WINOKOUR Madeleine [née DUPUIS Madeleine, Louise, Suzanne]

Par Jacques Girault

Né le 29 novembre 1907 à Dizy-Magenta (Marne), morte le 13 janvier 1989 à Reims (Marne) ; institutrice dans la Marne puis dans la Seine, directrice d’un centre d’apprentissage ; résistante ; militante syndicale.

Fille d’un employé à la compagnie de chemins de fer de l’Est, Madeleine Dupuis, élève de l’École normale d’institutrices de Châlons-sur-Marne (Marne) de 1923 à 1926, était titulaire du certificat d’aptitude d’éducation physique. Elle devint institutrice à Champaubert (1926-1928), à Pierry (1928-1930), à Epernay (1930-1938).

Elle se maria en octobre 1938 à Fontenay-sous-Bois (Seine/Val de Marne) avec Velvel Winokour né en Russie, tapissier devenu après la guerre directeur commercial en meubles. Au titre de la loi Roustan, elle obtint un poste d’institutrice dans une école du XIXe arrondissement de Paris à la rentrée d’octobre 1938. Elle enseigna par la suite à l’école de garçons de Villetaneuse (1939-1940) puis à l’école de filles de Saint-Denis (1940-1944) entrecoupée d’une année (1941-1942) à l’école de l’avenue Wilson en classe de perfectionnement. Son mari, prisonnier en Allemagne, fut rapatrié sanitaire. Ils avaient recueilli une fille.

Arrêtée le 31 mars 1941 à Boulogne, comme « responsable d’un comité féminin clandestin » à Boulogne, acquittée par le Tribunal d’Etat le 20 septembre 1941, elle fut « maintenue en détention à la disposition de l’autorité administrative » reconstitution de ligue dissoute, « comme résistante ». Deux jours plus tard, elle fut internée à la prison des Tourelles. Le 20 janvier 1942, elle fut transférée à la prison de la Petite Roquette et condamnée à trois mois de prison avec sursis, le 21 avril 1942. Internée au camp d’Aincourt (Seine-et-Oise) le 29 mai 1942, elle fut à nouveau condamnée à un an de prison et à 1 200 francs d’amende pour avoir chanté « L’Internationale ». Peu après une autre action provoqua une condamnation à trois ans de prison. Elle s’évada le 9 juillet 1944 du camp d’Ecrouves (Meurthe-et-Moselle). Affectée comme secrétaire du colonel Rochet (août 1944-octobre 1945), elle réintégra l’enseignement.

Nommée à l’école de garçons de la rue Carrel (XVIe arr.), elle fut détachée dans l’enseignement technique en octobre 1945 comme professeur d’enseignement général (Lettres) dans des centres d’apprentissage (avenue Jacquin à Boulogne, rue Turquetil dans la XXe arrondissement, rue Ganneron dans le XVIIIe arrondissement). Toutefois pendant ces années 1945-1948, elle n’enseignait pas à temps complet bénéficiant de décharges syndicales.

Militante syndicale, Madeleine Winokour fut élue en 1946 à la commission administrative nationale du Syndicat national de l’enseignement technique-CGT (branche apprentissage) , responsabilité qu’elle conserva pendant trois années. Elle fut désignée par son syndicat pour siéger dans les commissions ministérielles.

En décembre 1948, Madeleine Winokour devint directrice du centre d’apprentissage féminin de la place de la Source à Issy-les-Moulineaux. En dépit du manque de locaux de l’établissement considéré par l’administration comme « modèle », elle réussit à créer une section « broderie machine » en 1949 qui complétait la formation en couture. Elle créa aussi une amicale d’anciennes élèves, une coopérative, une bibliothèque. L’établissement devint collège d’enseignement technique en 1953.

Elle siégea de 1946 à 1951 au Conseil de l’enseignement technique du Conseil supérieur de l’Éducation nationale et prit sa retraite en 1966.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181438, notice WINOKOUR Madeleine [née DUPUIS Madeleine, Louise, Suzanne] par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 juin 2016, dernière modification le 13 mars 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. : AJ/16/9075, F17 17795, 28813. — APPO, rapport de quinzaine des Renseignements généraux, 22 septembre 1941, Section spéciale, Cours d’appel, 1er mars 1943. — Presse.

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