TRÉMI Joséphine [née TIXADOR Joséphine, Thérèse]

Par André Balent

Née le 2 juin 1882 à Corneilla-la-Rivière (Pyrénées-Orientales) ; institutrice des Pyrénées-Orientales ; militante socialiste SFIO et syndicaliste (SNI) ; conseillère municipale de Perpignan (Pyrénées-Orientales) de 1945 à 1947.

Manifestation du 14 juin 1936 à Perpignan
Manifestation du 14 juin 1936 à Perpignan
Joséphine Trémi, en tête de la délégation de la CGT. À sa gauche, Léon Sors*, avec le noeud papillon, secrétaire du SNI ; à sa droite, Fernand Berta, fils
Photo Argence, Perpignan. Collection André Balent.

Joséphine était la fille de Joseph Tixador cultivateur et de Françoise Clémens âgés tous deux de trente-sept ans en 1882.
Joséphine Tixador se maria le 7 février 1907 à Pollestres (Pyrénées-Orientales) avec Pierre, Dominique, Gaudérique Trémi, ouvrier agricole dans cette commune et fils d’agriculteurs propriétaires, Bernard, Dominique Trémi et Anne Bousquet.

Son mari avait eut un fils prénommé « Danton, Marat, Robespierre » (Pollestres, 3 juin 1905 ; Perpignan, 29 décembre 1972). Sa première épouse était décédée en couches et c’est un voisin qui avait donné ses prénoms au nouveau-né qui fut ensuite élevé par Joséphine Tixador.

Joséphine Tixador, épouse Trémi eut deux filles : Camille, Pierrette, Françoise (Pollestres, 30 juin 1908 – 6 mai 2001) et Andrée, Joséphine (Ponteilla, Pyrénées-Orientales, 9 juin 1914 – Perpignan, 7 octobre 1950), mère d’André Parent, né le 9 août 1936 à Perpignan qui fut archiviste municipal de Perpignan (1977-1997).

Institutrice des Pyrénées-Orientales, elle fut nommée à Pollestres en février 1909. En septembre 1910, elle fut mutée à Nyls, hameau de la commune de Ponteilla (Pyrénées-Orientales). Par la suite, elle poursuivit sa carrière à Perpignan. Directrice d’école, elle accéda à l’honorariat et reçut la médaille d’argent de l’enseignement lorsqu’elle prit sa retraite.

Elle adhéra au Parti socialiste SFIO en 1934. Elle milita dans les rangs de ce parti avant 1940 et après 1945.

Joséphine Trémi adhéra au SNI (CGT) dont elle fut une militante très active. D’après Aimé Delmas, elle fut membre du conseil syndical de la section des Pyrénées-Orientales du SNI (CGT) et l’était encore en 1938. Elle fit la grève du 30 novembre 1938 et fut sanctionnée par un blâme et une suspension de quinze jours de traitement. Elle fut membre de la CA de l’UD-CGT des Pyrénées-Orientales en 1933 et en 1935. Dans les années 1930, la montée du chômage attira son attention. À la fin de 1933, Antoine Carbou, du syndicat des ouvriers cuisiniers et pâtissiers, fit au Comité général de la Bourse du Travail de Perpignan la proposition de demander à la municipalité de Perpignan qu’elle cédât un local afin d’installer une « soupe populaire » et qu’elle fournît le combustible nécessaire à son fonctionnement. Cette proposition fut adoptée et les syndicats de la Bourse du Travail formèrent une commission afin de faire aboutir ce projet auprès des édiles perpignanais. Joséphine Trémi fit partie de cette commission qui comprenait en outre Antoine Carbou, Laurent Casse du syndicat des Métaux, Amédée Gardon, du syndicat des employés de commerce, Ayats, du syndicat des répétiteurs de collège, Dominique Raspaud, du syndicat des employés des PTT. Le 1er mai 1935, elle présida à Perpignan, en compagnie de Joseph Berta, secrétaire de l’UD-CGT, de Costes de la Fédération confédérée des fonctionnaires et employés des services publics concédés et du syndicat des professeurs d’école normale, de Berta-fils du syndicat CGT des employés des deux sexes, et d’André Parsal du syndicat des Agricoles de la CGTU, un meeting commun à la CGT et à la CGTU. Le 26 janvier 1937, elle fut élue administratrice de la Bourse du Travail de Perpignan et membre de la commission de propagande.

Après la Libération, elle reprit ses activités syndicales et politiques. En 1945, elle siégeait au conseil d’administration de la Fédération des retraités des Pyrénées-Orientales. En avril 1945, elle fut candidate aux élections municipales à Perpignan sur la liste d’Union patriotique et républicaine soutenue par le CDL et le PCF conduite par Félix Mercader. Elle fut élue conseillère municipale. Elle recueillit 14852 voix, arrivant en trentième position après Félix Mercader. Cette liste fut désavouée par la fédération départementale de la SFIO qui présenta une liste alternative..Par la suite, les socialistes élus sur cette liste réintégrèrent tous la SFIO. Joséphine Trémi siégea au conseil municipal de Perpignan jusqu’en octobre 1947, date du renouvellement général des conseils municipaux auquel elle ne prit pas part.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179898, notice TRÉMI Joséphine [née TIXADOR Joséphine, Thérèse] par André Balent, version mise en ligne le 14 avril 2016, dernière modification le 30 août 2022.

Par André Balent

Manifestation du 14 juin 1936 à Perpignan
Manifestation du 14 juin 1936 à Perpignan
Joséphine Trémi, en tête de la délégation de la CGT. À sa gauche, Léon Sors*, avec le noeud papillon, secrétaire du SNI ; à sa droite, Fernand Berta, fils
Photo Argence, Perpignan. Collection André Balent.

SOURCES : Arch. com. Corneilla-la-Rivière, acte de naissance. — Arch. com. Pollestres, acte de mariage. — L’Action syndicale, bulletin mensuel des syndicats confédérés des Pyrénées-Orientales 1935-1939. — Le Travailleur catalan, 6 février 1937, 21 avril 1945. — Francis Jampy, Mémoire de Pollestres, Saint-Estève, Les Presses littéraires, 1999, 301 p. [p. 226]. — Entretien avec Aimé Delmas, instituteur des Pyrénées-Orientales, Perpignan, 26 mars 1983. — Courriel de Marie-Christine Parent, arrière-petite-fille de Joséphine Trémi, 25 août 2022.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément