BROUCXAU Marcel, Eugène dit Lafont

Par Daniel Grason

Né le 3 janvier 1926 à Liévin (Pas-de-Calais), mort le 5 août 1944 à Neuengamme (Allemagne) ; employé de banque ; militant des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP) ; résistant FTP.

Marcel Broucxau.
Marcel Broucxau.

Fils d’Alexandre Broucxau, houilleur, et d’Eugénie Leprêtre, sans profession, Marcel Broucxau, dernier de quatre enfants, vivait chez ses parents 27 route de Saint-Denis (Stalingrad) à Bobigny (Seine, Seine-Saint-Denis). Il alla à l’école primaire, puis fréquenta le cours complémentaire de Bondy. Il eut le contact avec la résistance dès 1942. Depuis le 8 février 1943 il exerçait la profession d’employé de banque à la succursale de la Société Générale 24 boulevard Barbès à Paris (XVIIIe arr.). En octobre 1943, il assista avec trois autres jeunes militants de Bobigny à une séance de cinéma au Kursaal. Un militant probablement venu de Paris prit la parole au cours de l’entracte, il lança un appel à la résistance aux spectateurs en renforçant les Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Les quatre militants assurèrent la protection et la fuite de l’orateur.

Des inspecteurs de la BS1 des Renseignements généraux furent chargés de l’enquête, Marcel Broucxau fut interpellé le 22 janvier 1944 au métro Barbès proche de la Société Générale où il travaillait. Il portait sur lui un document où figuraient les noms de militants. Tous les quatre furent inculpés d’infraction au décret du 26 septembre 1939. L’enquête fit apparaître que Broucxau était l’organisateur et qu’il était chargé de la diffusion de la propagande du parti communiste à Bobigny. Il comparut le 27 avril devant la section spéciale de la Cour d’appel de Paris. La Cour estima qu’il était un « mineur ayant agi sans discernement ». Il fut acquitté et confié à ses parents « sous le régime de la liberté surveillée » jusqu’à sa majorité.

Une enquête concernant une autre affaire impliquant six FTP qui furent condamnés à mort et passés par les armes au Mont-Valérien allait changer dramatiquement le destin de Marcel Broucxau. L’un d’entre eux sévèrement tabassé lâcha son nom et son numéro de matricule D.353, il indiqua que c’était lui qui le présenta au commissaire régional aux effectifs. Marcel Broucxau regagna sa cellule, interrogé par des policiers des brigades spéciales, il fut tabassé lors d’un interrogatoire, il déclara qu’avant la guerre, il ne faisait pas de politique.

Le 3 mai les autorités allemandes venaient le chercher, l’interrogèrent, fut-il soumis à la torture ? Très probablement. Incarcéré à la prison de la Santé, puis à Fresnes, il était déporté le 15 juillet 1944 au départ de Compiègne à destination de Neuengamme (Allemagne), les 1202 hommes déportés plus 326 personnalités otages arrivèrent le 18 juillet. Matricule 6602, très affaibli, Marcel Broucxau âgé de de 18 ans y mourut le 5 août 1944.

Une plaque porte son nom dans la mairie de Bobigny aux côtés d’autres déportés de la ville et dans l’enceinte du cimetière communal. Il reçut le grade de sergent FFI à titre posthume et le titre de déporté résistant en 1955. Une rue de Bobigny porte son nom depuis juillet 1947. Son père Alexandre Broucxau fut conseiller municipal communiste de Bobigny de 1945 à 1965. Marcel Broucxau a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF) et Déporté interné résistant (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18025, notice BROUCXAU Marcel, Eugène dit Lafont par Daniel Grason, version mise en ligne le 21 octobre 2015, dernière modification le 11 novembre 2017.

Par Daniel Grason

Marcel Broucxau.
Marcel Broucxau.

SOURCES : Arch. PPo. BA 2056, carton 8 activités communistes pendant l’Occupation, GB126 BS1. – Transmis par Gilles Morin Arch. PPo. 1W 0284 et 1W 1357. – Dossier au secrétariat d’état aux anciens combattants (notes de Jean-Pierre Besse). – Bureau Résistance GR 16 P 92958. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. – AMRN 93, Résistantes et résistants en Seine Saint-Denis, un nom, une rue, une histoire, éditions de l’Atelier, 2004. – Site Internet GenWeb. — État civil.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 144 cliché du 26 janvier 1944.

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