BRUSCHINI Don, Jacques [pseudonyme dans la Résistance : SINCENQ Jean-Claude]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 23 janvier 1913 à Viggianello (Corse), abattu le 13 août 1944 à Toulon (Var) ; ouvrier de l’État, puis débitant de boissons ; communiste ; réseau de renseignement F2, Combat, Mouvements unis de la Résistance (MUR)-Armée secrète (AS), chef de groupe franc (GF).

Toulon (Var), chemin Mon Paradis, plaque à la mémoire de Jacques Bruschini et Roger Sotgiu
Toulon (Var), chemin Mon Paradis, plaque à la mémoire de Jacques Bruschini et Roger Sotgiu

Fils de Mathieu et Marie Bruschini, ouvrier artificier de la Pyrotechnie de Toulon, marié avec Marguerite Lafond, père d’un enfant, Jacques Bruschini fut délégué d’atelier en 1938. Licencié en 1941 comme communiste, devenu patron de bar, il participa à l’une des antennes locales du réseau de renseignement franco-polonais F2 et probablement au mouvement Combat dès janvier 1942. Devenu responsable d’une dizaine de l’AS en 1943, il mit sur pied en 1944 le Groupe Franc Libération. Ce GF, très actif, eut des relations difficiles avec la direction des MUR du Var. Il obéissait plutôt au chef régional GF Frédéric Fourtoul, qui était toulonnais. Mais Jacques Bruschini reprit contact en 1944, parallèlement, avec le responsable cadre du Parti communiste, Maurice Claverie alias Paulus.

Le GF Bruschini entreprit de très nombreuses opérations dans la région toulonnaise, notamment entre juin et août 1944 : « récupérations », exécutions d’agents de la « Gestapo » et de membres du Comité de justice sociale (annexe du Parti populaire français), sauvetage d’un aviateur américain. Jacques Bruschini fut abattu par des soldats allemands avec l’un de ses hommes, Albert Sotgiu*, le 13 août 1944, chemin Mon Paradis (quartier des Arènes) à Toulon. Les Allemands laissèrent les deux hommes agoniser sur place plusieurs heures. La mort de Bruschini, poignante et héroïque, fut décrite dans un rapport de police rédigé le jour même.
La mention « Mort pour la France » lui a été attribuée d’abord par le commandant de la subdivision de Toulon en juillet 1945, puis confirmé par le secrétariat d’État aux Anciens combattants en octobre de la même année. Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 31 mars 1947. Une plaque à la mémoire des deux hommes fut apposée à cet endroit le 13 juillet 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180133, notice BRUSCHINI Don, Jacques [pseudonyme dans la Résistance : SINCENQ Jean-Claude] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 28 avril 2016, dernière modification le 12 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

Toulon (Var), chemin Mon Paradis, plaque à la mémoire de Jacques Bruschini et Roger Sotgiu
Toulon (Var), chemin Mon Paradis, plaque à la mémoire de Jacques Bruschini et Roger Sotgiu

SOURCES : Arch. dép. Var 37 J 11/10 n° 350 (fonds FFI). ⎯ Mémoire des Hommes SHD Caen DAVCC 21 P 35336 et Vincennes GR 16 P 95546 (nc).— La Liberté du Var 1er décembre 1944.— Jean-Marie Guillon, Le Var, la guerre, la Résistance 1939-1945, Nice, CRDP, 1984 (rééd. Toulon, CDDP, 1994) et La Résistance dans le Var, Aix-en-Provence, thèse d’Histoire, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1989.— Résistance Var n°47, décembre 2002.⎯ registre des décès Toulon (Arch. municipales 4 E 139).

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