BROSSOLETTE Gilberte [née BRUEL Gilberte]

Par Guillaume Piketty

Née le 27 décembre 1905 à Paris, morte le 18 février 2004 ; militante socialiste ; résistante ; épouse de Pierre Brossolette (1927) ; journaliste ; députée puis sénatrice ; militante du PSA puis du PSU.

[Assemblée nationale]

Fille d’un banquier, Gilberte Bruel passa son enfance dans une famille catholique pratiquante qui lui fit faire ses études à l’Institut Sainte-Clotilde. À partir de l’automne 1923, elle fréquenta la Sorbonne, où elle était étudiante en histoire et géographie quand, le 20 juillet 1926, elle épousa Pierre Brossolette*. Ils eurent deux enfants : Anne (née le 5 avril 1927 ; Da Silva Branco) et Claude (né le 5 mars 1928, inspecteur général des finances, directeur du Trésor, secrétaire général de la Présidence de la République en 1974-1976, président-directeur général du Crédit Lyonnais de 1976 à 1982). Gilberte Brossolette partagea l’engagement socialiste de son mari et l’aida dans son action militante dans le département de l’Aube.

Après la défaite de 1940 et l’occupation allemande, Gilberte Brossolette s’engagea dans la Résistance aux côtés de son mari. Elle transforma leur librairie-papeterie de la rue de la Pompe, à Paris (XVIe arr.), en « boite-aux-lettres », et y accueillit un certain nombre de résistants de passage. En juillet 1942, suite à deux perquisitions allemandes à leur domicile, elle gagna, avec ses deux enfants, Londres d’où Pierre Brossolette accomplissait de périlleuses missions vers la France. Parti pour la troisième d’entre elles à l’automne 1943, il ne revint pas. À Londres, jusqu’à la fin de la guerre, Gilberte Brossolette fut chargée de la liaison entre la France combattante et la BBC

La paix rétablie, Gilberte Brossolette se partagea entre l’action politique dans les rangs socialistes et le journalisme. Elle siégea dans de nombreuses assemblées : Assemblée consultative provisoire (1944-1945), assemblée constituante (1946), Conseil de la République puis Sénat (comme représentante de la Seine, décembre 1946-juin 1958), où elle fut vice-présidente (1946-1954). Entrée à la Radiodiffusion française en 1944, elle y fut responsable des émissions féminines jusqu’en 1946. Elle revint à la Radiodiffusion en 1958 et y fut attachée au service international, avant d’accepter un congé spécial en août 1968. Gilberte Brossolette quitta le Parti socialiste SFIO pour le Parti socialiste autonome (PSA) en 1958 et appartint au Parti socialiste unifié (PSU) dès 1960 sans y occuper de fonction dirigeante. Elle fut élève de l’École du Louvre de 1968 à 1972.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18018, notice BROSSOLETTE Gilberte [née BRUEL Gilberte] par Guillaume Piketty, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 novembre 2008.

Par Guillaume Piketty

[Assemblée nationale]

ŒUVRE : Il s’appelait Pierre Brossolette, Paris, Albin Michel, 1976, 284 p. — Souvenirs personnels.

SOURCES : Le Populaire dimanche, 24 mars 1957 — Henry Coston, Dictionnaire de la politique française, Paris, 1967, t. 1. — Who’s who, 1979-1980. — Entretien de Gilberte Brossolette avec Guillaume Piketty, le 30 juillet 1995. — DPF, 1940-1958.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément