MOINEAU Guy

Né le 19 décembre 1920 à Niort (Deux-Sèvres), mort le 3 janvier 2014 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; ouvrier du cuir ; syndicaliste CGT, secrétaire général de l’Union départementale CGT de la Drôme (1958-1964), secrétaire général de la Fédération des Cuirs et Peaux (1964-1975), collaborateur confédéral (1976-1986) ; militant et élu communiste.

Guy Moineau était l’aîné d’une famille de quatre enfants dont les parents, Jean Moineau et Marie Chauveau, fervents catholiques, étaient épiciers. Élève de l’enseignement confessionnel, il suivit des études secondaires jusqu’à l’obtention du baccalauréat de philosophie en 1939. Il s’inscrivit ensuite au cours de théologie du grand séminaire de Poitiers (Vienne) dans le but de devenir prêtre. Toutefois, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale puis l’Occupation allemande l’entraînèrent à s’engager au sein des Forces françaises de l’intérieur avec lesquelles il participa, en tant que caporal-chef, aux combats de la région rochelaise à la fin de l’année 1944. À la Libération, après un passage de six mois par l’école militaire de Coëtquidan (Morbihan), il gagna la communauté dominicaine de Saint-Alban (Savoie) où il séjourna jusqu’en 1948. Le couvent comptait dans ses rangs plusieurs prêtres-ouvriers qui y effectuaient régulièrement des retraites. La trajectoire de Guy Moineau fut probablement marquée par cette perspective puisqu’à la même période, il délaissa la vie ecclésiale pour s’engager dans le monde ouvrier.

En 1949, il entreprit une formation d’ouvrier du cuir au sein de l’AFPA et il adhéra à la CGT. Il prit alors la direction de Romans-sur-Isère (Drôme) où il s’installa, comme « en mission » (selon les mots de Marcel Armand), au début des années 1950. Ouvrier dans l’industrie de la chaussure, il participa au côté de Pierre Juvin à renforcer l’action syndicale locale, notamment par la création d’une mutuelle des travailleurs et d’un journal syndical. À Romans, au sein du Mouvement de la paix, il rencontra Jeannine Bouvarel qui devint son épouse en 1951. Ancienne résistante des FTP-MOI, membre des bataillons « Carmagnole-Liberté », elle était employée des postes, militante communiste et cégétiste. En 1954, Guy Moineau adhéra au Parti communiste français et fut élu, en 1956, au conseil municipal sur une liste « d’Union ouvrière et démocratique ». Par-delà les revendications locales, ces années furent marquées par son engagement en faveur de la paix en Algérie. En 1958, il accéda aux fonctions de secrétaire général de l’Union départementale de la Drôme. Devenu permanent syndical, il se consacra pendant dix ans à ses fonctions interprofessionnelles avant de prendre, en 1964, la tête de la fédération CGT des Cuirs et Peaux, à Paris. Guy Moineau, son épouse et leurs trois enfants (Françoise, Jean-Pierre et Nicole) déménagèrent en Région parisienne et plus précisément à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Au cours de ses années de secrétaire général (1964-1975) puis de président (à partir de 1975) de la fédération, il connut à la fois les joies du mouvement de mai 1968, durant lequel il fut en première ligne, et la dépression économique d’un secteur d’activité qui subit de plein fouet les délocalisations d’entreprises au cours des années 1970.

En 1976, à 56 ans, en retraite anticipée, il intégra le secteur Promotion des cadres syndicaux de la confédération, au sein duquel il demeura jusqu’en 1986, année de son départ définitif en retraite. Pendant ces dix années, il fut l’adjoint d’André Allamy, secrétaire confédéral, chargé du secteur. À ce poste, Guy Moineau mobilisa, tout d’abord, sa grande expérience de la formation des responsables cégétistes. Intervenant régulier du Centre confédéral d’éducation ouvrière et de l’Institut de recherche marxiste, spécialiste du syndicalisme chrétien, il organisa plusieurs stages de formation pour les secrétaires généraux des organisations confédérées de la CGT, mais aussi la publication de brochures dédiées à la politique des cadres syndicaux. Il s’investit, ensuite, dans la gestion des reconversions militantes des permanents cégétistes arrivés en fin de mandat. Son attention au développement personnel de chaque militant et sa sensibilité aux problèmes humains laissa le souvenir d’un collaborateur particulièrement bienveillant et dévoué à ses pairs. Il accompagna près d’une centaine de syndicalistes vers une reprise d’études, une formation professionnelle ou un nouvel emploi. À ce titre, il suivit notamment le parcours des candidats cégétistes à la Troisième voie d’accès à l’ENA (1983-1986) créée par Anicet Le Pors. Après son départ en retraite, il continua de militer au sein de l’union locale CGT de Vitry-sur-Seine et de l’Institut d’histoire sociale CGT du Val-de-Marne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179723, notice MOINEAU Guy, version mise en ligne le 23 juin 2021, dernière modification le 23 juin 2021.

ŒUVRE : La CFDT, d’hier et d’aujourd’hui, Montreuil, Éditions de la VO, 1982

SOURCES : Archives du secteur confédéral CGT « Promotion des cadres syndicaux » (IHS CGT 399 CFD). – Hommage rendu par Philippe Gicquiaux à Guy Moineau, 2014. – Marcel Armand, Histoire de la bourse du travail de Romans et de ceux qui l’ont faite, UL CGT de Romans et UD CGT de la Drôme, 1982. – Nicolas Simonpoli, La Griffe Cégétiste. Une sociologie historique de la reconversion professionnelle des cadres syndicaux de la CGT (années 1970-2010), thèse de science politique, Université Paris-Nanterre, 2020 – Renseignement communiqué par Jean Sauvageon. – Entretien avec France Thomas, 2016. – Notes de Jean-Pierre Moineau, 2021.

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