BREUILLÉ Alfred, François, dit PINSON

Né à Paris (Xe arr.) le 22 février 1847 ; mort à Paris (XIIe arr.) le 29 janvier 1929 ; journaliste ; militant blanquiste ; communard ; conseiller municipal de Paris.

Alfred Breuillé obtint son baccalauréat ès sciences le 9 mars 1866 à Paris. Il était déjà conquis aux idées blanquistes. En effet, le 7 novembre de cette même année 1866, il participait à la réunion tenue au café de la Renaissance par les militants parisiens blanquistes afin de régler l’affaire Protot (celui-ci était intervenu, malgré Blanqui, au congrès de l’Internationale à Genève — voir Ed. Levraud). Arrêté ainsi que tous les assistants, Breuillé fut perquisitionné le 8 — il habitait rue des Fourneaux (XVe arr., maintenant rue Falguière) — mais ne fut pas condamné.

En 1867, Breuillé appartint aux premiers groupes de combat blanquistes. Cette même année, il fut condamné à quinze jours de prison par la 6e Chambre du tribunal correctionnel pour participation à une manifestation, place de l’Hôtel-de-Ville, contre Napoléon III et l’empereur d’Autriche.

Breuillé collabora au Démocrite, journal lancé par Rigault, le 3 décembre 1868, à La Marseillaise de Rochefort (1869-1870), à La Libre Pensée de Verlet et Gouhier (1870), à La Patrie en Danger (septembre-décembre 1870). Il traçait dans ce dernier journal le plan d’action suivant : les villes éliraient leurs Communes et celles-ci enverraient leurs délégués à la Commune de Paris, chargée des lois et surtout de l’éducation indispensable au suffrage direct (18 septembre). Le 8 octobre il s’écriait « Vive la Commune de Paris ! » et disait que « la paix revenue, nous exigerons la réalisation des réformes sociales ». En septembre, il avait été acclamé commissaire de police du quartier Necker par une réunion populaire, mais cette désignation ne fut pas ratifiée.

Breuillé appartint-il à l’Internationale ? J. Dautry et L. Scheler penchent pour une réponse affirmative (cf. Le Comité central républicain..., op. cit., introduction). Aucun document toutefois ne permet de trancher.

Journaliste communard, Alfred Breuillé (parfois désigné par erreur Albert Breuillé) était collaborateur du Cri du Peuple de Vallès (22 février-23 mai 1871) et rédacteur à La Nouvelle République (19 mars-1er avril) suivie de L’Affranchi (2-25 avril 1871), journaux parisiens dirigés par Paschal Grousset.
Par arrêté du Comité de Salut public en date du 25 floréal, an 79 (14 mai 1871), Breuillé fut nommé substitut du procureur de la Commune en remplacement de Ferré, délégué à la Sûreté générale (J.O. Commune, 16 mai). Le 4e conseil de guerre le condamna, le 22 juillet 1873, à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique ; deux mois plus tard, le 27 septembre 1873, le tribunal correctionnel de la Seine lui infligeait deux ans de prison pour usurpation de fonctions ; ces deux condamnations étaient prononcées par contumace, car Breuillé avait gagné l’Angleterre. En juin 1874, il signait à Londres le manifeste blanquiste de la Commune révolutionnaire Aux Communeux, déclaration athée, communiste, révolutionnaire.

Breuillé passa ensuite en Belgique et, le 18 juin 1875, il arrivait à Bruxelles venant de Belfast. Il travailla quelque temps chez un fabricant de chapeaux à Cureghem (Brabant). Il se refusait à répondre aux convocations que lui adressaient les commissaires de police. Il se rendit finalement à une convocation de la Sûreté, mais ne répondit qu’aux seules questions concernant son identité.

Le 12 mars 1879, il fut condamné par défaut à trois mois de prison sous l’inculpation de rébellion et de trouble de l’ordre public.

Après l’amnistie, Breuillé revint à Paris. Il collabora à Ni Dieu ni Maître et participa, en juillet 1881, à l’organisation du Comité révolutionnaire central dont il démissionna en 1889 lors de la scission Granger-Vaillant. Il collabora au Journal du Peuple, à L’Homme libre (1888), au Cri du Peuple (1888-1889).

Breuillé se présenta aux élections municipales du quartier de la Goutte-d’Or, XVIIIe arr. dès 1890, (il obtint 11,78 % des voix et aux partielles de 1891 : 14,81 % puis 23,4 % des voix) mais ne fut élu qu’au scrutin de ballottage du 23 avril 1893 (avec 20,42 % puis 34,96 % des voix). Il fut conseiller municipal de ce quartier de 1893 à 1900. C’est sur sa proposition que le projet de métro du gouvernement a été, en janvier 1895, renvoyé devant le peuple par voie de référendum, conformément à son programme qui stipulait notamment : « La révision par une Constituante élue au suffrage universel. L’exercice direct de la souveraineté populaire au moyen de référendum. Les réformes rendues possibles par la suppression du Sénat. La dictature rendue impossible par la suppression de la Présidence ». En 1896, il fut élu dès le 1er tour (avec 37,96 % des voix). Le siège revint en 1900 (20,44 % puis 17,16 %) au nationaliste Foursin. En mars 1897, il fut élu deuxième vice-président du conseil municipal de Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181074, notice BREUILLÉ Alfred, François, dit PINSON, version mise en ligne le 24 mai 2016, dernière modification le 29 juin 2020.
Fiche de police

SOURCES : Arch. Min. Guerre, 4e conseil (n° 1 148). — Arch. PPo., B a/429 et E a/40. — Archives du Royaume, Bruxelles, dossier n° 293 480. — La Comune di Parigi, Feltrinelli Editore, Milano, 1957 (G. Bel Bo). — M. Dommanget, Blanqui et l’opposition révolutionnaire..., Blanqui et la Commune, op. cit.. — J. Dautry, L. Scheler, Le Comité central républicain des 20 arrondissements de Paris, Paris, Les Éditions Sociales, 1960, introduction. — Michel Offerlé, Les socialistes et Paris, 1881-1900. Des communards aux conseillers municipaux, thèse de doctorat d’État en science politique, Paris 1, 1979. — État civil de Paris. — Notes de M. Cordillot et de J. Chuzeville.

ICONOGRAPHIE : Arch. PPo., album 286/43 et dossier E a/40.

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