VERNER Gérard [VERNER Luc, Gérard]

Par Gérard Boëldieu, Jacques Girault

Né le 20 juin 1929 à Paris (XIVe arr.), mort le 30 mai 1957 à Paris (XVe arr.) ; professeur ; militant du PCF ; militant du Mouvement de la paix dans la Sarthe.

Ses parents, athées, divorcèrent en 1933. Sa mère, Jeanne Netter, licenciée en droit, était traductrice d’allemand. Son père Maurice Verner, ingénieur électricien, licencié en droit, travaillait aux usines Gnôme et Rhône comme dessinateur projeteur en 1939. Il se remaria avec Emilie Kahane (voir Emilie Morin) en juillet 1939 à Paris (XVe), sœur du communiste Ernest Kahane. Après la guerre, il devint ingénieur à la SNECMA, boulevard Kellerman à Paris, jusqu’à son décès en 1950. Gérard Verner (prénommé souvent Luc-Gérard) avait été élevé par la deuxième épouse de son père. Avec elle, il aida des militantes communistes à s’évader du camp de Brens (Tarn). Il effectua ses études secondaires à Gaillac (Tarn). Reçu à la première partie du baccalauréat dans l’académie de Toulouse, à la deuxième partie (option mathématiques) à Paris, il commença ses études d’histoire à la Sorbonne en 1947 jusqu’au diplôme d’études supérieures (juin 1950) dont le mémoire principal portait sur « Les mouvements ouvriers de 1908 dans la région parisienne ». Il adhéra aux Jeunesses communistes et au Parti communiste français. II participa au Festival mondial de la Jeunesse à Prague en 1947 dans la délégation des étudiants communistes.

Après avoir échoué à l’agrégation d’histoire en 1951, il fut sous-admissible en 1952, et reçu en 1953. Réformé en juillet 1954, au début de son service militaire, il fut nommé professeur agrégé d’histoire au lycée de garçons du Mans (Sarthe), où il enseigna de 1953 à 1955. Si son érudition était mentionnée, il n’en était pas de même pour « asseoir son autorité ». Il était encouragé dans son projet d’accéder à l’enseignement supérieur.

Responsable du « comité sarthois contre le réarmement allemand », il prit l’initiative de faire signer un appel aux parlementaires pour se dresser contre toute armée européenne et contre le réarmement allemand, appel paru dans Le Maine Libre du 24 novembre 1953, répercuté dans l’Humanité dimanche de novembre 1953. Outre Verner, parmi les vingt-et-un premiers pétitionnaires, se trouvaient huit enseignants : les directeurs d’école Raymond Adelet (ancien déporté à Mauthausen) et André Dompeyre, Mme Guyon, institutrice au Mans, Gaston Bourlier, ancien instituteur et syndicaliste, défenseur de l’école laïque, Jacques-Fernand Cahen, professeur d’anglais au Prytanée de La Flèche , Paul Dupont, professeur de mathématiques au lycée de garçons du Mans, P. Guillotin et Georges Jean, professeurs à l’École normale d’instituteurs du Mans, Robert Collet, ancien professeur du technique. Les autres étaient deux ouvriers, des membres de professions agricoles, de professions libérales et commerciales. Les signataires appartenaient à diverses formations politiques, le Mouvement de Libération du Peuple (son animateur Fernand Vesque), la Jeune République (Jacques-Fernand Cahen), le PCF (Mme Renée Guédou, mère d’un jeune résistant fusillé, l’ingénieur Maurice Lefebvre, le docteur Henry Lelièvre, installé depuis peu au Mans). On notait aussi la présence de personnalités locales de la SFIO, opposées à la politique prônée par Christian Pineau, en faveur de la Communauté européenne de défense : l’ancien maire socialiste du Mans de 1945 à 1947, conseiller municipal, Robert Collet, l’électricien à la RNUR, Camille Guyon, époux de l’institutrice signataire, ancien conseiller municipal, toujours membre de la commission exécutive fédérale. Le bâtonnier de l’ordre des avocats du Mans, maître Maurice Chaumont, conseiller municipal, futur président du Mouvement de la paix dans la Sarthe, avait déjà pris des distances avec la SFIO. Deux grandes figures du monde agricole sarthois signèrent : le cultivateur Alexandre Mauger, maire et conseiller général avec l’étiquette socialiste indépendant, pilier du Mouvement de la paix dans la Sarthe, Lucien Chaserant, directeur des puissantes organisations agricoles sarthoises, proche des radicaux.

Le secrétaire de la fédération socialiste SFIO s’inquiéta de cette initiative par lettre à la direction du Parti socialiste SFIO, le 21 décembre 1953.

Gérard Verner fut nommé aux lycées de Chartres (Eure-et-Loir) en 1955-1956 où le proviseur notait ses progrès, « une méthode tout à fait au point » et son dévouement pour les élèves. Il obtint sa mutation pour le lycée de Versailles (Seine-et-Oise) en 1956-1957. Il commença des recherches pour une thèse sous la direction d’Ernest Labrousse sur les grèves des terrassiers de Vigneux de 1908.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180494, notice VERNER Gérard [VERNER Luc, Gérard] par Gérard Boëldieu, Jacques Girault, version mise en ligne le 8 mai 2016, dernière modification le 16 mars 2021.

Par Gérard Boëldieu, Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/26693/A. — Arch. Dép. Sarthe : 1278 W 337, Mouvement de la paix contre le réarmement allemand (rapports des RG). — OURS, fédération socialiste de la Sarthe. — OURS, fédération socialiste de la Sarthe. — Le Maine Libre, 24 novembre 1953. — Michel Rosier, Vie politique et sociale de la Sarthe sous la IVe République (1944-1958), Paris, L’Harmattan, p 343. — Gérard Boëldieu, « À l’origine du comité Audin : Jacques-Fernand Cahen », in, dirigé par Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault, La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, Paris, Éditions Autrement, 2008, pp 265 à 269. — Renseignements fournis par la famille. — Note d’Alain Dalançon.

iconographie : https://www.geni.com/people/Gerard-Luc-Verner/5083567166000110255

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