BASTIDON Marius, Louis

Par Claude Pennetier, Dominique Tantin, Jean-Marie Guillon

Né le 3 janvier 1894 à Mondragon (Vaucluse), mort des suites de ses blessures le 25 août 1944 à l’hôpital de Buis-les-Baronnies (Drôme) ; agriculteur, transporteur, marchand de bestiaux ; radical socialiste ; Front national, Armée secrète (AS).

La biographie de Marius Bastidon est connue grâce au travail de l’association des Amis d’Antoine Diouf-Albin Durand. Fils d’Étienne Martial cultivateur, et de Marie Sylvie Dupoux, sans profession, quatrième de sept enfants, Marius Bastidon fit sa scolarité à Mondragon avant de suivre la lignée familiale en travaillant la terre à Sarrians (Vaucluse) où sa famille était venue s’établir avant la guerre de 1914. Mobilisé le 9 septembre 1914 au 38e régiment d’artillerie de campagne de Nîmes (Gard), affecté le 24 juillet 1915 comme 2e canonnier conducteur à la 44e batterie en Argonne, il fit ensuite la guerre en Champagne, affecté de décembre 1915 à mai 1916 à La Butte-du Mesnil, près de Suippes (Marne), puis fut envoyé dans la Somme, à nouveau dans la Marne, ensuite dans l’Oise et l’Aisne. Il rejoignit le 22e régiment d’artillerie coloniale le 1er avril 1917 à Verdun (Meuse). Cité à l’ordre de l’armée comme un « brave canonnier, dévoué et courageux », il fut décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze le 19 novembre 1918. Démobilisé le 9 mai 1919, reprenant le travail des champs, il se maria avec Marthe Faraud à Sarrians le 8 juillet 1919. Il fut à nouveau mobilisé du 2 septembre au 13 novembre 1939 au dépôt du Génie n°7 à Avignon (Vaucluse). Militant du parti radical-socialiste, il était lié d’amitié avec le paysan communiste Albin Durand (voir ce nom). Avec lui, il entra tôt dans la Résistance en mettant sur pied avec Durand et le socialiste Émile Arnoux d’Aubignan (Vaucluse) un comité local du Front national. Marius avait réorienté son activité vers le transport et la vente de bétail. Il possédait un camion qui se révéla précieux lorsqu’il fallut ravitailler, toujours avec Albin Durand, les maquis de la région, en particulier le maquis Ventoux (AS) ou acheminer des réfractaires. Il leur arrivait de monter ensemble au maquis pour des réunions entre organisations. Les deux amis furent critiques à l’égard de l’organisation du Maquis Ventoux, reprochant des imprudences, une certaine désorganisation mise sur le compte de cadres rentrant chez eux et ils envisageaient de transférer des maquisards chez les Francs-tireurs et partisans (FTP) ou au maquis Vasio, lié au Maquis Ventoux, mais jouissant d’autonomie. Muni d’un laisser-passer, Marius Bastidon pouvait se déplacer et allait jusqu’à Marseille. Il servait aussi d’agent de liaison. Il continua son activité après la mort tragique de son ami et c’est en effectuant une liaison qu’il fut tué le 20 août 1944, lors des combats de la Libération. Il était ce jour-là en moto avec un autre résistant, Henri Clop, et portait des documents aux Américains en train d’avancer. Il s’agissait d’un plan destiné à éviter le bombardement du pont stratégique de Cavaillon sur la Durance. La moto fut prise sous le feu allemand en traversant le village de Bédoin (Vaucluse), avenue Barral des Baux. Marius Bastidon fut grièvement blessé. Transporté le lendemain en camionnette à l’hôpital de Buis-les-Baronnies par Henri Clop qui, lui aussi, avait été blessé, il décéda trois jours après. Ses obsèques eurent lieu à Sarrians le 26 août avec les honneurs militaires rendus par les résistants du Maquis Ventoux et des FTP, en présence d’une foule venue de tous les villages des alentours. Le comité local de Libération, réuni le même jour, se place sous la présidence d’honneur d’Albin Durand et de Marius Bastidon. La délégation municipale décida le 9 septembre de donner son nom à l’avenue Notre-Dame. Une plaque à sa mémoire fut apposée sur la place de Bédoin. Homologué comme lieutenant à titre posthume, il reçut la mention « Mort pour la France ». Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Sarrians.
Son beau-frère, Lucien Faraud (voir ce nom), résistant lui aussi dès 1942 avec Marius Bastidon, avait été tué à Sarrians le 1er août 1944.
Sa fille, Léone dite Lilette, née en 1924, participait elle aussi au ravitaillement du maquis Ventoux et servait comme agent de liaison jusqu’à la menace d’une arrestation par les Allemands. Par précaution, Marius Bastidon mit alors sa femme et ses filles à l’abri. Lilette et sa mère se réfugièrent à Sault (Vaucluse) où Lilette continua dans la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180317, notice BASTIDON Marius, Louis par Claude Pennetier, Dominique Tantin, Jean-Marie Guillon , version mise en ligne le 3 mai 2016, dernière modification le 21 avril 2020.

Par Claude Pennetier, Dominique Tantin, Jean-Marie Guillon

SOURCES : site internet Mémoire des hommes SHD Vincennes GR 16 P 37311 et Caen AC 21 P 15242. ⎯ Amis d’Antoine Diouf-Albin Durand (les), Sarrians, 1er août 1944. Un village dans la tourmente, Sarrians, ADAD édition, 2016, p. 124-132. ⎯ Association des amis du Musée de la Résistance et de la Déportation, La mémoire gravée. Monuments, stèles et plaques commémoratifs de la Seconde Guerre mondiale dans le département de Vaucluse, Fontaine-de-Vaucluse, Musée d’Histoire, 2002, p. 23. ⎯ Patrick Martin, La Résistance dans le département de la Drôme, 1940-1944, thèse Université Paris IV Sorbonne, 2001, base de données noms. — Archives remises à l’AERD par le fils d’André Vincent-Baume, puis déposées aux Arch. Dép. Drôme. — . Cdt Pons, De la Résistance à la Libération, rééd. 1987, p. 267. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 413. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 37311 et Caen AC 21 P 15242 (nc).⎯ état civil.

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