WLOS Roland [WLOSZCZOWSKI Roland]

Par Jacques Girault

Né le 27 janvier 1938 à Paris (Xeme arr.), mort le 9 novembre 2020 à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (XIIe arr.) ; moniteur dans l’enseignement technique ; militant communiste ; conseiller de Paris.

Son père, communiste en Pologne, après avoir été emprisonné pour ses engagements politiques et sociaux, émigra à Paris en 1931. Il travailla comme ouvrier métallurgiste puis comme maroquinier. Sa mère, qui l’avait rejoint, adhéra au Parti communiste en juin 1940 et participa à la collecte de fonds pour les enfants juifs. Lors de la rafle du Vel d’Hiver, le 16 juillet 1942, il fut hébergé à Nesle (Somme) avec ses trois frères par la famille Grain jusqu’à la fin de la guerre. Le plus jeune Roland, sous le nom de Roland Grain, fréquenta l’école maternelle de Nesle.

Titulaire d’un CAP d’électromécanique, Roland Wlos travailla de 1956 à 1964 comme agent technique, testeur en téléphonie au LMT. Il devint de 1964 à 1971 moniteur en appareillage électromécanique au Centre de la CGT, Suzanne Masson, établissement technique chargé de la réinsertion professionnelle.

En 1953, il adhéra à l’Union de la Jeunesse républicaine de France, qui devint en 1956 Jeunesses communistes. Dans le quartier de Ménilmontant, il fut le secrétaire des JC du XIe arrondissement de Paris à la suite de son frère aîné Charles. Il participa à l’action clandestine des soldats du contingent contre l’OAS lors de son service militaire (1961-1962) effectué dans les transmissions au Mont Valérien puis à l’état-major, avenue de la Tour Maubourg, service qu’il termina dans l’Algérois. Il poursuivra cette activité clandestine après son retour à la vie civile notamment en participant à la rédaction et à la diffusion du Journal Soldat de France en direction des militaires du contingent.

Roland Wlos adhéra au Parti communiste français en 1955. Il milita dans son entreprise LMT, puis à partir de 1964, dans le XIIème arrondissement de Paris où il habitait. Secrétaire de la section communiste du XIIème arrondissement de 1969 à 1974, secrétaire de celle du XIème de 1975 à 1979, permanent en 1970, il fut élu au comité de la fédération communiste de 1970 à 1994. Au tournant des années 1979-1980, il vécut difficilement la crise qui opposait la direction du parti à Henri Fizsbin et à ses proches du secrétariat fédéral. Selon lui, « cette crise s’inscrivait dans les prémices d’une crise du communisme qui entraînait un recul historique des partis communistes et leur élimination dans certains pays. » Il pensait que le débat entre H. Fiszbin et quelques dirigeants de la fédération de Paris avec la direction du parti « n’abordait pas les questions de fond liées à la stratégie du parti ». En 2015, il participa à un ouvrage avec certains dirigeants de la fédération de Paris de l’époque.

Roland Wlos devint membre du bureau de la fédération communiste de Paris de 1979 à 1994 puis du secrétariat fédéral de 1976 à 1991. Il assura, avec Francis Wurtz*, le secrétariat du Comité de défense des libertés et des droits de l’Homme en France et dans le monde, présidé par Georges Marchais. En 1992 il contribua, entre autres, à lancer la campagne contre l’exécution de Mumia Abu Jamal.

Roland Wlos fut élu en 1971 conseiller de Paris dans le XIeme arrondissement. Réélu en 1977, il siégea jusqu’à la fin du mandat en 1983. Puis, il fut élu jusqu’en 1989 conseiller du XIIéme arrondissement. Au conseil de Paris, il fit partie des commissions de la police, des sports, des travaux. Il fut candidat aux élections législatives dans la 11eme circonscription (XIIeme arrondissement, Bel-Air-Picpus) en 1973 (5 845 voix sur 46 406 inscrits et désistement pour le second tour), 1981, 1986, 1988 et 1993.

Roland Wlos se maria en décembre 1960 à Boulogne-Billancourt (Seine/Hauts-de-Seine) avec une soudeuse travaillant au LMT avec lui, qui devint par la suite comptable. Ils eurent trois enfants (un garçon et des jumelles).

A partir de 1992, il fut rédacteur puis rédacteur en chef de la publication Presse nouvelle Magazine, journal de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide. Dans les années 2000, il devint membre du bureau de l’Association pour la Mémoire de la Résistance juive de la MOI. Il s’investissait dans les associations juives progressistes et intervenait souvent dans la presse pour la défense des droits de l’homme, contre le racisme et l’antisémitisme ainsi que sur les questions d’histoire de la Résistance dans la Seconde Guerre mondiale. Il signait des articles dans l’Humanité, dans Révolution et dans les Cahiers du Communisme, toujours soucieux de ne pas oublier le rôle des étrangers dans la Résistance ou celui de l’URSS pendant cette période.

Roland Wlos notait en 1998, dans une intervention, « l’examen critique que l’on peut porter, à juste titre sur notre passé, ne me conduit pas à le traîner comme un boulet. Je crois en effet qu’assumer le passé ce n’est pas seulement analyser ce qui l’entache, c’est aussi revendiquer ce qui est à son honneur, qu’il s’agisse de sa participation aux avancées sociales, aux combats pour défendre les libertés, pour combattre le racisme, la guerre, le colonialisme ». En 2016, il estimait dans une intervention en tant que membre du PCF, « que plus que jamais il y a besoin d’un parti communiste qui ne s’en laisse pas compter par les sirènes du capital ». Aussi s’efforçait-il « dans la limite de mes moyens de faire progresser la cause de la libération humaine » qu’ « il avait toujours animée ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181439, notice WLOS Roland [WLOSZCZOWSKI Roland] par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 juin 2016, dernière modification le 6 janvier 2021.

Par Jacques Girault

Roland Wlos dans les années 1980

ŒUVRE : Collaboration à 1978-1980. Crise de la fédération de Paris du PCF. Témoignages, Paris, Editions Helvetius, 2015.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Divers sites Internet. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de son gendre Éric Mesemer et de sa fille Nathalie Wloszczowski-Messemer..

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