MUNIER Frantz, Joseph, Gabriel

Par André Balent

Né le 28 avril 1915 à Vendeuvre-sur-Barse (Aube), exécuté sommairement le 17 juillet 1944 à La Croisille-sur-Briance (Haute-Vienne) ; gendarme à Mont-Louis (Pyrénées-Orientales) ; résistant, maquisard (FTPF) en Haute-Vienne

Fils de Charles et d’Aimée, Laurence Marie Martin, Frantz Munier était gendarme. En 1944 il faisait partie de la brigade motorisée de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), implantée dans une région de montagne au carrefour de routes stratégiques et à proximité de la frontière avec l’Espagne. Il était marié. En 1945, sa veuve, Marie Munier habitait à Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Frantz Munier, gendarme était affecté à la brigade motorisée de gendarmerie de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales). Le 20 mai 1944, cette brigade, commandée par le maréchal des logis chef Bréchin et composée des gendarmes Munier, Blanchard, Ribatet, Seurin, Liguex, Charton et Boulhol quitta Mont-Louis afin de se rendre à Noailles (Corrèze), près de Brive d’où elle devait assurer des missions de maintien de l’ordre. Le 6 juin 1944, elle reçut l’ordre de gagner l’école de gendarmerie de Brive puis Limoges (Haute-Vienne) où devait s’opérer le regroupement de forces françaises du maintien de l’ordre du Limousin. Arrivé à Magnac-Bourg, au sud de la Haute-Vienne, la colonne fut arrêtée par un maquis. Il y eut une discussion entre les chefs du maquis et celui des gendarmes. Il fut décidé qu’ils ne se rendraient pas à Limoges mais intégreraient le maquis. Il s’agissait d’un maquis de FTPF commandé par Georges Guingouin. Désormais maquisard, le gendarme Munier se porta volontaire afin d’intégrer les groupes francs. Le juin, ils capturèrent une automitrailleuse allemande qui renforça l’armement du maquis. Munier fut chargé de la conduire.
Le 17 juillet 1944 les troupes allemandes, pour l’essentiel de la colonne de Kurt von Jesser, appuyées par deux centaines de la Milice, de la 2e cohorte, commandées par Jean de Vaugelas, attaquèrent le maquis. Commençait alors la bataille de Mont Gargan qui permit à Guingouin et à ses hommes d’infliger aux assaillants des pertes plus importantes que celles qu’ils subirent (FTPF : 38 tués, 58 blessés, 5 disparus ; Allemands : 342 tués et blessés). L’automobile blindée pilotée par Munier fut engagée. Surpris par un véhicule qu’ils pensaient être des leurs, les Allemands, mitraillés perdirent cinq hommes d’après le rapport du maréchal de logis chef Bréchin. La mitrailleuse s’étant enrayée, le véhicule fit demi-tour ; Les cinq occupants désormais pourvus de fusils mitrailleurs américains repartirent à l’assaut contre les Allemands qui, avaient entre temps amené à pied d’œuvre des canons de 37 mm. Cette artillerie fit mouche lorsque l’automitrailleuse arriva à une trentaine de mètres des Allemands. Munier qui la pilotait dit à ses co-équipiers : « Sauvez-vous. La direction ne marche plus ». Blessé à la jambe, il fut capturé. Il fut amené à environ 500 m du village de La Croisille-sur-Briance (Haute-Vienne) où il fut exécuté sommairement. C’est également ce qu’écrivit le colonel Pavelet dans son tapuscrit inédit ; « fait prisonnier et fusillé par les Allemands ».
Le bordereau de couverture de son dossier de la DAVCC indique qu’il a été « tué à l’ennemi ». Mais le rapport circonstancié (Mont-Louis, 4 décembre 1944) du maréchal des logis chef Bréchin, son supérieur hiérarchique passé au maquis en même temps que toute son unité et témoin des circonstances de sa mort, spécifie bien, que blessé et fait prisonnier, il fut amené par les Allemands qui l’exécutèrent sommairement.
Frantz Munier fut inhumé au cimetière de La Croisille. La mention « Mort pour la France » fut inscrite sur le registre de l’état civil de le La Croisille-sur-Briance le 6 avril 1945, en marge de son acte de décès. Elle ne l’a été sur son acte de naissance en mairie de Vendeuvre-sur-Barse que le 20 novembre 1957. Son nom est inscrit de la façon suivante sur le monument aux morts de Mont-Louis : « Munié Gabriel » au lieu de « Munier Frantz ». Il ne figure pas sur celui de son village natal ni sur celui de La Croisille-sur-Briance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180520, notice MUNIER Frantz, Joseph, Gabriel par André Balent, version mise en ligne le 8 mai 2016, dernière modification le 14 avril 2021.

Par André Balent

SOURCES : AVCC, dossier Munier Frantz. — Arch. Dép. Haute-Vienne 986 W 511 — Arch. dép. Hérault, 173 J 23, fonds André Pavelet (1905-1967), colonel de gendarmerie, responsable des maquis (AS/MUR) de la R3, Historique de la 16e Légion 1944. Historique de la participation de la 16e légion de gendarmerie à la Résistance, tapuscrit, 53 p ; [p. 46] (Arch. privées André Balent, exemplaire tapuscrit de ce texte).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable