WIATR Stephan [Étienne en français] [autre orthographe : WIATRE]

Par Pierre Schill

Né le 30 juillet 1907 à Tworzymirki (Allemagne, aujourd’hui Pologne), mort le 10 avril 1990 à Forbach (Moselle) ; mineur aux Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) et aux Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; résistant du groupe « Mario » en Moselle annexée au IIIè Reich ; militant du syndicat CGTU des mineurs puis de la CGT réunifiée et du Parti communiste.

Avant de venir en France, Étienne Wiatr était au chômage et ne trouvait que quelques emplois temporaires mal payés. C’est cette précarité qui l’incita à venir s’installer en France.
Après avoir quitté les Houillères de Petite-Rosselle (Moselle) où il était occupé depuis novembre 1927, il travailla à partir du 20 février 1930 aux houillères du Pas-de-Calais. Il fut renvoyé en Pologne au début de l’année 1932 en raison de la crise économique et du chômage qui affectaient la France. Il put revenir en Moselle au début de l’année 1938 et reprendre son emploi de mineur à Petite-Rosselle où il travailla jusqu’au moment de son départ à la retraite en mars 1965.
Étienne Wiatr s’était syndiqué à la CGTU dès le début de sa carrière de mineur et était encarté au Parti communiste.

Évacué en septembre 1939, avec sa femme enceinte et ses trois enfants, à Bruay-en-Arois (Pas-de-Calais) où il travailla aux houillères, il put rentrer à la fin de l’année 1940 en Moselle annexée au IIIè Reich et retrouver son emploi de mineur.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de Moselle annexée. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national, avait été mis sur pied par l’instituteur messin Jean Burger* dont le pseudonyme de résistant était « Mario ». Il expliquait son engagement par les souffrances infligées à sa patrie natale par l’Allemagne hitlérienne et par la volonté de défendre sa patrie d’adoption des mêmes envahisseurs.
Son activité clandestine (sabotage de matériel au fond de la mine dans le but de ralentir la production notamment) lui valut d’être arrêté le 16 février 1944 à son domicile où il se reposait après avoir effectué son poste de nuit. Cette vague d’arrestation faisait suite aux révélations d’un responsable du groupe « Mario » qui avait « parlé » sous la torture. Il fut d’abord emprisonné au Fort de Queuleu à Metz (Moselle annexée) puis déporté au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé) où il arriva le 20 mai 1944. Transféré au camp de Dachau et enfin à celui de Neuengamme au sud de Hambourg (Allemagne), d’où il fut libéré le 29 avril 1945. Il fut soigné dans un camp de la Croix Rouge avant d’être rapatrié à l’été 1945 à Sarrebruck. De là il rentra en août 1945 à pied à Stiring-Wendel. Étienne Wiatr était titulaire de la carte de déporté résistant.
Avec d’autres mineurs des houillères déportés, il alla faire un séjour curatif au centre de soin de la CGT à La Petite-Pierre (Bas-Rhin).

Toujours membre du syndicat des mineurs CGT, il participa à la plupart des grèves qui jalonnèrent la suite de sa carrière aux Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) et notamment au printemps 1963 à la grève générale corporative des mineurs.

Étienne Wiatr s’était marié en 1932 en Pologne avec Marie Lubanski avec laquelle il eut sept enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180992, notice WIATR Stephan [Étienne en français] [autre orthographe : WIATRE] par Pierre Schill, version mise en ligne le 22 mai 2016, dernière modification le 26 décembre 2017.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine : dossier personnel. - Arch. de la Direction interdépartementale d’Alsace du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé des Anciens Combattants : fichier du camp de Natzweiler-Struthof (renseignements fournis par Thierry Heidmann). - Serv. Hist. de la Défense (Vincennes) : dossier GR16P-602862. - Renseignements fournis par Félicie Fourcaud née Wiatr, sa fille, et par Jean Geiger, président de l’ADIRP (Association des Déportés, Internés, Résistants et Patriotes) de la Moselle. - Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance Lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965. - Pierre Schill, « Les mineurs de charbon étrangers membres du groupe de Résistance ‘‘Mario’’ en Lorraine annexée (1940-1945) », p. 243-261, dans Institut d’Histoire Sociale Minière, Mineurs immigrés. Histoire, témoignages (XIXe-XXe siècles), VO éditions, 2000. - Cédric Neveu, La Résistance en Moselle annexée. Le groupe « Mario », Strasbourg, Éditions du Quotidien, 2015.

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