THIEBAUGEORGES Jacques

Par Pierre Schill

Né le 10 juillet 1933 à Le Thillot (Vosges), mort le 4 novembre 1994 à Freyming-Merlebach (Moselle) ; cuisinier, ébéniste, facteur aux PTT, ouvrier dans la sidérurgie et mineur aux Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ; militant du syndicat des ouvriers mineurs CFTC ; secrétaire du comité central d’entreprise des HBL ; président de la Société de secours minière de Sarre et Moselle ; président de l’Action sociale du bassin houiller lorrain ; conseiller municipal puis adjoint au maire de Hombourg-Haut (Moselle).

Jacques Thiebaugeorges était le dernier enfant de la famille nombreuse d’un restaurateur vosgien qui comptait dix garçons et une fille. Il commença sa carrière professionnelle en septembre 1947 en occupant un poste d’apprenti cuisinier dans le restaurant familial. En 1948, après le décès de son père, c’est l’un de ses frères qui assura la pérennité de l’affaire familiale, lui-même décidant alors d’entamer un apprentissage d’ébéniste. C’est à ce moment qu’il adhéra à la CFTC. Un accident survenu en février 1951 le contraint à abandonner ce métier et à retourner travailler pour un temps dans le restaurant tenu par son frère.
En mars 1953, il décida de rentrer aux PTT et occupa un emploi de facteur stagiaire à Epinal (Vosges). C’est là qu’il vécu ses premières grèves, avant d’être affecté au poste de facteur dans sa commune natale.
Après son service militaire et une courte période en tant que facteur à Docelles (Vosges), il décida de venir travailler en 1957 dans une scierie de Bitche (Moselle). Après la liquidation de l’entreprise, il fut embauché en février 1958 aux HBL et affecté au service Équipement du siège Simon du groupe de Petite-Rosselle. Il abandonna cet emploi trop éloigné de son domicile de Bitche pour trouver un poste d’ajusteur d’entretien à l’usine sidérurgique UCPMI d’Hagondange (Moselle) où il continua à militer à la CFTC et participa à plusieurs grèves.
Réembauché aux HBL comme mineur de fonds au puits Reumaux à Merlebach, il poursuivit son engagement à la CFTC en s’investissant notamment dans la grande grève corporative du printemps 1963. Le 16 mars 1970, alors qu’il occupait un emploi de boutefeu, il fut victime d’un grave accident au cours duquel il perdit son œil droit. Muté au jour comme ouvrier laborantin au siège de Faulquemont, il fut ensuite affecté au service de formation des HBL à L’Hôpital (Moselle).

Resté fidèle à CFTC au moment de la scission, il exerça d’importantes responsabilités dans les instances paritaires.
En 1969, il fut élu délégué au comité d’établissement et membre de la commission des œuvres sociales du comité d’entreprise des HBL. En avril 1972, il fut élu délégué CFTC au comité d’établissement de son nouveau secteur de travail et élu secrétaire du comité central d’entreprise des HBL. Il assuma pendant cette période le mandat de président de l’Action sociale du bassin houiller lorrain.

C’est au niveau des organismes de la sécurité sociale minière qu’il exerça les responsabilités les plus importantes. Une première fois candidat aux élections de novembre 1969 au conseil d’administration de la Société de secours minière (SSM) de Sarre et Moselle, il ne fut pas élu. Il figurait en sixième position sur la liste de la CFTC qui rassembla 33,1% des suffrages exprimés et obtint quatre élus.
C’est au renouvellement de mars 1975 qu’il fut élu administrateur de la SSM de Sarre et Moselle. Il figurait en troisième position sur la liste de la CFTC qui rassembla 28,2% des suffrages exprimés et obtint trois élus. Il fut élu à la présidence de cet organisme, le plus important de France, en avril 1975. Il fut réélu administrateur aux élections de mars 1982 puis réélu à la présidence de cet organisme, fonction qu’il occupa jusqu’en 1989 au moment de son départ en retraite. Il obtint en 1990 le titre de président honoraire de l’organisme qu’il anima durant ces nombreuses années. La société était alors présidé par son camarade Henri Zibelli*.

Entre 1971 et 1983, il fut conseiller municipal puis adjoint au maire de la commune de Hombourg-Haut (Moselle).

Jacques Thiebautgeorges présida le Syndicat des Retraités, veuves, invalides et accidentés du travail CFTC des HBL et s’engagea par ailleurs dans de nombreuses structures associatives à caractère social. Il fut notamment vice-président de l’Association des œuvres en faveur des personnes âgées ou handicapées du secteur de Freyming-Merlebach (Moselle).

Il s’était marié en 1959 avec Solange Schenk et était père de deux garçons. Il était chevalier dans l’ordre national du Mérite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181087, notice THIEBAUGEORGES Jacques par Pierre Schill, version mise en ligne le 1er juin 2016, dernière modification le 1er juin 2016.

Par Pierre Schill

SOURCES : Arch. des Houillères du Bassin de Lorraine : dossier personnel ; Vt53-B3 ; Vt1536-B12. – Archives familiales. - Renseignements fournis par Gilles Thiebautgeorges, son fils (questionnaire, 2001) et par Robert Mourer*. – État civil de Le Thillot (Vosges).

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