WOLF Marc, François

Par André et Jeanne-Marie Caudron

Né le 19 octobre 1949 à Arras (Pas-de-Calais) ; homme politique, maire de Mons-en-Barœul (Nord).

Marc Wolf est le second des cinq enfants d’Henri Wolf, adjoint au maire de Lomme, immigré venu de Sarre pour fuir l’antisémitisme nazi avant d’exercer des fonctions de cadre commercial dans le secteur coopératif, et de Françoise, née Lempereur, directrice de l’Institut des conseillers d’orientation à Lille. Il est ainsi petit-fils de Rachel Lempereur, née Nuez, directrice d’école, secrétaire clandestine du syndicat des instituteurs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Depuis 1936, elle était secrétaire fédérale du Nord des femmes socialistes. Au lendemain de la Libération, Rachel Lempereur fut adjointe au maire de Lille, conseillère générale et en 1945 une des premières parlementaires du Nord à l’Assemblée nationale. Elle avait épousé l’artiste peintre Marcel Lempereur-Haut, auteur de toiles abstraites aux qualités originales.

Le jeune Marc Wolf suivit doublement la tradition familiale : de son aïeule par la fidélité au combat pour la présence des femmes dans les responsabilités publiques et l’attachement à l’Éducation nationale ; des deux générations par le goût de l’engagement politique en faveur de l’égalité sociale et de la démocratie réelle.

Il mena ses études à Lille même aux lycées Pasteur et Faidherbe, puis au lycée Henri IV à Paris et enfin à l’Université de Lille III, devenue Charles de Gaulle, où il obtint la maîtrise d’histoire (avec des travaux sur la croissance dans la région du Nord au XIXe siècle) et réussit le certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement secondaire ou CAPES d’histoire et géographie. Par la suite, il obtiendra aussi la maitrise de sciences économiques à l’Université de Lille I (sciences et techniques), puis au terme de sa carrière un master de juriste fiscaliste.

Dès l’âge de seize ans, Marc Wolf s’était engagé dans la vie militante, sur des positions contestatrices dans la section de la SFIO à Lomme face à Arthur Notebart. Il anima le groupe des étudiants socialistes et participa aux premières élections universitaires consécutives à Mai 68 et la réforme Edgar Faure. À l’époque, il eut aussi fort à faire pour contrecarrer ses adversaires trotskystes qui tentaient de conquérir la majorité lilloise de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), dont il fut peu de temps membre du conseil d’administration à l’échelon national. Il implanta dans le Nord le CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste) avec lequel il participa activement au congrès d’Épinay du nouveau Parti socialiste et où il sera rejoint notamment par Gérard Caudron, Jean-Claude Gosselin, Alain Cacheux et Jean-Pierre Leroy.

Devenu professeur de l’enseignement secondaire dans la métropole lilloise en 1971 où il exerça jusque 1986, il milita au SGEN-CFDT. À la suite de son mariage, le 23 juillet 1973, avec Dominique Vacher, cadre administratif de l’Éducation nationale (avec laquelle il eut deux enfants), il s’installa à Mons-en-Barœul. Il y rejoignit la section locale du nouveau parti socialiste que Jacqueline Osselin venait de relancer. Ce fut alors que sa carrière politique allait prendre un autre cours comme élu local, doublé plus tard d’un nouveau cursus professionnel grâce à son succès au concours de l’École nationale d’administration (ENA), dans la promotion Liberté-Egalité-Fraternité dont il fut l’élève pendant deux ans, de 1987 à 1989.

Entré au ministère de l’Économie et des Finances dans l’administration fiscale, il fut chargé de mission à la sous-direction de la TVA (1989), puis chef de bureau successivement à l’informatique et à la fiscalité de l’épargne (1990-1995). Rapporteur au Conseil d’État (1995-1997), de nouveau chef de bureau chargé du cadastre (1997-1999), il fut nommé sous-directeur chargé de la sous-direction du recouvrement, puis de la gestion des impôts des particuliers (1999-2003), puis directeur adjoint chargé de la sous-direction du contrôle fiscal (2003-2004) et enfin de la sous-direction de la TVA (2004-2011). Il termina sa carrière comme contrôleur général économique et financier (2011-2014), retraité depuis 2014. Il fut fait chevalier de l’ordre national du Mérite.

Cet itinéraire administratif fut donc longtemps partagé avec une forte activité publique puisque dès 1977, Marc Wolf remporta les élections municipales à Mons-en-Barœul à la tête de la liste d’Union de la gauche, ravissant au centre droit une mairie qu’il tenait depuis trente ans. Parallèlement, il siègea comme conseiller de la Communauté urbaine de Lille. En 1983, la fédération socialiste lui demanda d’être candidat lors d’une élection partielle dans le canton de Lille Nord-Est, mais il fut battu par le centriste Francis Peltier.

En 1989, il laissa à Françoise Jullien, première adjointe, elle aussi socialiste, le fauteuil de maire conformément à la règle de rotation des fonctions qu’ils prônaient. Il devint premier adjoint et s’investit davantage à la Communauté urbaine dont il obtint que la seconde ligne du métro desserve sa commune, et où il fut délégué à la gestion financière. En 1995, il retrouva l’écharpe de maire qu’il garda encore pendant six ans. Il fut alors battu par l’un de ses anciens adjoints, Rudy Elegeest, leader de « Mons une ville à vivre » et se retira de la vie politique locale. À la suite de quoi, il s’établit définitivement à Paris.

Sur le plan national, il fut membre du comité directeur du Parti socialiste (1971-1975 et 1990-1992), délégué national aux finances locales (1985-1988). Attaché au « socialisme autogestionnaire », il s’était séparé du CERES de Jean-Pierre Chevènement en 1979, puis rapproché de Michel Rocard. Il quitta le PS avec la plupart de ses amis monsois en 1992 à la suite d’un désaccord portant sur l’abandon par le gouvernement de la réforme des impôts locaux. Il y revint en 2005, et durant le quinquennat du président Hollande participa par ses contributions techniques au débat sur les promesses non abouties de réforme fiscale.

Sa gestion municipale se distingua par des pratiques hors du commun inspirées de la logique autogestionnaire, comme le bénévolat des élus destiné à leur éviter les risque de la politique professionnelle, le non-cumul des mandats, la parité hommes-femmes, la représentation élue de la population de nationalité étrangère, le référendum local sur les orientations budgétaires de la ville, etc.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179702, notice WOLF Marc, François par André et Jeanne-Marie Caudron, version mise en ligne le 3 avril 2016, dernière modification le 4 avril 2016.

Par André et Jeanne-Marie Caudron

ŒUVRE : Les ascenseurs de la ZUP. Contrôle populaire et autogestion municipale, en collaboration avec Jacqueline Osselin, Cahiers François Maspero, 1979. — La Commune, son budget, ses comptes, avec René Dosière, Éditions ouvrières, 1990. — Nombreux articles dans diverses revues de finances publiques ou de fiscalité.

SOURCES : Entretiens de Marc Wolf avec les auteurs, janvier 2005-2016.

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