VARGAFTIG Bernard

Par Jacques Girault

Né le 24 janvier 1934 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), mort le 27 janvier 2012 à Avignon (Vaucluse) ; professeur ; militant communiste ; poète.

Son père, négociant en vêtements, né en 1894 à Kiev (Russie), après avoir divorcé, devint après la Deuxième Guerre mondiale, représentant de commerce et fabriquant de petit matériel de sanitaires. Sa mère (née à Minsk, Russie), proche des socialistes russes, arrivée à l’âge de 17 ans en France, sans profession, était devenue commerçante à Toul (Meurthe-et-Moselle). Après avoir participé à la Résistance, divorcée, elle continua à exploiter son commerce. Bernard Vargaftig et sa famille se réfugièrent à Limoges (Haute-Vienne). Recueilli avec son frère à Buzançais (Indre), il fut très marqué par cette période de l’Occupation allemande et par l’action de la Résistance limousine. Elève des lycées de Toul et Poincaré (internat) de Nancy, il obtint le baccalauréat, puis la propédeutique lettres et le certificat d’études supérieures de littérature française à la faculté des lettres de Nancy. Il effectua, en partie à Nancy, vingt-quatre mois de service militaire avec le grade de brigadier.

Instituteur suppléant en 1959, membre du Syndicat national des instituteurs, il devint maître auxiliaire dans divers établissements d’enseignement technique court (dont Dombasle et Longwy de 1963 à 1968, où il fut titularisé). Il enseigna au collège d’enseignement technique de Laxou de 1968 à la fin des années 1980). Il fut alors détaché à mi temps puis complètement à la Direction régionale artistique et culturelle jusqu’à sa retraite en 1994. Il adhérait au Syndicat national de l’enseignement technique professionnel-CGT.

Membre de l’Union de la jeunesse républicaine de France depuis 1950, il adhéra au Parti communiste français le 17 juin 1951 à Nancy. Au milieu des années 1960, secrétaire de sa cellule et membre du bureau de la section communiste de Longwy où il habitait, il entra au comité de la fédération communiste en 1964 et fut membre de la commission des intellectuels. En 1970, devenu membre de comité de la fédération de Meurthe-et-Moselle-Sud, il ne fut pas réélu en 1984. Il quitta discrètement le PCF par la suite. En 2008, il s’installa à Avignon.

Bernard Varfagtif, alors étudiant, se maria en février 1956 à Nancy avec une étudiante de lettres, future enseignante, fille d’un employé. Le couple eut trois enfants et divorça. Il se remaria en mars 1963 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle) avec Bruna Zanchi, fille d’un maçon d’origine italienne, institutrice catholique qui adhéra plus tard au PCF. Elle l’aida dans son travail sur la poésie de langue italienne ou de dialecte. Ils eurent une fille.

Louis Aragon encouragea les débuts poétiques de Bernard Varfagtig au milieu des années 1950. Il le présenta avec cinq autres poètes en décembre 1965 au théâtre Récamier à Paris et il publia ses poèmes dans Les Lettres françaises tandis que paraissait en 1967 son recueil La véraison chez Gallimard. Par la suite, il composa régulièrement des recueils chez Flammarion (Orbe en 1980) ou Seghers (Description d’une élégie en 1975), mais aussi chez de petits éditeurs de poésies de l’hexagone (par exemple Artuyen ou la collection “Petite Sirène“ chez Messidor). Le plus souvent des illustrateurs, tels Marc Pessin ou Olivier Debré, apportaient leurs contributions et ses textes évoquaient les liens entre le travail du plasticien et la recherche poétique. Il traduisait des poètes étrangers, notamment italiens ou hongrois, secondés notamment par son épouse. Il publiait aussi dans des revues notamment Action poétique ou Europe dont il faisait partie des comités de rédaction. Quand le PCF créa l’hebdomadaire Révolution, il fut responsable de la chronique poétique qui occupa de moins en moins de place. Il présenta deux anthologies qui connurent une ample diffusion aux éditions “J’ai lu“, La Poésie des romantiques (1993) et Poésie de la Résistance (1994). Marqué par ses origines juives, curieux de la culture juive, mais non pratiquant, considéré comme le poète de l’enfance, il reçut le prix Jean Arp de la littérature francophone en 2008. Un colloque fut organisé en juillet 2008 à Cerisy sur son œuvre « Avec les poèmes de Bernard Vargaftig. L’énigme du vivant ». Sa fille écrivit le scénario d’un film qui lui était consacré, tourné par Valérie Minetto en 2008, Dans les jardins de mon père (Le Diable Vauvert). Il déposa ses archives à la bibliothèque littéraire Jacques Doucet.

Sa discrétion côtoyait son étonnement d’avoir survécu. Aussi Alain Nicolas titrait-il son article dans l’Humanité, le 2 février 2012, « l’aveu même d’être là ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179773, notice VARGAFTIG Bernard par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 avril 2016, dernière modification le 16 mars 2021.

Par Jacques Girault

ŒUVRES : Le fichier de la BNF en 2016 comprenait 71 références de ses propres écrits et de traductions.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Presse nationale. — Renseignements fournis par son épouse.

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