BLONDEEL André [écrit parfois BLONDEL André]

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 6 janvier 1922 à Roubaix (Nord), exécuté sommairement le 12 juillet 1944 à Toussieu (Rhône), ancienne commune de l’Isère ; boucher-charcutier ; maquisard et membre du groupe La Fayette en Haute-Loire.

André Blondeel était le fils d’Alphonse et de Valentine Cartier. Il était boucher-charcutier. Ses parents demeuraient 1 rue des Halles à Roubaix (Nord).
Pendant la guerre, André Blondeel se réfugia dans la Haute-Loire vraisemblablement parce qu’il était réfractaire au Service du travail obligatoire (STO). Il demeura à Brives-Charensac, à l’Hôtel Terminus et exerça la profession d’emballeur. Il se fiança avec Marinette Jean, dévideuse à Brives-Charensac.
André Blondeel devint maquisard dans le secteur « Zinnia » (Yssingelais, Haute-Loire) commandé par Jean Bonnissol, responsable de l’Armée secrète (AS). On trouve dans une liste, datée de l’automne 1943, le nom d’André Blondeel parmi les seize hommes du maquis MZ4 de l’AS. Ce maquis, situé au lieu-dit Faurie (Mazet-Saint-Voy), au pied du pic de Lisieux, fut créé par Lucien Volle en août 1943. Après l’annonce par les autorités de Vichy de l’amnistie des réfractaires STO, le maquis de Faurie fut dissout le 16 novembre 1943. André Blondeel et ses compagnons maquisards regagnèrent leurs foyers de Haute-Loire. Ils devinrent « résistants sédentaires ».
En novembre 1943, Lucien Volle constitua le groupe franc des Mouvements unis de Résistance (MUR) de Haute-Loire. En décembre 1943, au Puy-en-Velay (Haute-Loire), les autorités allemandes et vichystes firent déboulonner la statue du général La Fayette afin de supprimer le symbole qu’il représentait et récupérer le métal à des fins militaires. Lucien Volle constitua une équipe de soixante-quatorze résistants, dont la moitié était formée des membres de son groupe franc. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 1943, ces hommes sortirent secrètement la statue de son lieu de stockage et la cachèrent en lieu sûr. André Blondeel participa à cette action d’éclat, vraisemblablement en tant que membre du groupe franc. Par la suite, André Blondeel fit partie du groupe, nommé désormais « La Fayette », que commandait Lucien Volle. Étant donné le caractère très évolutif de ce groupe (groupe franc, groupe de maquisards et de « sédentaires »), il est difficile de savoir quelles furent ses fonctions et d’en déduire les actions auxquelles il participa.
Le 1er juillet 1944, Lucien Volle et ses maquisards arrêtèrent le milicien Ferdinand Barrat aux environs de Lantriac (Haute-Loire). Ferdinand Barrat réussit à s’évader au cours de la nuit. Le 2 juillet, dans l’après-midi, la Milice et les Allemands, guidés par le milicien Barrat, organisèrent une vaste rafle à Blavozy (Haute-Loire), au lieu-dit Pont de Sumène, afin d’arrêter des résistants. Ils appréhendèrent soixante-et-onze jeunes gens et les conduisirent à la prison départementale au Puy-en-Velay. Parmi les personnes raflées, Barrat reconnut et désigna comme résistants André Blondeel, Auguste Marcon, Félix Mouleyre et Paul Pugnière qui furent incarcérés. Le 3 juillet 1944, la tentative d’exécution de Marcel Bernard, le procureur « qui voulait l’anéantissement de la Résistance », par l’un des hommes de Lucien Volle, accrut probablement la volonté de répression des miliciens. Le lundi 3 juillet, eut lieu une nouvelle traque aux Pandraux (Haute-Loire) puis à Brives-Charensac où Paul Pradier* fut arrêté à l’hôtel Terminus, alors qu’il cherchait à revoir son jeune frère pris la veille et relâché en début d’après-midi. Les cinq résistants furent conduits à Lyon (Rhône) et internés à la prison de Montluc.
Le 12 juillet 1944, André Blondeel, ses quatre camarades et vingt-trois autres détenus furent extraits de Montluc. Ils furent conduits à Toussieu (Isère, Rhône), au lieu-dit la Perrière, dans un chemin reliant la route départementale 318 au Bourg de Toussieu, puis ils furent exécutés. Une femme fut témoin du massacre : « vers 18h20, je me trouvais dans un champ lorsque je vis arriver un convoi composé de trois voitures dont deux tractions avant et une camionnette. Quelques temps après je vis descendre des Allemands en uniforme, armés de mitraillettes. Aussitôt suivirent des hommes en civil, enchaînés deux par deux. Les Allemands les firent agenouiller dans le pré, la face tournée du côté opposé à eux. Trois Allemands se placèrent à quelques mètres derrière le groupe et tirèrent des rafales de mitraillettes. Ensuite ils les achevèrent individuellement d’un coup de revolver. […] La fusillade terminée les Allemands montèrent dans les voitures et s’en allèrent. »
Le 14 juillet 1944, les vingt-huit corps furent inhumés au cimetière de Toussieu « en présence d’une foule considérable ».
La description du corps d’André Blondeel nous apprend qu’il avait les cheveux blonds et les yeux bleus, qu’il était vêtu d’une veste grise fabriquée à Roubaix, d’une chemise, d’un pantalon de golf ou de ski, de chaussettes en laine grise, de chaussures basses rouges et qu’il portait un mouchoir avec les initiales R.J. Il fut identifié avant le 2 août 1944 par sa fiancée Marinette Jean, puis le 19 octobre, par son père. Les corps d’André Blondeel et de ses quatre compagnons brivois furent exhumés du cimetière de Toussieu et inhumés le 30 octobre 1945 lors de « grandioses obsèques » à Brives-Charensac.
André Blondeel fut homologué FFI. Il obtint le titre d’interné résistant et la mention Mort pour la France. Son nom apparaît sur le monument commémoratif de Toussieu rendant hommage aux vingt-huit fusillés du 12 juillet 1944 et à Brives-Charensac, sur le monument aux morts et la plaque commémorative située à l’entrée de l’église.

Voir la monographie du lieu d’exécution

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181603, notice BLONDEEL André [écrit parfois BLONDEL André] par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 10 juin 2016, dernière modification le 5 mai 2021.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W642, 3460W2, 3335W22, 3335W13, 3460W4.— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série 16P.— SHD Vincennes : GR 16 P 65231. Dossier de résistant d’André Blondeel (non consulté) .— SHD Vincennes : 13 P 64 1 : état des morts, disparus, fusillés, internés et déportés. Groupe Lafayette .— AVCC : AC 21 P 24836 et AC 21 P 711315. Dossiers d’André Blondel (non consultés) .— Gérard Bollon, Aperçus sur la Résistance armée en Yssingelais (1940-1945) in Cahiers de la Haute-Loire, 1997.— Lucien Volle, La singulière épopée du Groupe Lafayette, Des maquis de la Haute-Loire jusqu’au bord du Rhin, 1988.— Union des Combattants volontaires de la Résistance et des Cadets de la Résistance de la Haute-Loire, Témoignages de résistants, 1940-1945, 2003.— Mémorial Genweb.— Mémoire des Hommes.

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