BROICHOT Jules [BROICHOT Pierre, Jules]

Par Daniel Grason

Né le 27 juin 1920 à Chaumont-le-Bois arrondissement de Montbard (Côte-d’Or), tué le 27 août 1944 au Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis) ; ingénieur ; résistant F.F.I.

Pierre Broichot était le fils de Charles, Vincent, cuisinier et de Marguerite, Félicie née Paris, sans profession, fille de vignerons. Marguerite Broichot était la veuve de Louis, Charles, Ferdinand Singet, tourneur sur bois, née à Chaumont-le-Bois. Mobilisé en août 1914 au 48e Régiment d’artillerie, maître pointeur, celui-ci mourut de maladie le 25 septembre 1914 à Chatel (Vosges). Il fut déclaré « Mort pour la France ».
Veuve, Marguerite épousa Charles Broichot le 24 novembre 1919 en mairie de Chaumont-le-Bois. Le couple Broichot tint un café rue du Breuil dans le village, puis un hôtel-restaurant à Chatillon-sur-Seine (Côte-d’Or). Le père de Pierre mourut vers 1930, de nouveau veuve, Marguerite apprit alors le métier de coiffeuse.
La scolarité de Pierre Broichot se déroula à Dijon, chef-lieu du département. Très probablement titulaire du CEP à l’issue de l’école primaire, il fut reçu au CAP d’appareilleur-électricien et au brevet d’enseignement industriel. Ces deux diplômes lui ont été délivrés en juillet 1936. L’année suivante, en juin il obtint le CAP d’ajusteur. Il continua des études à l’École Nationale des Arts et Métiers à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne), obtint le diplôme d’ingénieur, promotion 1938.
Il vint en région parisienne, habita dans le IXe arrondissement de Paris. Il travailla comme ingénieur au service technique de la Compagnie des Meules Norton qui fabriquait des meules pour la métallurgie.
Patriote, il s’engagea dans les Forces Françaises de l’Intérieur, groupe des Corps-Francs du département de la Seine, sous-secteur Nord 1. Pierre Broichot prit part aux combats pour la libération du Blanc-Mesnil aux côtés de soldats de la 2e DB du général Leclerc. Touché par plusieurs balles tirées par des soldats allemands au vieux Blanc-Mesnil, il mourut le 27 août 1944. Douze résistants F.F.I. et vingt-neuf soldats de la 2e DB furent tués au cours des combats et de nombreux civils. Il fut ré-inhumé dans son village natal de Chaumont-le-Bois en avril 1948.
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », il fut homologué F.F.I.
Son nom figure sur le monument dédié aux quatorze F.F.I. de la ville du Blanc-Mesnil qui moururent dans les combats. Le nom de Pierre Broichot a été gravé sur le monument aux morts du IXe arrondissement au 6 rue Drouot, ainsi que sur la plaque : « À la mémoire des combattants du 9e arr. morts pour la Libération de Paris du 19 au 25 août 1944 ». Les noms de onze F.F.I. dont ceux de Pierre Broichot et Raymond Dominique tués à Blanc-Mesnil et de huit gardiens de la paix de l’arrondissement. Une plaque honorant sa mémoire a été posée à l’école des Arts et Métiers de Châlons-en-Champagne. Son nom a été gravé sur le monument aux morts de Chaumont-le-Bois, le square du village porte le nom de Pierre Broichot.
Le 31 août 1944 un hommage lui fut rendu par Michel Biscayat, dirigeant de la Compagnie des Meules Norton, il résuma d’un trait Pierre Broichot « Charmant camarade, brillant ingénieur, fort, sain, rieur, généreux, tu t’es fait aimer de tous ceux qui t’approchaient ».
Madame Anne Bouhélier, maire de Chaumont-le-Bois lui rendit hommage le 23 août 2014 lors des cérémonies du 70e anniversaire, elle fit part de l’homme chaleureux qu’il était « Nos anciens se souviennent encore de ce sympathique compagnon de jeux qui aimait aller à la pêche et qui se passionnait pour la photographie ». Elle rappela les circonstances de sa mort « C’est en montant à l’assaut d’une position ennemie que Pierre Broichot se fit tuer par balles. À vingt-quatre ans, il payait de sa vie, son combat pour la liberté, pour la liberté de la France, pour notre liberté ! ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180757, notice BROICHOT Jules [BROICHOT Pierre, Jules] par Daniel Grason, version mise en ligne le 27 juin 2016, dernière modification le 29 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : SHD, Caen AC 21 P 34389. — Bureau Résistance GR 16 P 92376. — Nos remerciements à madame Anne Bouhélier, maire de Chaumont-le-Bois pour toutes les informations qu’elle nous a transmis. — Site internet de la Première Guerre Mondiale. – Site internet GenWeb. — État civil.

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