BROCHARD Robert, Simon

Par Alain Dalançon

Né le 7 février 1914 à Pessines (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), mort le 4 août 1997 à La Rochelle (Charente-Maritime) ; instituteur ; militant du SNI ; militant du parti socialiste SFIO, du PSA puis du PSU.

Robert Brochard
Robert Brochard
Carte du CLD (archives familales)

Fils d’Ernest Brochard, agriculteur, Robert Brochard ne connut pas son père, tué à l’ennemi le 27 septembre 1915 à Tahure (Marne), alors qu’il était soldat de 2e classe au 81e Régiment d’infanterie. Il fut donc élevé avec sa sœur et ses deux frères par sa mère, qui ne se remaria pas, et devint secrétaire de mairie de 1920 à 1962, et par son oncle et sa tante. Pupille de la Nation, il poursuivit ses études après l’école communale de Pessines, à l’école primaire supérieure de Pons (Charente-Inférieure) et entra à l’École normale d’instituteurs de La Rochelle où il obtint le brevet supérieur.

Par tradition, sa mère l’envoya au catéchisme, il fut enfant de chœur et fit sa communion, mais se détacha complètement de la religion à l’âge adolescent et, comme tous ses camarades normaliens, fut par la suite un militant laïque anticlérical. Il effectua son service militaire à Rochefort-sur-Mer (Charente-Inférieure), se maria avec une institutrice, Eliette Renaud, qui décéda de la tuberculose assez jeune. Il fut nommé dans divers postes d’instituteur adjoint avant la déclaration de guerre.

Mobilisé en 1939, démobilisé à l’été 1940, il fut nommé à Corme-Royal en 1941 où il demeura en poste jusqu’en 1947. Il se remaria le 3 avril 1942 à Luchat (Charente-Maritime) avec Thérèse Guillet, institutrice, avec laquelle il eut deux filles et un garçon, devenus pour deux d’entre eux enseignants et pour la troisième rédactrice dans une mutuelle.

Dénoncé par le chef de la Garde civique de Pessines, le colonel Arnauld, Robert Brochard fut arrêté à Saintes le 16 octobre 1941 par les Allemands pour port d’une pièce de 25 centimes taillée en forme de V, sur laquelle il avait gravé “LEF“ (Liberté, Egalité, Fraternité). Selon le rapport du préfet à la FeldKommandantur de La Rochelle, une perquisition à son domicile amena la découverte de journaux gaullistes et communistes ainsi qu’une feuille de souscription en faveur de l’ « Espagne rouge ». Pour ces faits, Robert Brochard fut emprisonné durant un mois à la prison Lafond de La Rochelle.

Par la suite, il s’engagea dans le mouvement de résistance Libération Nord (carte 31158) et fit partie du Comité de libération communal de Corme-Royal et du Comité de libération départemental. Il fut remercié par le CDL en mai 1945 pour l’aide qu’il apporta aux réfugiés de Saujon fuyant les bombardements de la poche de Royan.

À la Libération, dès septembre 1944, Robert Brochard fut, au côté de Gaston Chauvet, militant des amis de l’École émancipée, un des principaux réorganisateurs du syndicalisme enseignant dans le département. Ils constituèrent un Syndicat départemental laïque avec trois sections, primaire (section départementale du Syndicat national des instituteurs auquel il avait adhéré avant-guerre), secondaire et technique, dont Robert Brochard fut élu trésorier en février 1945, chargé de la propagande et des jeunes. Cette situation dura jusqu’en 1948.

De 1947 à 1957, il fut directeur d’école à Varaize (près de Saintes) puis directeur de l’école Jules Ferry à Saintes, de 1957 à 1962, et termina sa carrière comme directeur de l’école Réaumur à La Rochelle, de 1962 à 1969.

Il siégea au conseil syndical de la section départementale du SNI ainsi qu’à la commission administrative de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale, de façon continue jusqu’à sa prise de retraite en 1969. Il fut également élu à la commission administrative paritaire départementale de 1947 à 1968. Dans les années 1950, il fut secrétaire adjoint de la SD/SNI au côté des secrétaires généraux, Jules Bonnin puis Maurice Mesmin, en se reconnaissant dans la majorité « autonome ».

Après la guerre, Robert Brochard militait également au Parti socialiste SFIO depuis 1947, mais le quitta en 1956, en désaccord avec la politique algérienne de Guy Mollet. Il milita ensuite au Parti socialiste autonome puis au Parti socialiste unifié. Adversaire résolu du « pouvoir gaulliste né du coup d’Etat du 13 mai 1958 », il participa de façon active à la constitution à Saintes d’un « Comité d’action pour l’Union des forces démocratiques » dont son camarade de parti, Jean Desmoulins, était le secrétaire, et fut candidat avec lui aux élections municipales, en 1959 à Saintes, sur une liste d’ « Union républicaine » présentée par le Parti communiste français, conduite par Joseph Bonnin, opposée à celle du maire sortant SFIO, André Maudet, qui fut réélu. Il se présenta au nom du PSU à l’élection cantonale Saintes-sud en juin 1961, où il devança le candidat SFIO. Aux élections législatives de 1962, il s’engagea de façon très active dans la campagne du candidat du PSU, son camarade Desmoulins, qui militait comme lui à la Ligue des droits de l’Homme. Il fut également candidat aux élections municipales à la Rochelle en 1965 sur une liste d’union de la gauche PCF-PSU, face à la liste FGDS de Michel Crépeau et celle de la majorité UDR. Mais il quitta le PSU en 1966.

Il ne s’entendit pas avec Gaston Crouail, le secrétaire de la SD/SNI dans les années 1960, et refusa toujours d’être élu à la Mutuelle générale de l’Éducation nationale.

Retraité, il fut durant dix années secrétaire de la section départementale de la Fédération générale des retraités de la Fonction publique et en était toujours président d’honneur à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17998, notice BROCHARD Robert, Simon par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 23 octobre 2014.

Par Alain Dalançon

Robert Brochard
Robert Brochard
Carte du CLD (archives familales)

SOURCES : Arch. Nat., 581/99, 119. — Arch. Mun. La Rochelle. — Bulletin des sections départementales du SNI et de la FEN. — Archives familiales. — Renseignement fournis par son fils. — Notes de Jacques Girault.

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