HENRIO Mathurin

Par Annie Pennetier, Françoise Strauss, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 16 avril 1929 à Tallen-Crann en Baud (Morbihan), abattu par les Allemands le 10 février 1944 à Poulmein en Baud ; résistant ; le plus jeune Compagnon de la Libération.

Mathurin Henrio
Mathurin Henrio
SOURCE : Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance

Mathurin Henriot était le fils de Mathurin Marie Henriot et de Jeanne Marie Freillec, cultivateurs à Tallen-Cranne en Baud (Morbihan). Jeune écolier, il était domicilié chez ses parents.

En novembre-décembre 1943, Henri Bouret [pseudonyme dans la Résistance : Jean-François], chef du Service National Maquis en Bretagne et Maurice Dervieux, responsable de ce mouvement dans le Morbihan, entreprirent d’implanter un maquis dans le village de Poulmein, situé sur le territoire de la commune de Baud (Morbihan). Composé de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) originaires pour la plupart de la région d’Hennebont et de Lorient, ce maquis fut armé avec l’aide des résistants de la Gendarmerie de Vannes sous les ordres du chef de l’Armée secrète (AS) du Morbihan, Maurice Guillaudot. Placé sous le commandement de Pierre Ferrand [pseudonymes dans la Résistance : Émile, Gaby], qui travaillait à l’arsenal de Lorient, ce maquis était hébergé dans la ferme d’Émile Le Labourer à Poulmein en Baud.

Le 10 février 1944, à la Croix de Cranne, sur la route conduisant du village de Poulmein au bourg, quatre membres du maquis de Poulmein, armés de revolvers, Robert Couric, François Guyonvarc’h, Jules Le Sauce et Albert Rousseau, se trouvèrent face à un détachement allemand guidé par le dénonciateur Le Gallo. Ils réussirent à se dégager en abattant l’officier qui commandait ce détachement, le dénonciateur et plusieurs soldats, puis ils se replièrent et coururent donner l’alerte à Poulmein où les maquisards commencèrent à évacuer les armes. Dans sa hâte, François Guyonvarc’h perdit ses papiers qui furent ramassées furent ramassée par un ouvrier de Baud sur le lieu de l’échauffourée. Le jeune Louis Le Gal, âgé de 18 ans reconnut le propriétaire de la carte, et proposa de la lui rapporter à la ferme de Poulmein. En chemin, il rencontra Mathurin Henrio qui l’accompagna jusqu’à la ferme. À la demande des maquisards, les deux garçons aidèrent au chargement des armes à évacuer, mais un bataillon de soldats composés en grande partie de Géorgiens de l’armée de Vlassov encercla la ferme ; les hommes, une trentaine, réussirent à s’enfuir, sauf deux d’entre eux, faits prisonniers, et deux autres, Émile Le Labourer et Georges Lestréhan, qui furent abattus.
Alors qu’il fuyait dans le champ voisin, Mathurin Henrio fut abattu d’une balle dans le dos puis achevé par les soldats allemands.
Très émue par l’assassinat de ce jeune garçon de 14 ans, la population lui rendit un vibrant hommage, à la mairie de Baud où son corps fut exposé puis lors de ses obsèques.

Mathurin Henrio a été inhumé dans le cimetière de Baud.

Il a obtenu la mention « Mort pour la France » et le titre d’Interné-résistant lui a été attribué. Il a été décoré à titre posthume de la Croix de guerre 1939-1945 et fait Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944 ?.

À Baud où une rue porte son nom, Mathurin Henrio figure sur le monument aux morts communal. Dans le village de Poulmein, il est inscrit sur le monument qui rappelle le souvenir des victimes du 10 février 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181081, notice HENRIO Mathurin par Annie Pennetier, Françoise Strauss, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 24 mai 2016, dernière modification le 11 août 2019.

Par Annie Pennetier, Françoise Strauss, Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Mathurin Henrio
Mathurin Henrio
SOURCE : Le Guénic,
Morbihan, Mémorial de la Résistance
À Poulmein en Baud
À Poulmein en Baud
Sur le monument aux morts de Baud
Sur le monument aux morts de Baud
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, RG 16 P 290002. — Arch. Dép. Morbihan, 41 J 9, fonds Roger Leroux. — Ami entends-tu…, ANACR-56, numéros 70 (1er semestre 1989), 72 (2e semestre 1989), 108 (1er trimestre 1999), et 132 (1er trimestre 2005) et 144 (1er trimestre 2008). — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur-éditeur, Mayenne, 1978. — Kristian Hamon, Le Bezen Perrot : 1944, des nationalistes bretons sou l’uniforme allemand, Yoran Embanner, 2005 et Agents du Reich en Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2011. — René Le Guénic, Morbihan, Mémorial de la Résistance (photo), Imprimerie Basse Bretagne, Quéven, 2013. — " Lieux mémoriels en Morbihan-Baud ", dossier en ligne sur le site Internet Les Amis de la Résistance du Morbihan, ANACR-56. — Site Internet de l’Ordre de la Libération. — État civil, Baud (acte de décès).

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