VINCENS Henri, Joseph, Victor

Par Jacques Girault

Né le 4 novembre 1911 à Cuers (Var), mort le 5 décembre 1980 à Toulon (Var) ; instituteur dans le Var ; militant syndicaliste ; militant du PCF.

Fils d’un maréchal-ferrant, originaire de Correns (Var) et demeurant à Sainte-Anastasie (Var), Henri Vincens, instituteur, devint membre du conseil syndical de l’Union générale des membres de l’enseignement public, section du Var du Syndicat national des instituteurs, en janvier 1939. Il se maria en septembre 1942 à Marseille (Bouches-du-Rhône) avec une employée.

A la Libération, instituteur à Toulon (école du quartier Rivière Neuve), Henri Vincens annonça qu’il serait candidat pour exercer les fonctions de secrétaire général. Comme il était communiste, les autres militants décidèrent René Teisseire pour qu’il se présente. En juillet 1945, Vincens obtint 3 puis 6 voix et fut battu. On lui confia toutefois la responsabilité d’archiviste-bibliothécaire et la délégation à l’Union départementale CGT. En outre, secrétaire-adjoint de la section de Toulon du syndicat, il fut chargé de préparer le rapport sur le logement des instituteurs dans le Var pour le congrès du SNI de 1946. Au renouvellement de 1946, le 27 septembre, il obtint à nouveau 6 voix sur 20 suffrages exprimés pour le poste de secrétaire général. Retrouvant ses délégations, il participa aussi à la commission de rédaction du bulletin.

Dans les discussions au début de 1948, Henri Vincens se montra un des plus vifs partisans du maintien dans la CGT du syndicat. Aussi s’abstint-il lors de la réunion du conseil syndical, du 13 mai 1948, quand la majorité vota une mise en demeure de quitter la FEN-CGT. Il était visé puisqu’il faisait partie du bureau de la FEN-CGT qui venait de se constituer. Il répondit alors dans le bulletin du syndicat en mai-juin 1948 indiquant qu’il était "en sursis d’exclusion", maintenant son refus de quitter la FEN-CGT, "branche de cette émancipation prolétarienne que poursuit le syndicalisme cégétiste à l’exclusion de tout autre forme de syndicalisme." Le 2 juin 1949, lors d’une réunion du conseil syndical, il fut le seul à s’opposer à la motion majoritaire qui justifiait l’autonomie et revendiquait une "CGT démocratique".

En octobre 1949, Henri Vincens, maintenant instituteur à l’école du quartier de Valbourdin, était le responsable de "l’Art après l’école", association qui entendait faire pénétrer les approches artistiques dans les activités scolaires et périscolaires. Il fut un des cinq élus au conseil syndical sur la liste "unité d’action et CGT". Candidat pour la responsabilité d’archiviste, battu en dépit des 8 voix recueillies, il protesta contre la mise à l’écart des responsabilités syndicales de tous ses camarades. Il ne figura pas à la fin de 1951 sur la liste des candidats "cégétistes". Dans L’Éducateur varois, organe de la FEN-CGT, en novembre 1951, il publiait un article "A mes collègues toulonnais" indiquant qu’aucun des conseillers sortants "Unité et Action" ne se représentait pour des raisons diverses "fatigue, santé à ménager". Mais ils avaient participé à la rédaction de la déclaration des candidats. Personnellement il lançait "un appel pressant à tous les collègues qui veulent sortir victorieux du combat engagé contre l’École laïque, contre le monde du travail, contre la paix".

Au début de 1954, à nouveau candidat sur la "liste d’union et d’action présentée par les cégétistes", Henri Vincens fut élu avec 104 voix. Par la suite, il n’apparut plus dans les milieux syndicalistes et politiques. Maintenant instituteur à l’école de Rivière Neuve, il figura en décembre 1965 en dernière position sur la liste "pour l’unité, la démocratie et l’efficacité du syndicat".

Selon la police, Henri Vincens assurait des cours dans les sections locales de la Fédération du Parti communiste français au début des années 1950. A la fin de la décennie, il siégeait au bureau de la Fédération varoise des œuvres laïques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180597, notice VINCENS Henri, Joseph, Victor par Jacques Girault, version mise en ligne le 10 mai 2016, dernière modification le 2 février 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F 7 15371. — Presse syndicale. — Sources orales

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément