WEYRATH Albert Pierre

Par Pierre Schill

Né le 25 octobre 1905 à Petite-Rosselle (Lorraine annexée), mort le 16 novembre 1974 à Freyming-Merlebach (Moselle) ; mineur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) puis aux Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; homme de confiance ; militant de la CGTU et de la CGT ; militant communiste ; résistant du groupe Mario en Moselle annexée au IIIe Reich.

Albert Weyrath commença à travailler aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) à l’âge de quatorze ans. Il y effectua toute sa carrière de mineur puis de manœuvre (jour) jusqu’à son départ à la retraite en octobre 1960.
Militant du syndicat des mineurs CGTU dans les années 1930, puis de la CGT réunifiée, il figurait sur la « liste noire » de la direction de la houillère propriété de la famille de Wendel qui recensait les militants CGT et CGTU les plus actifs.

Albert Weyrath militait également au PC, sous l’égide d’Adam Tritz* secrétaire de la section de Petite-Rosselle. Il fut notamment chargé en 1936 et 1937 de l’organisation du soutien financier au parti et en faveur des républicains espagnols. Il était alors aussi l’un des responsables de la distribution de L’Humanité dans la cité minière.
Il fut photographié à cette période en train de vendre Der Kumpel (« Le camarade »), l’organe syndical de la CGT devant le puits St-Charles.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de la Moselle annexée au IIIè Reich. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ».
Son activité clandestine lui valut d’être arrêté le 19 mars 1943 et d’être emprisonné au Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée) puis déporté au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé) où il arriva le 21 mai 1944. Il fut ensuite déporté au camp de concentration de Sachsenhausen à Oranienburg dans la grande banlieue de Berlin d’où il fut libéré le 30 avril 1945.

De santé fragile dès avant la guerre, Albert Weyrath retrouva en septembre 1945 un emploi aux mines de Petite-Rosselle en tant que manœuvre (jour). Il fut élu en décembre 1945, homme de confiance de la CGT (Vertrauensmann) pour les services du jour en obtenant 449 voix sur 853 votants 1 157 pour électeurs inscrits.
Il participa de manière active aux grèves de 1947 et à la grève d’octobre 1948 au groupe de Petite-Rosselle des Houillères du Bassin de Lorraine (HBL). Son activisme lui valut d’être arrêté par la police de la circonscription de sécurité publique de Forbach « atteinte à la liberté du travail ». Il fut laissé en liberté provisoire et finalement réembauché à compter du 3 janvier 1949.

Albert Weyrath s’était marié en 1930 avec Catherine Paulus dont il divorça en 1961. Il se remaria en 1963 avec Gertrude Hinze. Il était le frère de Frédéric Weyrath*, également membre du groupe « Mario ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180990, notice WEYRATH Albert Pierre par Pierre Schill, version mise en ligne le 22 mai 2016, dernière modification le 22 mai 2016.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine : Vt233-B128, B130 et B160 ; Vt323-B20 et B25 ; Vt421-B130 ; dossier individuel du personnel. - Arch. de la Direction interdépartementale d’Alsace du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants : fichier du camp de Natzweiler-Struthof (renseignements fournis par Thierry Heidmann). - Arch. personnelles de Daniel Deutsch. - EC de Petite-Rosselle (Moselle). - Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. - Daniel Deutsch, Et coule la Rosselle, Sarreguemines, Éditions Pierron, 1993. - Cédric Neveu, La Résistance en Moselle annexée. Le groupe « Mario », Strasbourg, Éditions du Quotidien, 2015.

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