurs lieux. Un camion de soldats allemands passa… Francis Maurizot fit feu et fut abattu de deux balles dans la tête. Son corps était emmené à l’Hôtel-Dieu, le 22 août 1944 son inhumation eut lieu au cimetière parisien de Thiais (Seine, Val-de-Marne). Le 22 juin 1945 son corps fut exhumé et ré-inhumé au cimetière du Kremlin-Bicêtre en présence de sa famille et d’une délégation de vingt-six policiers dont un commissaire, un officier, deux inspecteurs et vingt gardiens de la paix.
Déclaré « Victime du devoir », Francis Maurizot fut cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », et l’homologua F.F.I. pour la période du 6 juin au 19 août 1944. Francis Maurizot a été nommé brigadier à la date du 19 août 1944, son fils André âgé de neuf ans, bénéficia d’un tuteur jusqu’à sa majorité.
Le nom de Francis Maurizot figure sur le Monument aux morts de Berck-sur-Mer, sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), enfin sur la plaque commémorative apposée sur le lieu où la mort le frappa :
« Ici le 19 août le gardien de la paix Maurizot Francis est tombé ici pour la Libération de Paris en 1944 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179620, notice MAURIZOT Francis, Jules, Joseph par Daniel Grason, version mise en ligne le 6 avril 2016, dernière modification le 10 avril 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 17. – SHD, Caen AC 21 P 87897. – Bureau Résistance : GR 16 P 405964. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil en ligne cote 3 E 108/24 Berck 1910-1911, vue 117.
PHOTOGRAPHIES : Arch. PPo. Plaque commémorative : Daniel Grason.

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