GRELAUD Lucien, Alexandre, Alphonse

Par Marianne Enckell

Né le 27 mai 1930 à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 10 mars 2019 ; ouvrier plombier ; ajiste, militant anarchiste, néo-malthusien, non violent ; collaborateur du Maitron pour le département de la Loire.

Lucien et Lucienne Grelaud, début des années 1950.
Lucien et Lucienne Grelaud, début des années 1950.

Lucien Grelaud était le fils de Lucien Charles Joseph Grelaud (1909-1994), serrurier, membre de la CGT, et de Marie Gadais (1910-1997), porteuse de pain avant son mariage en 1929. Il est l’aîné de six enfants.

Après une scolarité bouleversée par la guerre et de fréquentes évacuations en raison des bombardements sur Saint-Étienne-du-Rouvray (où ils habitaient la cité SNCF) et Nantes, Lucien Grelaud fit un apprentissage de plombier chauffagiste à Nantes. Il rejoignit le Mouvement indépendant des Auberges de jeunesse en 1946 puis le groupe anarchiste nantais, avec notamment Alexandre Hébert et Robert Favry.

En 1949, il s’établit à Roanne (Loire) où il se maria avec Lucienne Desroche, dont il eut deux enfants, Maurice et Dominique. Il y milita surtout avec les groupes d’exilés espagnols et les jeunes libertaires des Auberges de jeunesse : campagnes contre les jouets guerriers, lutte contre la guerre d’Algérie, soutien aux déserteurs et insoumis, lutte contre la mine d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne, etc.

En 1954, il fut le responsable de publication de la revue ronéotée L’Éveil des jeunes libertaires (3 numéros, janvier à avril).

Lucien Grelaud avait parallèlement des activités syndicales, à la CGT puis à FO, trouvant la CNT française trop faible, ainsi qu’avec le groupe local du Mouvement populaire des familles (MPF) qui organisait la solidarité matérielle lors de grèves.

Il milita aussi dès 1950 pour la limitation des naissances et apprit, avec l’aide d’Aristide Lapeyre, à pratiquer des avortements. En 1961, il participa à une campagne nationale pour la stérilisation masculine, avec un certain succès ; il alla lui-même à Vevey, en Suisse, à la fin de l’année se faire vasectomiser (voir Doïtchinov). Depuis 1972, il collabora étroitement avec le MLAC et opéra des avortements selon la méthode Karman, jusqu’à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse en 1975.

Au milieu des années 1950, Lucien Grelaud fut sollicité par Jean Maitron, par l’intermédiaire de l’École émancipée, pour participer au Dictionnaire ; il se plongea dans les archives départementales et municipales, réunit quelque 90 biographies de militants ouvriers du nord du département de la Loire, publia un long article sur Jules Ravaté dans Le Mouvement social et fit l’inventaire des mouvements anarchistes à Roanne jusqu’en 1914. Il figure dans le tome I parmi les collaborateurs du dictionnaire, qui lui a attribué la profession de… publiciste.

Son intérêt pour l’histoire le mit bientôt en contact avec le CIRA à Genève puis Lausanne (voir Ferrua), auquel il fit don de nombreux ouvrages et collections de journaux, en particulier des journaux de Proudhon trouvés sous le plancher d’une maison en démolition.

En 1964, il participa à la création de la revue Anarchisme et non-violence (voir André Bernard), à laquelle il collabora pendant plusieurs années.

Lucien Grelaud habita Toulouse depuis 1970, et prit sa retraite en 1990. Gravement malade des yeux, il entra en 2014 dans une maison de retraite de cette ville.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article180998, notice GRELAUD Lucien, Alexandre, Alphonse par Marianne Enckell, version mise en ligne le 23 mai 2016, dernière modification le 10 mars 2019.

Par Marianne Enckell

Lucien et Lucienne Grelaud, début des années 1950.
Lucien et Lucienne Grelaud, début des années 1950.

SOURCES : Témoignage personnel, 2014-2015 – La Dépêche du dimanche, 16 novembre 2014 — Archives du CIRA Lausanne.

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