VIET Paul, Henri

Par Didier Bigorgne

Né le 11 mars 1915 à Tourteron (Ardennes), mort le 22 juillet 2014 à Fontanil Cornillon (Isère) ; instituteur ; syndicaliste du SNI ; militant communiste des Ardennes.

Fils d’un cultivateur et d’une mère au foyer, Henri Viet avait un frère aîné. Il ne connut pas son père, tué au combat contre les Allemands le 19 septembre 1914 à Craonne (Aisne). Sa mère, Victorine Guilmart, née dans une famille de tradition socialiste révolutionnaire (on était enterré civilement) du temps de Jean Baptiste Clément, reprit le travail à la ferme avec son frère et tint le café de la Gare.

Henri Viet, adopté par la Nation, fréquenta l’école primaire de Tourteron, puis le cours complémentaire de Vouziers. Il fut admis à l’École normale d’instituteurs de Charleville en 1932. A sa sortie en 1935, il obtint son premier poste d’instituteur à Vouziers. Il enseigna ensuite à Attigny. Le 26 juillet 1938, à Laon (Aisne), Henri Viet épousa Paulette Lebègue, institutrice, qui lui donna trois enfants (une fille et deux garçons).

Mobilisé en septembre 1939, Henri Viet rejoignit le 406e régiment d’infanterie de défense contre aéronefs (D.C.A) à Laon. Il combattit les Allemands en participant à la bataille de Dunkerque en mai 1940, avant de se replier jusqu’à Bayonne. Il obtint la croix du combattant.

Rendu à la vie civile après la défaite, Henri Viet retrouva, avec son épouse, un poste d’instituteur à Thieblemont (Marne). Il enseigna ensuite à Blesme (Marne) jusqu’en 1943, puis à Sedan de 1943 à 1946. Nommé à cette date dans le village de Gernelle, à proximité de Mézières, il y accomplit sa carrière professionnelle jusqu’à son départ à la retraite en 1970. Pendant ces années, il fut aussi secrétaire de mairie à Gernelle.

Henri Viet adhéra au syndicat national des instituteurs dès son entrée à l’École normale. En 1936, il faisait partie de la commission des jeunes au sein de la section des Ardennes. Membre de la FEN-CGT jusqu’en 1954, il fut un animateur de la tendance, cégétiste puis "Unité et Action". Avec son compagnon de promotion Miguel Sauvage dont l’amitié datait du temps de leurs études à l’Ecole normale, il porta le courant minoritaire pendant une vingtaine d’années. Henri Viet fut membre du conseil syndical du 7 octobre 1948 au 22 novembre 1951, du 17 novembre 1957 au 12 janvier 1961, puis du 20 février 1964 au 6 mai 1970. Il siégea à la commission des secrétaires de mairie-instituteurs en 1948. Il était administrateur de la caisse décès des instituteurs quand il fut candidat sur la liste CGT aux élections du 13 décembre 1962 pour la Caisse primaire de Sécurité sociale des Ardennes.

Henri Viet rejoignit le Parti communiste en 1945. Il milita à Gernelle où il avait fondé une cellule, puis à Taissy (Marne) où il s’était installé à la retraite. Lecteur assidu du journal l’Humanité, il participa à la souscription nationale exceptionnelle lancée en 1998 "Urgence pour l’Humanité", en versant la somme de cinq cents francs (liste publiée dans le journal du 18 février). Il resta fidèle au Parti communiste jusqu’à la fin de sa vie.

Militant du comité des Ardennes du Mouvement de la paix dès sa création en 1950, Henri Viet participa à ses grandes manifestations. Le 11 mai 1952, le rassemblement national pour la paix présidé par Frédéric Joliot-Curie réunit sept mille personnes à Sedan ; le 5 juillet 1953, la manifestation contre la remilitarisation de l’Allemagne rassembla mille personnes à Monthermé. Henri Viet fit évidemment partie du comité départemental anti-CED (Communauté européenne de défense). Dans le cadre des échanges organisés par l’association France-RDA, il rencontra avec Miguel Sauvage, des enseignants est-allemands à Erfurt dans les années 1965-1966, « ce qui valut la visite des renseignements généraux à la maison » se rappellent les deux garçons de Henri Viet.

Veuf depuis, le 15 septembre 1999, Henri Viet résida à Taissy jusqu’en 2010. Il partit alors à la maison de retraite de Fontanil Cornillon. Ses obsèques civiles eurent lieu le 26 juillet 2014 à Tourteron, après un hommage à la mairie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180582, notice VIET Paul, Henri par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 10 mai 2016, dernière modification le 12 janvier 2022.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : Bulletin de la section ardennaise du Syndicat national des instituteurs, 1945 à 1970. — L’Ardenne syndicale n°16, novembre 1962. — L’Humanité, 18 février 1998. — Lettre de Henri Viet (15 octobre 2004). — Renseignements communiqués par Joël Viet, fils de l’intéressé.

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