GLAZ Jacob et Isaak (frères). Pseudonyme de guerre : Alex et Émile.

Par Maxime Steinberg - notice réalisée en juillet 1990

Décédés en 1944. Ouvriers, militants communistes juifs, membres des Partisans armés.

Jacob Glaz, né à Lublin (Pologne) le 20 juillet 1920, arrive en Belgique à l’âge de dix ans. Avec son frère Isaak, son cadet de cinq ans, il fréquente à Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers) le Yask, le club sportif ouvrier juif animé par les communistes. Il travaille comme métallurgiste et Isaak comme ouvrier-fourreur.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l’Occupation, Jacob et Isaak Glaz continuent à militer dans le groupe des jeunes de la « Main d’œuvre immigrée » (MOI), organisation du Parti communiste belge (PCB) à Anvers. Les deux frères suivent leurs amis à Charleroi en juillet 1942 pour échapper à l’envoi dans le Nord de la France comme « travailleurs obligatoires » juifs. Avec les convocations au camp de rassemblement de Malines (Mechelen, pr. Anvers, arr. Malines) pour la « mise au travail » à l’Est, ils passent dans la clandestinité à Bruxelles. Leur ami, Abraham Nejszaten, d’Anvers également, les fait entrer dans le Corps des Partisans de Bruxelles où combat son frère, Szmul Nejszaten. Jacob Glaz prend le nom d’« Alex » et son frère, Isaak, celui d’« Émile », bientôt commandant de compagnie.

Lors de la réorganisation des formations partisanes dans la capitale belge vers l’été 1943, « Alex » Glaz passe sous les ordres d’Abraham, dit « Marcel », Nejszaten dans la XIIIe compagnie. Son frère, « Émile », commande alors la XIe. Tous deux sont personnellement recherchés par toutes les polices allemandes.

Au printemps 1944, le commandement national, décidé à reprendre en main le Corps des Partisans de Bruxelles par trop autonome, mute nombre de ses membres en province. Jacob, dit « Alex », Glaz est transféré à Andenne (pr. et arr. Namur) avec deux autres partisans dont Émile Luytenhove, promu commandant du Corps de Namur sous le nom de « Muller ». « Alex » est son adjoint dans cette fonction.

À Bruxelles, le frère de Jacob Glaz, Isaak, dit « Émile », dirige avec Szmul, dit « Jules », Nejszaten ce qui reste du Corps de Bruxelles après la vague d’arrestations de mars-avril 1944. Croyant à la présence d’un « mouchard » au sein du commandement national et lui attribuant le succès de la police SS, les « Bruxellois » rompent les relations avec celui-ci.
Aux environs de juin 1944, les « Namurois », « Alex » Glaz et « Muller » Luytenhove quittent leur exil forcé pour rejoindre les « Bruxellois ». « Muller » prend place, aux côtés d’« Émile » Glaz et de « Jules » Nejszaten dans le triangle de direction que Le Partisan et Le Drapeau rouge dénoncent publiquement comme « chefs » de la « dissidence » au début de juillet. Leur trace se perd après, ainsi que celle de Jacob, dit « Alex », Glaz. Les circonstances de leur mort demeurent une énigme. Même leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article179977, notice GLAZ Jacob et Isaak (frères). Pseudonyme de guerre : Alex et Émile. par Maxime Steinberg - notice réalisée en juillet 1990, version mise en ligne le 19 avril 2016, dernière modification le 10 février 2022.

Par Maxime Steinberg - notice réalisée en juillet 1990

SOURCES : STEINBERG M., L’Étoile et le fusil. La traque des Juifs 1942-1944, Éditions Vie ouvrière, Bruxelles, 1986 – Partisans armés juifs. 38 témoignages, Bruxelles, 1991.

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