CARDIN Louis, Marie

Par Gilles Pichavant

Né le 30 Mai 1906 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 8 février 1985 à Rennes ; ouvrier du bâtiment à Rennes, puis cheminot à Rennes ; syndicaliste CGTU puis CGT ; communiste.

Fils de Louis Marie Cardin, journalier, et de Jeanne Jouet, Louis naquit chez ses parents dans le quartier de La-Goupillais-en-Toussaints à Rennes. Il devint ouvrier plâtrier, et se maria le 20 juin 1931 à Rennes avec Suzanne Lambert qui avait été quelque temps fille de salle à l’hôpital de Nantes puis ouvrière dans l’usine Ariès, à Rennes, usine de confection de vêtements de travail. Le 1er janvier 1935, ils eurent un enfant, prénommé Louis, comme son père. A cette époque Louis Cardin était au chômage et le couple vivait dans un petit appartement mansardé au quatrième et dernier étage d’un immeuble situé à Rennes, boulevard de la Liberté au numéro 28, proche du centre-ville et de la gare SNCF. L’appartement était composé d’une cuisine et d’une chambre ; les WC étaient sur le palier et le point d’eau à la cave.

Louis Cardin était un militant très actif de la CGTU et du PCF. Il fit partie de la direction fédérale d’Ille-et-Vilaine du PCF dans les années 30. En 1936 A Rennes, il fut un des acteurs les plus en vue lors des grèves du Front Populaire. Au moment de la guerre d’Espagne, il fut candidat pour rejoindre les Brigades internationales, mais sa mère et son épouse arrivèrent à le persuader de ne pas partir, compte-tenu du jeune âge de son enfant et de la situation précaire du ménage. Il fut profondément contrarié du fait que ses meilleurs camarades s’étaient engagés. En octobre 1937, il fut présenté par le parti communiste à Chateaugiron, pour des élections cantonales ; il obtint 95 voix, soit 5%.

En 1937, à la suite de la nationalisation des sociétés des chemins de fer, sa mère, qui était ouvrière aux ateliers de Rennes, arriva à le convaincre de quitter le métier de plâtrier pour entrer comme manœuvre à la SNCF. Il devint délégué syndical.

Arriva la déclaration de guerre et Louis Cardin fut mobilisé. Son régiment fut fixé sur le front des Ardennes. En avril 1940, son fils fut frappé par une grave mastoïdite, en récidive de celle qu’il avait eue deux ans plus tôt. Il obtiendra une courte permission au moment de l’opération. Surtout il lui fallait trouver immédiatement 6 000 francs pour l’intervention du chirurgien. Puis il remonta au front, et fut prisonnier par les troupes allemandes et envoyé en stalag à Torgau (Allemagne centrale).

Fin 1942, alors qu’il était prisonnier en Allemagne, la Gestapo, s’appuyant sur les listes de militants établies avant guerre par la préfecture, vint à deux reprises fouiller son appartement, dans le cadre d’une enquête sur la résistance. Mais tous les documents compromettants avaient été cachés au début de la guerre chez des amis à la campagne, et sa famille ne fut pas inquiétée.

En mai 1945, Louis Cardin fut libéré, et rentra à Rennes où il reprit ses activités militantes. Il fut à plusieurs reprises candidat pour le PCF aux élections aux municipales, mais jamais en position d’éligible. Candidat aux cantonales, il ne fut jamais élu.

Il devint l’un des principaux responsables syndicaux CGT des cheminots d’Ille-et-Vilaine. La réunification de la famille fut de courte durée, et début 1946 le couple se sépara et divorça, son fils étant placé chez sa grand-mère paternelle. La même année, Louis Cardin suivit une formation professionnelle au centre SNCF de Versailles-chantiers (Yvelines), d’où il sortit soudeur à l’arc. Il exerça ce nouveau métier basé aux ateliers de Rennes, d’où il circula avec son poste de soudure sur un large périmètre géographique, bien au-delà de Rennes. En 1961, quand il prit sa retraite, il était maitre-ouvrier d’Etat depuis quelques années.

A sa retraite il fut le secrétaire des retraités SNCF d’Ille-et-Vilaine, et fut membre du conseil national de la Fédération CGT des cheminots de 1973 à 1976, au titre de l’Union fédérale des retraités. Il était aussi membre de l’ARAC.

Il mourut à Rennes le 8 février 1985.

Son fils Louis Cardin devint technicien puis cadre supérieur dans les PTT. Il fut militant de la CGT, ainsi que militant au PCF.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1806, notice CARDIN Louis, Marie par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 8 juin 2016.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Fédération CGT des cheminots. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Ouest-Éclair, édition de Rennes du 11 octobre 1937, sur Gallica.fr — Notes de Jean-Pierre Bonnet et de Pierre Vincent. — Témoignage de son fils Louis Cardin. — État civil.

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