BRUNEL Jean-Marie

Par Alain Dalançon

Né le 1er avril 1922 à Châlons-sur-Marne (Marne), mort le 12 avril 2013 à Paris (XIe arr.) ; professeur d’allemand ; militant communiste ; militant syndicaliste du SNES, secrétaire du S2 de Lille en 1948, membre de la CA du S3 de Paris, secrétaire national de la catégorie des retraités (1987-1993).

Jean-Marie Brunel en 1987
Jean-Marie Brunel en 1987

Troisième enfant d’une famille dont le père, cadre dans la Compagnie des chemins de fer de l’Est, eut à changer souvent d’affectation, Jean-Marie Brunel entra en classe de sixième en 1932 au lycée de Chaumont (Haute-Marne) et y resta jusqu’en 1936. Puis inscrit au lycée de Charleville (Ardennes), il passa sa première partie de baccalauréat en 1939 mais ne put passer normalement sa deuxième partie en 1940 car, dès le 12 mai, la population fut évacuée. Il se retrouva à Reims (Marne) puis à Anthéor, commune de Saint-Raphaël (Var), où ses parents avaient une maison. Il passa son baccalauréat à Nice (Alpes-Maritimes) fin juillet-début août. Il fut ensuite élève en khâgne au lycée Thiers de Marseille de 1940 à 1942. En 1942-1943, il donna des cours d’allemand dans une famille, puis dans au cours secondaire nouvellement créé à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

En juillet 1943, Jean-Marie Brunel fut réquisitionné pour le service du travail obligatoire et alla travailler dans une grande usine près de Breslau en Silésie. Il devait rester en Allemagne jusqu’au printemps 1945. Sa connaissance de la langue allemande lui permit de servir d’intermédiaire entre ses camarades français et les Allemands. En janvier 1945, en raison de l’avancée de l’Armée rouge, il rejoignit un commando de Français dans les montagnes des Sudètes. En mai 1945, après la signature de la capitulation allemande, il entama avec ses camarades un long voyage mouvementé vers l’ouest, passant successivement des zones sous contrôle des Soviétiques, des Américains puis des Français. Il ne regagna la France qu’à la fin du mois de mai 1945 et retrouva peu après sa famille repliée en Dordogne, dont il n’avait pas de nouvelles. Cette expérience l’amena à prendre du champ par rapport aux affinités idéologiques de sa famille et à le rapprocher du Parti communiste.

À la rentrée 1945, Jean-Marie Brunel obtint un poste de maître d’internat au lycée de Charleville et s’inscrivit à la Faculté des Lettres de Lille pour poursuivre sa licence d’allemand. Syndiqué tout de suite au nouveau Syndicat national de l’enseignement secondaire, il fit la connaissance de Maurice Loi, lui-même MI dans l’académie et responsable de la catégorie des surveillants dans la section académique (S2) du SNES. Les deux jeunes gens militèrent beaucoup ensemble. Quand Maurice Loi fut muté en cours de l’année 1947 dans la région parisienne pour devenir secrétaire national du SNES de la catégorie des surveillants, Jean-Marie Brunel le remplaça en mai 1947 à Lille, comme MI au lycée Faidherbe et dans ses fonctions au S2. Il devint responsable des surveillants, secrétaire administratif du S2 et entra à la commission administrative nationale au cours de l’année scolaire 1947-1948, année de la scission de la CGT et du choix de l’autonomie par le SNES et la FEN. Jean-Marie Brunel défendit le maintien à la CGT et adhéra au PCF en 1948, peu de temps après son ami Loi.

Au cours de l’année 1948, le secrétaire du S2, Raoul Courtoux, fut nommé Inspecteur d’académie à Constantine, et bien que le S2 ait été à majorité « autonome », il en devint pour un temps le secrétaire général, en même temps qu’il fut secrétaire de la FEN-CGT du Nord.

Fin octobre 1948, Jean-Marie Brunel fut muté comme MI au lycée Lakanal de Sceaux (Seine), et vint renforcer l’équipe de Loi qui défendait avec beaucoup de force les MI-SE et les positions cégétistes dans la direction du SNES. Les deux militants communistes étaient également très actifs dans la FEN-CGT : Brunel rédigea pour la fédération, en 1948-1949, le vade-mecum catégoriel qui fut ensuite un modèle pour ceux du SNES. Mais au printemps 1949, lors des premières élections au suffrage universel des membres de la CA nationale, Loi et Brunel furent battus de justesse par Louis Astre pour le secrétariat de catégorie des surveillants.

Toute cette activité militante n’avait guère laissé de temps à Jean-Marie Brunel pour ses études. À partir de 1949, il s’y consacra un peu plus mais il décida une sorte de réorientation en s’inscrivant à l’École des langues orientales, de 1949 à 1951, où il obtint la première et la deuxième année de russe. Le 19 mai 1956, il se maria avec une fonctionnaire qui devint cadre des PTT.

En 1951, non renouvelé dans son poste de MI à Lakanal, Brunel devint surveillant d’externat au collège Turgot à Paris puis à l’annexe Stanislas du lycée Saint-Louis en 1951-1952. En 1952, il termina sa licence d’allemand et put devenir adjoint d’enseignement au lycée Hoche de Saint-Cloud. Puis il fut adjoint d’enseignement au collège moderne et technique d’Arsonval à Saint-Maur, de 1953 à 1956, au lycée Buffon, de 1956 à 1958. En 1958, il devint certifié stagiaire au lycée Jacques Decour, stage renouvelé en 1959 au lycée Turgot. Il fut nommé professeur certifié d’allemand en 1960 au lycée de Romilly (Aube), puis au lycée de Drancy (Seine), de 1961 à 1963, et enfin revint au lycée Turgot à la rentrée 1963 où il prit sa retraite en 1982.

Tout au long de cette période, de 1949 à 1982, Brunel milita activement comme secrétaire des sections (S1) des lycées de Romilly, de Drancy et du lycée Turgot, de 1964 à 1978. Ce dernier établissement fut particulièrement troublé au cours de la période 1968-1971 (occupation jour et nuit en mai-juin 1968, agitation dans les années suivantes). Georges Delboy, André Dellinger (secrétaire corporatif national) et Pierre Toussenel (futur secrétaire général du S3 de Paris puis secrétaire général adjoint du SNES) y militaient aussi. Il siégea de façon presque continue à la CA du S3 de Paris sur la liste « Unité et Action », du début des années 1960 et comme retraité jusqu’en 2002-03.

En 1983, Jean-Marie Brunel entra au bureau des retraités du SNES-GRES (Groupement des retraités de l’enseignement secondaire), en devint le trésorier en 1984 puis le secrétaire général (1987-1993). Secrétaire national de la catégorie des retraités en remplacement de Cyprien Bocquet, il siégea à ce titre à la CA nationale. Il fut ensuite remplacé par Jean Reynaud*. Il continuait à tenir des permanences pour les retraités au siège du SNES en 2005.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18088, notice BRUNEL Jean-Marie par Alain Dalançon, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 3 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

Jean-Marie Brunel en 1987
Jean-Marie Brunel en 1987

SOURCES : Arch. IRHSES (S3 Paris, S3 Lille, congrès, secteur retraités, L’Université syndicaliste). — Renseignements fournis par l’intéressé en juin 2002.

ICONOGRAPHIE : Jean-Marie Brunel en 1987 (Coll. IRHSES)

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