BRUNSTEIN Jacques, Pierre

Né le 19 août 1920, 56 rue Saint-Denis à Colombes (Seine), décédé le 6 février 1992 ; ajusteur, artisan mécanique générale ; militant trotskyste.

Fils de Félix Brunstein, électricien aux chemins de fer, sympathisant socialiste et de Marie, Clémentine Mathieu, brodeuse. Jacques Brunstein était le troisième d’une famille de sept enfants. À treize ans il entra en apprentissage aux chemins de fer et, trois ans plus tard, obtint son CAP d’ajusteur. Sensibilisé très jeune aux problèmes de l’injustice sociale, il donna son adhésion aux Jeunesses communistes en septembre 1935 mais rapidement se sentit en désaccord avec la politique de Front populaire et la répression contre les vieux bolcheviks en URSS. Il rejoignit les Jeunesses socialistes révolutionnaires (trotskistes) en février 1936, puis, en 1938, représenta la cellule de Colombes au congrès national. Il était également membre du Parti ouvrier internationaliste (POI). Le 15 janvier 1939, la minorité de cette organisation défendit au IIIe congrès l’adhésion au Parti socialiste ouvrier et paysan. Favorable à cette orientation, Jacques Brunstein adhéra le 20 janvier 1939 au PSOP et en mars aux JSOP. Il militait à la CGT et siégeait, en 1938, au conseil syndical des Ateliers de « La Folie-La-Garenne ». Parallèlement il organisa le premier groupe d’entreprise des Auberges de Jeunesse. Le congrès de Suresnes du CLAJ (Centre laïc des Auberges de Jeunesses) réuni en septembre 1940 l’élut à son équipe dirigeante mais, quelques mois plus tard le gouvernement de Vichy interdit cette organisation et les autorités d’occupation allemande arrêtèrent sa secrétaire Lucienne Abraham.
Le PSOP s’étant effondré au début de la guerre, Brunstein reprit contact avec le mouvement trotskiste et participa à la préparation des premiers numéros de la Vérité clandestine. La police l’arrêta le 16 décembre 1941 au métro République alors qu’il transportait une valise contenant sept livres (les quatre premiers congrès de l’Internationale communiste) et vingt-neuf revues de la Quatrième internationale. « Un alibi bien construit » lui permet d’être relaxé le 22 janvier 1942. Il quitta alors les chemins de fer, entra chez Gnôme et Rhône et fut, en octobre 1942, envoyé en Allemagne par cette entreprise pour travailler aux Établissements BMW de Munich. Profitant d’une permission il participa au congrès illégal du POI en juin 1943. Selon son témoignage, il pratiqua en Allemagne « la passivité et, à la faveur d’un léger accident survenu courant décembre 1944, arrêta de travailler jusqu’à l’arrivée des troupes américaines (mai 1945) ».
Rapatrié en juin 1945, il épousa une munichoise connue lors de son séjour en Allemagne, le couple eut trois filles.
Il retourna chez Gnôme et Rhône devenu SNECMA, et reprit contact avec le Parti communiste internationaliste (section française de la Quatrième internationale) qu’il quitta à la scission de 1952. Lors de la grève de la métallurgie de 1947, les ouvriers de l’usine SNECMA de Gennevilliers l’élurent au comité de grève. Après s’être préoccupé du problème du logement à Colombes, Jacques Brunstein adhéra à l’Union de la gauche socialiste (UGS) en 1959 et au Parti socialiste unifié en 1960. Il devint en 1965 conseiller municipal PSU sur une liste d’Union démocratique à direction communiste. En 1977, pour sa troisième mandature, l’assemblée municipale le désigna comme maire adjoint chargé des problèmes de santé.
Dans les années 1970, il travailla comme outilleur dans une petite entreprise spécialisée dans l’outillage de découpe sous presse tout en travaillant comme artisan en mécanique générale.
Il décéda le 6 février 1992.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18122, notice BRUNSTEIN Jacques, Pierre, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 26 septembre 2021.

SOURCES : Arch. PPo. cabinet du Préfet. — Témoignage de Jacques Brunstein recueilli par L. Bonnel.

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