VER Antonin [VER Frédéric, Antonin]

Par Jacques Girault

Né le 11 juillet 1904 à Lafrançaise (Tarn-et-Garonne), mort le 3 janvier 1997 à Villebrumier (Tarn-et-Garonne) ; instituteur dans le Tarn-et-Garonne ; militant du SNI ; militant radical-socialiste ; maire de Lafrançaise, conseiller général, député du Tarn-et-Garonne.

Fils de Jean-Baptiste Ver, cordonnier devenu facteur des postes, maire de Lafrançaise, Antonin Ver reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de l’école primaire supérieure de Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne), il entra à l’École normale d’instituteurs de Montauban en 1921 où il eut Marcel Guerret comme professeur de sciences. A sa sortie, il effectua son service militaire jusqu’en 1927 pendant lequel il participa aux actions militaires en Syrie. Il obtint le certificat d’aptitude pédagogique pendant sa première année d’enseignement. Il travailla dans diverses communes avant d’être nommé instituteur à l’école mixte de Saint-Loup, dans le canton d’Auvillar. Il fut secrétaire de mairie pendant quatre années.

Antonin Ver se maria religieusement en avril 1931 à Sistels (Tarn-et-Garonne) avec une commerçante en photographie. Leurs deux enfants reçurent les premiers sacrements catholiques.

Antonin Ver, adhérent depuis 1922 au syndicat, milita par la suite au Syndicat national (CGT) puis au Syndicat national des instituteurs après la fusion avec le Syndicat unitaire. Il fut gréviste le 12 février 1934 et participa aux campagnes antifascistes et pacifistes du SNI. Pendant la guerre d’Espagne, solidaire des Républicains, il achemina des armes vers Irun. Il fit partie du conseil d’administration départemental de la Mutuelle assurances automobiles de Instituteurs de France et le demeura après la guerre.

Antonin Ver, sous l’influence de Marcel Guerret, adhéra au Parti socialiste SFIO en 1922. Il créa et devint secrétaire de la section socialiste de Valence-d’Agen.

Pendant la guerre, Antonin Ver, mobilisé comme sous-officier de Chasseurs pyrénéens (septembre 1939-juillet 1940), eut une activité dans la Résistance (sous le pseudonyme “Nito“) à la tête d’un maquis, comme responsable de la 13eme compagnie de l’Armée secrète dans le secteur de Valence-d’Agen. Il quitta le Parti socialiste SFIO en1945 quand Guerret fut exclu du Parti.

Veuf, Antonin Ver se remaria en août 1946 à Montauban avec une agent du service comptable du ravitaillement général qui devint enseignante par la suite.

Antonin Ver, d’abord, maître d’application permanent, dirigea l’école primaire d’application Saplac à Montauban. Plus tard, il fut nommé directeur du collège d’enseignement général de Montauban.

Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI, Antonin Ver était aussi le correspondant dans le département des éditions SUDEL, créées par le SNI. Partisan de la majorité « autonome » du SNI, il devint le secrétaire général de la section départementale en 1953. Instituteur au hameau de Gardonnet par Saint-Hilaire-de-Brethmas, il conserva cette responsabilité jusqu’en 1958 et fut chargé des bulletins syndicaux.

Parallèlement, Antonin Ver, après le décès de son père en juin 1956, élu conseiller municipal, devint maire de la commune et le resta jusqu’en 1971. Comme maire, il créa un corps des sapeurs-pompiers de la commune, présida des syndicats cantonaux d’électricité du Bas-Quercy à la fin des années 1950 et le syndicat des Eaux.
 Candidat « d’union des Gauches », élu conseiller général en mai 1960 après le décès du conseiller, il fut réélu en 1961 partisan dans sa profession de foi du « rétablissement de la paix en Algérie par l’autodétermination », se présentant comme défenseur de la laïcité. Réélu en 1967 et en 1973, il fut battu comme « radical de gauche » en 1978. A la fin des années 1960, il présidait le conseil d’administration de la société Tagalomin (marché d’intérêt national) à Montauban.

Après le décès de Jean Baylet, Antonin Ver fut candidat « radical-socialiste » aux élections législatives de 1962 dans la deuxième circonscription. Le député sortant de droite se représentait. En l’absence de candidat socialiste SFIO, Ver arrivait en tête au premier tour de scrutin avec 14 295 voix sur 56 853 inscrits. Bénéficiant du désistement des candidats communiste et du Parti socialiste unifié, il l’emportait nettement au deuxième tour avec 25 820 voix. Présenté par la Préfecture comme « opposant irréductible au gouvernement », devenu candidat de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, il conservait son siège en 1967 (18 903 voix sur 57 486 inscrits et 27 352 voix au deuxième tour) et en 1968 (17 022 voix sur 57 215 inscrits et 23 561 voix). En 1972, malgré la candidature d’un socialiste dissident, il conserva son siège comme radical de gauche (11 881voix sur 60 812 inscrits et 26 619 voix). En 1978, il ne fut pas candidat.

Le nom de son père fut donné à l’école primaire de Lafrançaise au début du mandat de maire de son fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180450, notice VER Antonin [VER Frédéric, Antonin] par Jacques Girault , version mise en ligne le 7 mai 2016, dernière modification le 16 mars 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/706, 19770359/22, 19780654/55 et 77, 19830172/69, 19890523/9. — Archives de l’Assemblée nationale. — Mairie de Lafrançaise. — Presse syndicale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Gilles Morin.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément