VEYRIER Marcel

Par Jacques Girault

Né le 15 décembre 1920 à Baurains (Pas-de-Calais), mort le 27 juin 2002 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) ; instituteur puis journaliste ; militant communiste en Gironde puis à Paris ; résistant ; déporté.

Fils d’un métreur vérificateur, expert en bâtiment, trésorier fédéral de l’Association républicaine des anciens combattants dans les Landes et d’une militante de l’Union des femmes françaises après 1944, Marcel Veyrier, élève au lycée de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), obtint le baccalauréat (série Philosophie). Il devint instituteur intérimaire (Capbreton, Herm, Tarnos-forges) et commença des études de Droit.

Adhérent aux Jeunesses communistes en 1937, il entretint des rapports avec des communistes à partir de juin 1942. Habitant Capbreton avec sa mère, responsable « technique » du Parti communiste, il fut chargé de la fabrication du matériel de propagande dans le département et de la publication de l’hebdomadaire clandestin, La Voix des Landes sous le pseudonyme de « Martin ». Arrêté, le 20 ou le 22 septembre 1942 par la police spéciale, après une dénonciation, pour tirage de tracts communistes, qui permit l’arrestation de 70 militants dans le département, emprisonné au fort de Ha à Bordeaux (Gironde), le 25 septembre, puis au camp de Compiègne (Oise), le 20 janvier 1943, il fut déporté, avec son père, à Oranienburg-Sachsenhausen (25 janvier 1943-juillet 1944). Transféré à Leipzig, au kommando de Buchenwald puis à Flossenburg, il fut employé à la fabrication des ailes de Messerschmitt dans des conditions très dures. Du 14 avril au 30 avril 1945, évacué à pied vers Prague, il reçut avec les autres déportés un accueil « inoubliable » des Praguois. Il fut homologué DIR et FFI.

À son retour en France, Marcel Veyrier ne reprit pas son métier d’instituteur dans les Landes. Membre du comité de la fédération du Parti communiste français depuis 1946, il était le correspondant départemental des Nouvelles. Il suivit l’école centrale réservée aux éducateurs (10-22 juin 1946). En décembre 1946, devenu rédacteur aux Nouvelles, après le stage du PCF pour les journalistes d’octobre 1948 à janvier 1949, nommé rédacteur en chef-adjoint, il vint habiter Bordeaux, siège du journal. Il entra au comité de la fédération communiste et en resta membre jusqu’à son départ en 1955.

Marcel Veyrier, indiqué “journaliste“ sur le registre d’état civil, se maria en juillet 1946 à Capbreton avec Geneviève Brel, dit Gina, secrétaire, militante communiste, fille d’un employé de mairie (cantonnier). Le couple eut deux enfants.

Devenu rédacteur en chef de La Gironde populaire, il fut détaché en novembre 1955 pour renforcer la rédaction d’Ouest-Matin.

Marcel Veyrier devint en 1956 correspondant permanent de l’Humanité en Yougoslavie et publia des articles le modèle condamné du socialisme dirigé par Tito. Il tira deux ouvrages de cette expérience. Dans la rubrique internationale du journal, il effectua plusieurs reportages en Europe et en Amérique latine. Rédacteur en chef du quotidien communiste, il anima notamment la rubrique « Points de repères » sur les questions internationales. Au début des années 1980, il proposa aux Éditions sociales un manuscrit sur les antifascistes allemands. Après avoir été accepté, il fut refusé. Veyrier protesta le 20 octobre 1982 dans une lettre à Gaston Plissonnier.

Marcel Veyrier, qui habitait Rueil-Malmaison, avait gardé une maison à Cap-Breton où il se retira quand il partit à la retraite.

Le 1er juillet 2002, l’Humanité lui rendit hommage et indiqua que la crémation se déroulerait le 2 juillet à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180500, notice VEYRIER Marcel par Jacques Girault, version mise en ligne le 8 mai 2016, dernière modification le 12 janvier 2022.

Par Jacques Girault

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprend trois références dont : La Wehrmacht rouge Moscou 1943-1945, Paris, Julliard, 1970. — Tito et la Révolution, Paris, Julliard, 1970.

SOURCES : Arch. Nat., F60 1554. — Archives du comité national du PCF. — SHD, Vincennes GR 16 P 591706 ; Caen SHD/ AC 21 P 68813. — Presse communiste.

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