VACHER Alice [née FORTUNÉ Alice, Graziella]

Par Jacques Girault

Née le 26 avril 1908 à Sète (Hérault), morte le 14 août 2001 à Coublevie (Isère) ; professeure à Rennes (Ille-et-Vilaine) ; militante communiste dans le Jura, à Paris et en Ille-et-Vilaine ; adjointe au maire de Lons-le-Saunier à la Libération.

Alice Vacher vers 1930.
Alice Vacher vers 1930.

Fille d’un instituteur, athée, militant syndical et sympathisant communiste, et d’une couturière, catholique mais peu pratiquante, Alice Fortuné reçut les premiers sacrements catholiques. Ancienne élève de l’École normale supérieure de Sèvres, elle devint professeur de lettres à Cherbourg (Manche), puis à Armentières (Nord) avant d’être nommée à Narbonne (Aude). Syndiquée depuis son entrée en fonctions en 1934, elle fut la secrétaire de la section syndicale qui devint celle du Syndicat national des personnels de l’enseignement secondaire du collège de jeunes filles de Narbonne de 1936 à 1939.

Elle adhéra aux Jeunesses communistes et au Parti communiste à Cherbourg en 1934 et fut responsable des JC et membre du comité du rayon communiste d’Armentières en 1935 et 1936. A Narbonne, elle entra au comité, et parfois fit partie du bureau du rayon communiste jusqu’à l’interdiction du Parti.

Quand elle eut à établir sa notice biographique pour le Parti communiste français en 1953, les imprécisions sur la période suivante l’amenèrent à réécrire quatre fois le récit de son activité pendant l’Occupation. Des confusions de dates, données par la militante, en résultèrent notamment pour les années 1940 et 1941.

Elle fut arrêtée le 21 mars 1940 ou 1941 à Narbonne, après avoir été dénoncée par une communiste qui avait donné des noms de militants pour obtenir la libération de son mari arrêté. Emprisonnée à Carcassonne (Aude), Alice Fortuné nia en bloc. Le tribunal correctionnel la condamna en juin 1940 ou 1941 à deux ans de prison mais elle fut relaxée en appel un mois plus tard. Réintégrée dans son poste de professeur après avoir été suspendue dès son arrestation, elle fut nommée au cours secondaire de Draguignan (Var) à la rentrée d’octobre. Le mois suivant, elle fut à nouveau arrêtée en novembre après que la militante qui l’avait dénoncée à Narbonne, condamnée à un an de prison, qui n’avait pas été relaxée en appel, l’eut à nouveau signalée comme étant la destinataire des tracts sur l’enseignement saisis à son domicile. Emprisonnée à Montpellier, elle nia à nouveau lors de son passage devant le tribunal militaire de Montpellier et fut relaxée. De décembre 1941 à juin 1942, en congé de maladie, elle fut hébergée chez Marcelle Tisserand*, à Marseille et dans sa famille à Montpellier et à Sète. Nommée à Orange (Vaucluse) en fin d’année scolaire, déplacée à Lons-le-Saunier (Jura), elle prit son nouveau poste en octobre 1942 ou 1943.

Alice Fortuné renoua avec le Parti communiste à Lons-le-Saunier quand il sortit de la clandestinité tout en militant dans le Front national. Membre du secrétariat du PCF en 1945, elle fut responsable de l’organisation. Nommée adjointe au maire dans la délégation municipale mise en place à Lons-le-Saunier à la Libération, élue aux élections municipales de Lons-le-Saunier en mai 1945, sur une liste de la Résistance présentée par le PCF, elle n’exerça pas son mandat car elle quitta la ville en octobre 1945.

Elle se maria uniquement civilement en novembre 1947 à Paris (VIIe arr.) avec Michel Vacher, professeur à Paris, divorcé, père d’un enfant. Le couple avait eu en 1946 une fille.

Nommée professeur certifiée de lettres au collège Edgar Quinet en octobre 1946, elle le quitta pour travailler au Centre national d’enseignement par correspondance, puis fut nommée en 1958 professeur au lycée de jeunes filles de Rennes. Elle y enseigna jusqu’à sa retraite en 1967.

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle milita à la FEN-CGT puis à ce qui devint « Unité et Action ».

Militant dans la cellule du Parti communiste français de la section de l’École militaire de 1946 à 1948, membre de la commission féminine de la section, elle avait été de 1948 à 1951, membre du bureau d’une cellule de la section Sorbonne avant de revenir dans sa précédente cellule qu’elle quitta quand se forma une cellule dans le collège Quinet, dont elle fut membre du bureau puis secrétaire en 1953-1954. Elle termina son militantisme à Paris dans une cellule du XXe arrondissement qui regroupait les communistes du CNEC.

A Paris, en octobre1945, elle travailla pendant deux mois à l’Humanité avec Robert Bouvier. Membre du bureau du groupe de l’Union des femmes françaises du VIIe arrondissement où elle habitait avec sa famille, elle fut proposée pour être candidate aux élections municipales dans cet arrondissement en 1953. Elle fut membre du conseil permanent du Mouvement national pour la défense de l’enfance, responsable de la commission financière en 1953 puis responsable de l’organisation. En avril 1952, elle fut déléguée à la conférence internationale de l’enfance en Autriche.

En Ille-et-Vilaine, secrétaire d’une cellule communiste, membre du comité de la section Rennes-Sud à partir de 1963, membre du comité de la fédération communiste de 1959 à 1970, Alice Vacher faisait partie des commissions des femmes et des intellectuels (cette dernière à partir de 1961). Lors de la conférence fédérale de 1970, elle ne fut pas réélue bien que, comme d’autres femmes écartées, « dévouées et assez actives » selon la commission de montée des cadres du PCF. Membre du bureau départemental de l’Union des femmes françaises, elle devint la secrétaire départementale de l’UFF en 1960. Elle militait aussi dans le mouvement de l’enfance.

Ses obsèques furent civiles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179685, notice VACHER Alice [née FORTUNÉ Alice, Graziella] par Jacques Girault, version mise en ligne le 3 avril 2016, dernière modification le 3 avril 2016.

Par Jacques Girault

Alice Vacher vers 1930.
Alice Vacher vers 1930.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressée.

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