ZOCHETTO Albert, François, Michel, Joseph [ROBIN, pseudonyme de clandestinité]

Par André Balent

Né le 11 novembre 1906 à Céret (Pyrénées-Orientales), mort le 25 juin 1962 à Céret ; coiffeur à Céret ; militant communiste ; résistant.

Albert Zochetto était le second des quatre enfants de d’Albert, Marius, coiffeur, et de Marie-Thérèse Champru tous deux âgés de vingt-cinq ans en 1906. Son frère aîné, Rémy, était né le 1er octobre 1903 à Céret. En 1919-1921, il était apprenti pâtissier à l’hôtel Garreta de Céret qui accueillait certains des nombreux artistes qui fréquentaient la ville. Rémy Zochetto fut le modèle de Chaïm Soutine pour deux tableaux qui firent sa célébrité : Le pâtissier Rémy Zochetto (1919) et Le petit pâtissier (1921). Un autre frère, Michel, fut pendant la Seconde Guerre mondiale, l’un des nombreux « évadés de France » de Céret, ville frontalière, et interné en Espagne il rejoignit les forces françaises de l’Afrique du Nord. Albert eut également une sœur, Marie-Thérèse.

En 1932, Albert Zochetto était le secrétaire et le trésorier du rayon communiste de Céret qui, selon le préfet des Pyrénées-Orientales, regroupait sept cellules rassemblant 193 adhérents. Il était également secrétaire de la cellule communiste de Céret (vingt adhérents) (Voir aussi Matheu Férréol). Le commissaire spécial du Perthus (Pyrénées-Orientales), commentant dans un rapport au préfet l’état du PC en Vallespir et à Céret en 1932, écrivait : « Ce parti, dans notre secteur est en état de régression (…) 20 membres inscrits à Céret parmi lesquels des ouvriers maçons et agricoles, le recrutement des adhérents et la propagande n’ont abouti à aucun résultat ».

Résistant sans doute dès 1942-1943, membre du PC clandestin, Zochetto rejoignit le maquis 44 (Voir Mau) créé par l’AS devenu, du fait de la mise en place des structures unitaires de la Résistance à Céret et dans le Vallespir, un maquis commun à l’AS et aux FTPF. Ce maquis était établi dans les Hautes-Aspres au mas Cremat, près de Saint-Marsal, mais situé cependant sur le territoire de la commune voisine de Prunet-et-Belpuig. Zochetto fut cuisinier attitré du maquis 44 et continua aussi d’y exercer son métier de coiffeur.
À la Libération, Albert Zochetto reprit ses activités militantes au sein PCF. Il rompit avec lui, dans les années 1950, au moment où se développèrent les mouvements revendicatifs d’artisans et de commerçants impulsés par l’UDCA de Pierre Poujade. En dépit de ce désaccord passager, Albert Zochetto est resté par la suite un sympathisant du PCF.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180028, notice ZOCHETTO Albert, François, Michel, Joseph [ROBIN, pseudonyme de clandestinité] par André Balent, version mise en ligne le 23 avril 2016, dernière modification le 15 décembre 2018.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Pyrénées-Orientales, M (ancienne cote), versement du cabinet du préfet (13 septembre 1951), liasse 64 (Parti communiste, 1932-1933), avec plus particulièrement un rapport du commissaire spécial du Perthus du 15 juin 1932. — Arch. com. Céret, état civil, acte de naissance avec mention marginale. — Le Cri Cérétan], 17 octobre 1944. — André Balent, notice DBMOF, tome 43, 1993, p. 424. — Yves Duchâteau, La Mecque du cubisme 1900-1950, le demi-siècle qui a fait entrer Céret dans l’histoire de l’Art, Céret, Alter ego éditions, 2011, 361 p. — Ramon Gual, Jean Larrieu, Vichy, l’occupation nazie et la Résistance catalane, II b, De la Résistance à la Libération, Prades, Terra Nostra, 1998, p. 580, pp. 586-587, p. 590. P.. 831 (Michel Zochetto). Joséphine Matamoros (dir.), Soutine. Céret 1919-1922, catalogue de l’exposition du Musée d’Art moderne de Céret 24 juin-20 octobre 2000, Céret, 2000, 519 p. (en particulier, pp. 69-71, p. 375, p. 413). — Georges Sentis, Les communistes et la Résistance dans les Pyrénées-Orientales. Biographies, Lille, Marxisme/Régions, 1994, 182 p. [p. 153]. — Entretien avec Pierre Mau, Céret, 6 juillet 1984.

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