VADON Jacques, Joseph, Louis

Par Didier Bigorgne

Né le 3 octobre 1911 à Paris (XIVe arr.), mort le 19 décembre 1990 à Nyons (Drôme) ; professeur d’histoire ; militant du Parti radical-socialiste, puis de l’Union de la gauche socialiste et du PSU ; président du comité anti-CED des Ardennes (1954-1955) ; conseiller municipal de Charleville (1954-1959, puis 1965-1966).

Fils d’un musicien organiste compositeur, professeur de musique selon l’état civil, et d’une mère au foyer, Jacques Vadon fit de brillantes études à Paris, d’abord au lycée Louis le Grand, puis au lycée Henri IV. Il fréquenta ensuite la Sorbonne. Il obtint une licence et un mémoire de diplôme d’études supérieures d’Histoire dirigé par Pierre Renouvin.

Le 27 septembre 1939, à Taverny (Val d’Oise), Jacques Vadon épousa Suzanne Richet, professeur de lycée, qui lui donna une fille et un garçon. Nommé professeur à Brest (Finistère), il ne prit pas son poste en raison de la guerre. Mobilisé, il combattit les Allemands et fut fait prisonnier le 11 juin 1940. Interné au camp de Lubeck, il fut libéré le 19 mai 1945.

Jacques Vadon devint professeur d’histoire-géographie au lycée Chanzy de Charleville à la rentrée scolaire de 1945. Il occupa ce poste jusqu’à son départ à la retraite en 1976.

Fondateur en 1948 du cercle d’études Germinal qu’il anima jusqu’en 1960, Jacques Vadon écrivit de nombreux articles sur la guerre 1939-1945 dans Etudes Ardennaises (revue dont il devint le vice-président en 1969), puis dans la Revue Historique Ardennaise. Correspondant du comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, puis du comité d’histoire du Temps présent, il obtint un doctorat d’histoire à l’université de Paris X-Nanterre en juin 1979, avec la soutenance d’une thèse (sous la direction d’Annie Kriegel, La Résistance dans les Ardennes. En 1985, il publia un ouvrage, Les Ardennes dans la guerre 1939-1945.

Jacques Vadon entra en politique avec les élections des 7 et 14 octobre 1951 pour le Conseil général. Candidat avec l’étiquette « Indépendant de gauche » dans le canton de Charleville, il recueillit 347 voix sur 18 901 inscrits et 10 363 votants au premier tour. Alors secrétaire départemental du Syndicat national autonome des lycées et collèges, il adhéra au Parti radical socialiste en 1952. Il fut son représentant à trois scrutins différents. Aux élections municipales du 26 avril 1953, il figura en troisième position sur la liste de son parti qui eut deux élus à Charleville ; avec la démission de Jean Lépine qui quittait le département, Jacques Vadon devint conseiller municipal de Charleville en septembre 1954. Le 18 juin 1955, au premier tour des élections pour le Conseil général, il obtint 326 voix sur 7 936 inscrits et 4 093 votants dans le canton de Sedan-Nord. Enfin, il fut candidat (au troisième rang) sur la liste du Front républicain qui eut deux députés (les socialistes Camille Titeux et Guy Desson) aux élections législatives du 2 janvier 1956.

Au début des années 1950, Jacques Vadon s’engagea dans le combat pour la paix ; il fut classé « sympathisant communiste » par les renseignements généraux. Le 11 mai 1952, il participa au rassemblement national pour la paix à Sedan, présidé par Frédéric Joliot-Curie devant sept mille personnes. Quelques mois plus tard, Jacques Vadon fut désigné comme délégué au congrès des peuples pour la paix à Vienne (Autriche), par le congrès départemental du Mouvement de la paix des Ardennes. Le sénateur maire socialiste de Charleville, Jacques Bozzi, attaqua alors les partisans de la paix dans le quotidien L’Ardennais du 12 décembre 1952. Le journal refusant de publier la réponse de Vadon, celle-ci fut ronéotée et distribuée dans toute la ville : Vadon y accusait Bozzi de critiquer les partisans de la paix par anticommunisme. Le 5 juillet 1953, Jacques Vadon prit part à la manifestation départementale qui rassembla mille personnes à Monthermé pour protester contre la remilitarisation de l’Allemagne. A partir de 1954, il présida le comité anti-CED (Communauté européenne de défense) des Ardennes.

Jacques Vadon rejoignit l’Union de la gauche socialiste en mars 1958. Il fut son candidat aux élections des 20 et 27 avril 1958, pour le Conseil général, dans le canton de Charleville où il recueillit 1219 voix sur 20 898 inscrits et 12 930 votants au premier tour. Aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, il représenta son parti dans la deuxième circonscription de Charleville-Rocroi en obtenant 1 509 voix sur 59 424 inscrits et 46 483 votants au premier tour. Le 8 mars 1959, Jacques Vadon conduisit, sans succès, la liste d’Union des forces démocratiques aux élections municipales à Charleville : il obtint 1 041 voix (pour une moyenne de liste de 739 voix) sur 13 289 inscrits et 9 312 votants.

Après le congrès d’Alfortville (1er-3 avril 1960) qui donna naissance au Parti socialiste unifié, Jacques Vadon fut élu membre du bureau fédéral des Ardennes. Le 19 mars 1961, il participa au premier congrès départemental du PSU qui se tint à Mézières (55 délégués représentaient 19 sections). En 1965, il avait quitté le PSU, étant élu conseiller municipal de Charleville le 14 mars sur une liste d’alliance Parti socialiste SFIO-MRP. Il siégea jusqu’au 1er octobre 1966, date de la création de Charleville-Mézières.

Jacques Vadon s’investit dans la vie associative et sportive. Il occupa le poste de vice-président de l’association amicale des anciens chasseurs à pieds alpins « La Sidi Brahim » de 1953 à 1990. Il fut élu à la présidence de la section de Charleville-Mézières des anciens combattants et prisonniers de guerre en 1971. Il fut président d’honneur de la société de natation de Charleville pendant de nombreuses années.

A sa mort, Jacques Vadon était officier dans l’ordre des Palmes académiques et chevalier dans l’ordre national du Mérite. Ses obsèques religieuses se déroulèrent dans l’intimité familiale à Arcinges (Loire).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179688, notice VADON Jacques, Joseph, Louis par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 3 avril 2016, dernière modification le 14 mars 2017.

Par Didier Bigorgne

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend 7 publications dont Les Ardennes dans la guerre, Le Coteau, Horvath, 1985 réédité en 1994 à Lyon-Horvath. — Les Ardennes en images. 1940-1944, de mai 1940 à septembre 1944, l’Occupation, la Libération, Bruxelles, Sodim, 1977.

SOURCES : Arch. Nat. F7 15498 n° 4054 (dossier des RG J. Bozzi), 581AP/99, 101. — Arch. Dép. Ardennes 3M 5 et 7 ; 32 J (Fédération des Ardennes du Parti radical). — Archives du PSU. — L’Union, 18 juin 1971 et 26 octobre 1989. — L’Ardennais, 20 décembre 1990. — Presse locale. — Site Internet, ardennetiensferme.over-blog.com/article-3848319.html. — Notes de Jacques Girault.

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