BROUSSE Georges

Par Claude Pennetier, Jacques Girault

Né le 15 octobre 1909 à Larrazet (Tarn-et-Garonne), mort le 26 juillet 1975 à Revel (Haute-Garonne) ; professeur ; député socialiste du Tarn-et-Garonne (1945-1946).

Georges Brousse chez lui 9 Boulevard Brune à Paris.

Fils de Bernard Brousse boulanger, et de Jeanne Delrival, sans profession, Georges Brousse fréquenta l’école primaire de Larrazet puis fut lycéen à Montauban. Bachelier en 1928, il poursuivit ses études en première supérieure à Toulouse. Inscrit à la faculté des lettres de la ville, licencié en 1930, il séjourna deux années à Madrid dont une, sans doute surveillant au lycée français de la ville. Délégué pour l’enseignement de l’espagnol en 1931 au lycée de Bordeaux (Gironde), reçu en 1932 à l’agrégation d’espagnol, il obtint un poste de professeur au lycée d’Angoulême (Charente).

Militant des Jeunesses socialistes SFIO depuis 1933, Georges Brousse adhéra à la section socialiste SFIO de Castelsarrazin (Tarn-et-Garonne). Après son service militaire dans l’artillerie comme soldat de 2e classe, en congé d’inactivité, il envisagea d’être candidat aux élections législatives de 1936 en Tarn-et-Garonne. Il parvint à être choisi comme candidat socialiste SFIO aux élections législatives du 26 avril 1936 dans la circonscription de Moissac-Castelsarrazin. Mais selon les archives de la fédération socialiste, des irrégularités furent constatées dans les sections les plus importantes. Il se maria le 19 août 1936 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) avec Marie, Jeanne Alphand. Son épouse devint institutrice suppléante. Le couple eut un fils.

Nommé censeur au lycée de Tarbes (Hautes-Pyrénées) en 1937, Georges Brousse fut mobilisé en septembre 1939 comme interprète de la compagnie de travailleurs espagnols. Fait prisonnier, le 6 avril 1940 à Dunkerque, en captivité au Stalag XVIII A, rapatrié le 15 juin 1945, il tenta de s‘évader et obtint la médaille des évadés.

Il devint proviseur du lycée d’Angoulême à la Libération. Candidat aux élections de l’Assemblée constituante, choisi au détriment du secrétaire fédéral Raoul Exquerra, Georges Brousse fut élu député socialiste SFIO du Tarn-et-Garonne aux deux Assemblées constituantes (1945-1946) ; il siégea aux commissions des affaires étrangères puis à la commission des finances et fut juré de la Haute-Cour de justice. Non réélu le 10 novembre 1946, le 11 novembre, il demanda sa réintégration et en janvier fut nommé proviseur du lycée d’altitude de Briançon (Hautes-Alpes) qu’il dirigea de janvier 1947 à décembre 1949.

A Briançon, Georges Brousse devint le président cantonal des combattants de la Paix et de la Liberté. A ce titre, il participa, le 1er octobre 1949, à une manifestation interdite de « vote pour la paix » avec organisation de la consultation sur le marché. Le lendemain, lors d’une réunion au cinéma de Briançon, il critiqua le gouvernement et le ministre de l’Intérieur Jules Moch. En dépit de l’interdiction préfectorale, il prit la tête d’une manifestation suivie du dépôt d’une gerbe. Le préfet demanda sa suspension. Convoqué par l’Inspecteur d’Académie, il déclara, selon le rapport de l’inspecteur, « Je suis plus fier de la ligne de conduite que je suis actuellement que de celle que suit Moch ». Le recteur prenant connaissance de la situation lui conseilla de demander sa mutation ce qu’il refusa car ce serait, selon lui, reconnaître sa culpabilité. Une pétition de soutien fut signée par tout le personnel du lycée et Brousse, dans une lettre ouverte, dans Le Travailleur alpin, le 29 octobre 1949, accusa le préfet de « violation flagrante de la liberté de parole ». Mais les parents d’élèves et la commission administrative paritaire nationale des chefs d’établissements approuvèrent l’administration qui estima, le 3 novembre 1949, que la déclaration publique de Brousse était « une faute grave ». Il démissionna de la SFIO le 9 mars 1950.

Finalement, Georges Brousse dut reprendre un poste de professeur. Le directeur de l’enseignement secondaire du Ministère le nomma au lycée Janson de Sailly à Paris avec, dans son service, la classe de Première supérieure à partir de janvier 1950. Conseiller pédagogique en 1958, membre du jury du concours du centre national d’études judiciaires à partir de 1961, il prit sa retraite en 1970.
Signalé comme membre du Mouvement de la Paix, Georges Brousse, ayant abandonné l’activité politique, se consacra à des travaux littéraires et à des traductions d’œuvres théâtrales espagnoles (Fernando de Rojas, Tierso de Molina) jouées dans diverses salles de province (festivals, Tréteaux de France), collaborant avec divers metteurs en scène (Morvan-Lebesque, Roger Kahane). Il rédigea aussi des manuels pour l’enseignement commercial en espagnol chez Masson et Nathan.


Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18033, notice BROUSSE Georges par Claude Pennetier, Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 22 novembre 2020.

Par Claude Pennetier, Jacques Girault

Georges Brousse lors de son mariage avec Marie Jeanne Alphand.
Georges Brousse chez lui 9 Boulevard Brune à Paris.

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/8927, F17 30043. — OURS, fédération du Tarn-et-Garonne. — DPF, 1940-1958, tome 2, La Documentation française, 1992. — Notes de André Caudron et de Gilles Morin. — État civil. — Sources familiales.

Œuvre : le fichier de la BNF comportait 14 références en novembre 2000.

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